‹ Théorie mécanique de la chaleur ... [3 vol.] (volume 3)Chapitre 39 sur 136 · LIVRE II, CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE I

tancBy du calorique; 2o et réfute jusqu'à révidenceThypothèse qui fait de la chaleur un mouvement des atomes matériels, et qui prétend expliquer ainsi la puissance répulsive du calorique.

Conséquences du paragraphe précédent.

Nous arrivons ainsi à une conclusion tout aussi forcée , tout aussi radicale que celle que nous avait déjà fournie le paragraphe troisième.

Pas plus que le phénomène de l'attraction universelle , les phénomènes dits des impondérables ne peuvent à aucun titre être attribués soit à des mouvements de la matière , soit bien moins encore à de la matière en repos, soit à n'importe quoi qui ressemble même de très loin à de la matière.

La matière, en un mot, ne suffit pas plus à rendre compte de l'ensemble de ces phénomènes que Téther de l'ancienne pbysique.

La doctrine moderne qui s'est conquis tant d'adeptes , la doctrine qui rie voit partout qu'échanges de mouvements , que transformations d'une espèce de vibration en une autre, cette doctrine est une grande erreur qui ne peut se soutenir un seul instant devant l'examen sévère d'un seul phénomène d'attraction ou de répulsion. Dans son application mathématique, cette doctrine conduit à des équations correctes, par cette raison très simple qu'elle part d'un principe éternellement vrai et antérieur aux faits d'expérience : c'est que le travail ne peut se perdre dans l'univers. Mais les mouvements matériels par lesquels cette doctrine représente les phénomènes àe force ne répondent pas plus à la réalité des choses que les actes d'un automate ne répondent à ceux d'un être vivant.

278 l'SIVEBS JNANIMÊ.

Une conséquence capitale découle immèdialenient de la réfutation de cette doctrine.

«Le mouvement de la matière, nous dit toute une école, < De peut naître que du mouvement antérieur d'autres parties «matérielles, visibles ou invisibles. Tous les phénomènes de « l'univers ne sont qu'un échange perpétuel de raouveraents de B diverses espèces, »

A celte ailirmalion radicale nous pouvons et nous devons répondre maintenant par une négation tout aussi radicale.

Déjà à la fin du troisième paragraphe, nous avons établi que, dans un très grand nombre de cas, le mouvement ne nait pas du tout du mouvement ; que la chute des corps les uns vers les autres et que, par conséquent, les mouvements de tous les coi'ps célestes ne sont aucunement la conséquence d'autres mouvements qui existeraient à notre insu. Maintenant nous venons de reconnailre que le calorique, l'électricité, la lumière etc. ne sont à aucun litre un simple mouvement oscillatoire de la matière ; que par conséquent l'élasticité que les gaz et tous les corps sans exception doivent à leur température ne relève à aucun litre non plus d'oscillations de leurs atomes. Lorsque la poudre enflammée dans une arme à feu lire du repos le boulet et lui donne une impulsion colossale, lorsque la vapeur de nos chaudières pousse en avant el en arrière le piston du cylindi'e moteur, le mouvement du boulet ou du piston ne naît donc pas du tout du mouvement antérieur des particules du gaz enflammé ou de la vapeur. Lorsque le ressort d'uwe arbalète lance le projectile d'abord en repos, le mouvement de celui-ci ne naît point d'un mouvement existant à notre insu dans les particules du ressort. Lorsqu'une bille élastique tombe sur un plan résistant, elle rebondit, et noua sommes maintenant obligés de dire de toute la bille ce que nous avons dit d'un atome isolé : il y a un instant infiniment petit où tout son mouvement cesse. Au moment même du choc , la bille commence à se déformer coir

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