‹ Théorie mécanique de la chaleur ... [3 vol.] (volume 3)Chapitre 40 sur 136 · LIVRE II, CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE I

un i-essorL t|u'ijii leiul ; c'est l'efFort nécessaire pour dùlerminer cette déformation qui arrête rapidement le raouvcmenl. Si le corps est élastique, cet effori continue et rélablît, mais en sens inverse, le mouvement qu'il avait détruit : le mouvement ici ne naît donc pas immédiatement du mouvement antérieur, puisqu'il en est séparé par une période infinimenl courte de repos absolu. Si le corps est mou , il reste déformé; l'effort cesse et le repos dure après le choc.

Lorsqu'une bille en mouvement en frappe normalement une autre égale ci en refios, deux phénomènes différents peuvent se présenter : 1° si les billes sont élastiques, la première perd tout son mouvement , et la seconde prend un mouvement égal ; 2" si les billes sont molles , elles gardent après le choc une vitesse commune de moitié moindre. Il semble qu'ici il y ait soit échange, soit partage immédiats de mouvemeni ; c'est cependant là la plus étrange des erreurs. Au moment où la bille, élastique ou non, louche l'autre , toutes deux commencent à se déformer, comme deux ressorts qu'on appuierait l'un contre l'autre; l'effort nécessaire pour cette déformation diminue d'abord de moitié le niouvemeul de la première hille et produit cette même moitié de mouvement dans l'auti'e ; à cet instant il y a égalité de vitesse, de même qu'il y avait repos à cet instant du choc sur le plan immobile. Si les billes sont élastiques , l'effort continue ; les deux sphères reprennent rapidement, mais^non instantamimmt , leur forme, en s'appuyanl l'une sur l'autre ; et en revenant à zéro, l'effort produit dans cette seconde période le même effet que dans la première ; il diminue et réduit à zéro la vitesse de la première bille ; il augmente d'une autre moitié la vilesse de la seconde bille , qui a acquis alors le mouvement initial entier. [I n'y a , comme on voit, aucun échange immédiat de mouvement. Si les billes sont molles, leur déformation reste permanente, l'effort qui l'avait occasionnée cesse , et les billes gardent une nième vitesse , de moitié moindre ; mais ici encore, il n'y a

UNIVERS MANIMÉ.

])Oinl (lu toul passage immédiat du mouvement de l'une dans l'autre.

De toutes ces négalioiis , dont la rigueur est évidente, il en résulte une unique et radicale :

Jamais le mouvement de la matière ne se cotntmmiqHemfnédiatement à d'autre matière.

Ici s'arrête notre travail d'élimination et de réfutation; ici nous sommes amenés, bon gré malgré, à une afSrmatîoii synthétique ; car nous avons à chercher ce qui remplace le mouvement en partie ou en lolalité détruit par le choc, « qui manque dans un corps lorsque , par son rapport avec un autre corps , il le lire du repos ; ce qui manque , par exemple, dans le ressort de l'arbalète, dans les gaz de la poudre, lorsque ces corps ont mis en mouvement le projectile etc.

Nous venons d'examiner allenlivement quatre hypolhésesi qui se sont posées dans les sciences physiques comme inlerprélalions des phénomènes dynamiques. Ce ne sont certainement pas les seules qui aient été imaginées ; mais ce sont les principales ou, pour mieux dii'e, ce sont les hypothèsesmères dont dérivent toutes celles qu'il a plu à l'imagination plus ou moins inventive de tel philosophe de créer. Ces quatre hypothèses et toutes leurs congénères sont insuffisantes el incomplètes ; elles ont ce caractère de conjectures que récemment M. Faye a si bien déiînî en parlant de diverses théories proposées pour interpréter la constiluLion de notre sc^

Page 1