‹ Théorie mécanique de la chaleur ... [3 vol.] (volume 3)Chapitre 93 sur 136 · LIVRE V, CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE V, CHAPITRE II

savons tous à quel degré In couleur de nos iJées , à chaque moment, reflète celle des circonstances externes les phis étrangères en apparence à ce qui nous occupe; nous savons à quel degré presque désespérahl l'état de notre santé intervient, de manière à faciliter on à rendre impossibles les opérations de l'esprit. Une hygiène des plus sévèr'es est nécesï au penseur qui veut produire une œuvre durable; l'artiste sensé sait qu'il lui faut attendre l'inspiration ; il se g^arde de la forcer par des moyens arlificiels. Toul excès physique ou intellectuel, en plus ou en moins, se paie temporairement ou délinitivemenl, dans notre aptitude à produire des idées : car tout excès produit une lésion, une rupture de l'équilibre dans les fonctions de l'organisme, et celles-ci, Boit directement, soit par un efTel réflexe, atteignent telle ou telle partie de l'instrument à l'aide duquel nons pensons. Nous disons telle ou telle partie. L'organe cérébral, en effet, est bien loin d'être une masse partout identique à ellemême en fonctions; et d'après les données de la physiologie, convenablement inlerprélécs, il parait certain que chaque facujté intellectuelle a son clavier spécial, sans lequel il lui est impossible de se roanifesler. Ainsi, par exera[]le, un organe spécial dans le cerveau nous est tout aussi indispensable pour nons souvenir, que l'œil nous est indispensable pour voir.

Je dis : c'est presque à l'aide de l'organisme que l'élément animique vit! Ici-bas, bien entendu. C'est, en tous cas, à l'aide de cet organisme que se manifeste toul l'ensemble des phénomènes de la vie de relation. Il arrive, en effet, une période dans la journée où les rouages de l'orgauisme , fatigués par le travail, réclament le repos : I'élément ammique semble perdre alors sa spontanéité d'action ; il passe en quelque sorte à un éîat passif, el ne se manifeste plus que par sa puissance plastique : les phénomènes de la vie de nutrition seuls conliniient sous son influence. Un sommeil bienfaisant vient.

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comme l'eau du Lélhé, éteindi'e temporaire ment jusqu'au souvenir de la peine , de la joie , des durs labeurs du jour, et ce sommeil, ou repos de l'oi^ane cérébral, est aussi nécessaire au mainlien de l'intégrité de l'organisme entier, que la nourriture, solide, liquide ou aérienne elle-même.

En un mot , il n'est pas une seule des fonctions de I'élé- MENT AHiMiQUE qui poisse, en ce monde, s'accomplir sans l'Ride des éléments de I'unevers inammé, groupés d'une certaine façon tout à fait spécilîque, de manière à constituer un appareiUut gmeris.

Si, des données élémenlaîres de la science, nous passons aux idées que les hommes en général se font sur la nature de l'être animique, aux opinions qui ont été posées presque comme dogmes par toute une école, nous irons beaucoup plus loin encore; et, je le dis dès à présent, nous irons beaucoup trop loin, dans la direction que je viens de faire ressortir. Non seulement l'homme simple et naïf, mais même l'homme dont l'intelligence a élé cultivée, ne peuvent pas concevoii' leur être pensant sans lui adjuger un corps; mais ils arrivent presque toujours à douter de l'existence même de cet èti'e , lorsque l'expérience directe, l'observalion leur montre que rien de visible, rien de palpable ne s'échappe de l'organisme que la mort vient d'atteindre! EL de ce côté, lespirilualisme mystique n'a-t-il pas renchéri sur le matérialisme le plus radical? Non seulement il s'est plu à nous doter, dans une autre vie , d'un corps, glorieux il est vrai , ce que la raison peut très bien admettre, mais il a été jusqu'à remettre chacun de nous en possession de son propre corps d'ici-bas! On a oublié, ou plutôt on ne savait pas, que le corps du même homme se renouvelle plus d'une fois en totalité pendant son existence organique; que les molécules qui forment actuellement noire corps ont fait du feront bientôt partie de tel'autre corps, vivant ou non, de la surface de cette terre! Notre âme, en vérité , sérail bien embarrassée sur le choix de ses i

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