‹ Théorie mécanique de la chaleur... [3 vol.]Chapitre 19 sur 59 · V:, = o,i86i5.33,m6 = ô^'Siga · texte numérisé non relu

V:, = o,i86i5.33,m6 = ô^'Siga

Tel serait le volume de notre pompe alimentaire ou négative. Ici encore toute réflexion critique est inutile.

Il esf bien clair que, dans le cas que nous venons d'examiner, le cylindre moteur et la pompe foulante sont tellement volumineux que nous perdrions d'un côté en frottements beaucoup plus que nous ne gagnerions de Vautre en travail. En un mot, par des raisons tout à fait pratiques, la machine à vapeur avec cycle rompu et détente modérée rend mieux, malgré ses défauts , que ne pourrait le faire la machine exécutant le cycle parfait.

L'une des raisons du mauvais rendement des machines à gaz essayées sur une grande échelle repose, avons-nous vu, sur les dimensions colossales qu'on a dû donner aux pompes positive et négative, par suite des très-faibles différences de pression dont on disposait. L'air à i atmosphère qu'on porte, par exemple, de zéro à 200 degrés ne prend que 0*^,73 en sus ; et encore cette pression est-elle produite par le travail négatif de la pompe alimentaire, réchauffement de

ne faisant ensuite qu'accroître le volume de V2D à V3D —•

Cette défectuosité, qui en implique bien d'autres qu'on aperçoit à première vue, a mis jusqu'ici, quoi que la réclame en ait pu dire, la machine à gaz bien au-dessous de la machine à vapeur. Les différences de pression considérables que nous obtenons ici avec de faibles accroissements de température ont de graves inconvénients aussi; mais elles ont du moins cet avantage sans égal de nous permettre de réduire

le volume du cylindre moteur à des dimensions telles^ que les finottements du piston deviennent réellement de petites fractions du travail total.

On dispose cependant d'un moyen bien simple pour obvier en grande partie à l'inconvénient des petites différences de pression que nous signalons : il suffit, pour s'en convaincre, de considérer l'équation du travail ou

dans laquelle Y, désigne le volume de la pompe alimentaire et Pf la pression au rafraichissem*. Il est clair que, si nous accroissons P« de i à lo atmosphères, nous pourrons réduire Vj et aussi V| (volume du grand cylindre) de lo à i, sans que la force F« varie théoriquement ; et il est tout aussi clair que, expérimentalement, la valeur réelle du travail externe recueilli s'accroîtra par la diminution des frottements, etc. Les 48 chevaux, par exemple, qu'avec P, = 10333"* nous n obtenons qu'à l'aide d'une pompe de i mètre cube, seront ga^és maintenant à l'aide d'une pompe négative de o*^^, i , ou 100 litres, et d'une pompe positive de i3i litres, dimensions qui n'ont plus rien que de très-abordable.

C'est sous ces conditions que la machine à gaz pourra prendre un caractère usuel et utile, surtout si, au lieu de vouloir l'employer comme moteur unique, on la combine au contraire avec la machine à vapeur ordinaire, de manière à utiliser sous forme dynamique la chaletu* perdue de la fumée, «u lieu d'employer cette chaleur à chauffer l'eau d'alimentation, comme on le fait d'habitude (et avec raison jusqu'ici).

Toutefois une nouvelle difficulté pratique se présente ici. I^s condenseurs à grande surface n'ont jusqu'ici rendu que ^ès-temporair«ment ce qu'on en attendait, par cette raison

très-simple que les surfaces métalliques qui les forment se couvrent rapidement d'une couche isolante de graisse qui y arrive avec la vapeur.

Mais notre rafraîchi sseur, malheureusement, se trouvera exactement dans les mêmes conditions que les condenseurs à surface ; il se couvrira intérieurement de la graisse plus ou moins brûlée qu'apportera le gaz (quel qu'il soit), et le refroidissement n'y aura plus lieu avec une rapidité suffisante. S'il m'est permis de descendre dans le domaine de la personnalité, je dirai que c'est ce dernier motif qui m'a empêché depuis longtemps déjà d'exécuter une machine à gaz dans les conditions que je viens d'indiquer. Tant qu'on n'aura pas trouvé un moyen certain de prévenir le dépôt des matières grasses ou charbonneuses, ou un moyen rapide et peu dispendieux d'enlever ce dépôt une fois formé, on arrivera nécessairement à des insuccès dans l'emploi du condenseur a surface ou du rafraichisseur*

Je termine ici ce Chapitre, non parce que je pense avoir dit tout ce qui est à dire, bien loin de là, mais parce que je crains de lui donner une étendue trop grande relativement à la nature et au sujet général de cet Ouvrage. J'espère cependant qu'aucun de mes lecteurs ne m'en voudra d'être entré dans certains détails minutieux et presque techniques. J'ai dû faire une large part à la critique ; j'ai fait tomber peutêtre plus d'une illusion : on n'en fera assurément point de reproches soit à J 'analyste, soit au physicien expérimentateur. Mon désir légitime était de rectifier une foule d'idées incorrectes qu'on s'est faites, soit sur les fonctions intimes de la machine à vapeur, soit sur le rendement possible des moteurs à gaz. Mon désir aussi était de tracer une voie plus sûre et moins hérissée d'écueils à ceux qui voudront chercher et appliquer des perfectionnements réels aux moteurs actuels.

Je me suis à dessein tenu en ce sens dans le domaine exclusif des faits connus et bien étudiés. Une découverte imprévue pourra un jour ou l'autre étendre ce domaine d une façon inespérée. Il serait insensé de douter que l'avenir ne réserve aux sciences physiques et mécaniques des progrès tout aussi considérables que ceux que nous avons vus s'accomplir jusqu'à nos jours ; mais il serait tout aussi insensé de spéculer sur ce qui est encore absolument caché dans la brume de Thorizon. On découvrira sans doute, sinon des forces nouvellesy du moins des moyens nouveaux de mieux utiliser les forces connues ; mais, tant que cette découverte n'aura pas pris le jour, il sera puéril d'y faire même allusion.

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