LIVRE II, CHAPITRE II
Nous disons qu'un corps quelconque est une réunion d'atomes matériels groupés de diverses manières (en molécules) et tenus à des dislances réciproques variables par des Ibrces internes ou externes.
I. Il est donc impossible çue les atomes ou les molécules d'itn corps éprouvent un changement de position quelconque sans qu'il se produise un travail mécanique, positif ou négatif, interne ou externe.
Mais parmi les forces constituantes des corps, il en est dont l'intensité (à l'unité de dislance) est une conslanle immuable (force gravifique) ; il en est d'autres dont l'intensité est une variable, et tend à s'équilibrer partout. Le travail élémenlaire, positif ou négatif, exécuté par un atome ou une molécule , ou par une réunion de molécules (corps), n'élanl aulre chose que le produit de l'intensilé des forces par l'élémeiU de l'espace parcouru, il s'ensuit :
II. Qur la variation de l'intensité de ces forces est nécessairement une fonction immédiate du travail mécanique, positif ou négatif, produit sous l'empire de toutes les forces actuellement en activité dans un corps ou sur un corps. Et comme à toute variation d'intensité de ce genre de force correspond un mouvement proportionnel dans l'élément intermédiaire qui le constitue, il s'ensuit: qtie ce mouvement est lui-même une fonction immédiate de ce travail positif ou négatif.
Cette proposition renferme le principe fondamental de tous nos moteurs thermiques , par exemple; el réciproquement, elle renferme le principe fondamental de la théorie du choc des corps mous ou élastiques , du frollemenl etc. 11 va m'êlre facile, à l'aide de quelques exemples, de la dégager de son caractère abstrait.
29e tlNIVERb tKA»tU£.
Le travail d'un inoteui- Ihermique quelconque, placé dam les conditions du maximum de rendement, est, on le sait, toujours formé de quatre périodes, symétriques deux àdeui.
Dans la première période, le corps quelconque employé i donner du travail, l'eau par exemple, est mis en rapporl avec une source de chaleur. 11 s'opère, du dehors au dedanii, ce que nous avons appelé un mouvement dynamique qui tend à élever la température, c'est-à-dire l'énergie répulsive du calorique. Mais en même temps on permet au corps de se dilater, on permet à l'eau de se vaporiser, de prendre un volume relatif énorme. La force calorique produit donc un travail à la Ibis externe et interne, et son énergie, au lieu de croilre, reste constante.
On 3 coutume de dire qu'il disparaît ici de la chaleur os que la chaleur est convo-lie en mouvemenl. Il ne disparaîtrien du tout: le flux dynamique venu du dehors, au lieu de produire un travail virtuel {élévation de tempéraluie), produit un travail effectif.
Dans la seconde période, on liépare le corps ùe la soui'ce de chaleur et on le laisse se détendre, c'est-à-dire qu'on laisse la force calorique surmonter la résistance externe et la leo' dance des alomes à se rapprocher; on la laisse, en un mot, produire un travail externe et interne. 11 est hien évident qoe l'énergie de celte force (la température, la grandeur de la puissance répulsive) doit s'abaisser proporlionnellement à ce travail total.
Dans la troisième période, ou met le corps (la vapeur) en rapport avec une source de froid. U s'opère un mouvemenl dynamique du dedans au dehors, cl l'énergie de la force calorique tend à baisser; mais en même temps, par une dépense de travail externe, on rapproche les atomes du corps en en réduisant le volume. La température, au lieu de baisser, reste constante.
Dans la quatrième période enûn, on sépare le corps delà