EN MILLIMÈTRES
On peut se rendre compte à l'inspection de ce tableau de ce principe expérimental : l'eau peut bouillir à toute température. En effet, supposons que l'eau soit portée à 70** et que la pression de l'atmosphère qui pèse dessus soit moindre que 233 millimètres de mercure ; si cette atmosphère est d'une étendue indéfinie, il y aura la production continue et active de vapeur qui constitue l'ébuUition.
Etat d*un corps
19. — Les connaissances relatives à l'état des corps sont bien limitées; nous venons de donner le résume des principaux résultats acquis par l'expérimentation. On peut remarquer que la physique ne considère que des températures uniformes dans toute l'étendue d'un corps et que des pressions uniformes et normales à la surface du corps considéré. Nous disons pression et température uniformes, et non pas pression et température constantes, pour exprimer qu'elles ne varient pas d'un point à un autre du corps à une époque donnée ; mais elles peuvent varier avec le temps dans toute l'étendue du corps. Les études, même dans ce cas particulier, sont loin d'être complètes. Cependant, on peut en conclure que jjour chaque corps il y a une fonction qui lie la température t et la pression p par unité de surface, définies comme nous venons de le faire, au volume v de l'unité de poids d'un corps (ce qu'on peut appeler le volume spécifique). Soit
cette fonction. Si l'on se reporte à ce qui précède, on voit que ce n'est guère que pour les gaz que cette fonction est connue. Soit r© le volume de l'unité de poids d'un gaz à degré et à la pression p^] soit» le volume de l'unité de poids de ce gaz à la pression p et à la température t. Si l'on fait varier seulement la température, Vo{i+^t) est le volume de l'unité de poids du gaz à la pression p^ et à la tempérs^ture t] on a donc, d'après la loi de Mariette,
pv=:poVo{i+(^t).
Cette équation ne convient rigoureusement qu'aux gaz parfaits.
20. — La fonction F {t^p^ v)=0 n'est pas connue, même d'une manière empirique, pour les autres corps. Elle devrait résumer les lois dont nous avons parlé dans ce chapitre et d'autres dont nous n'avons rien dit. Par exemple, pour les solides, elle devrait donner le ramollissement qui précède la fusion; nous avons admis, en quelque sorte, que ce phénomène s'opère brusquement à une température constante, ou du moins, c'est ce que l'on doit croire en lisant les lois de la fusion; mais on a constaté que le passage de l'état solide à l'état liquide s'effectue d'une manière continue. Pour les liquides, autre exemple, elle devrait donner le maximum de densité et les variations du coefficient de dilatation aux environs de la température d'ébullition.