VI PRÉFACE
parce que^ les données suffisamment précises manquant, il n'est pas toujours possible de calculer avec assez d'approximation Teffet de chaque cause.
On a objecté contre mes travaux qu'ils ne rentrent pas tous dans la Théorie mécanique de laChaleur ; il est souvent difficile et toujours peu important, pourvu qu'on réalise des progrès, de décider s'ils appartiennent à la Thermodynamique, à la Mécanique ou à la Physique ; d'ailleurs, certaines vérités s'enchaînent et ne doivent pas être séparées. On verra sans peine que je n*ai point eu l^intention d'écrire un Traité de Mécanique: les notions préliminaires par lesquelles je commence, ont pour but exclusif de faciliter à certains lecteurs l'accès des Chapitres suivants. Je ne ferai point ici l'énumération des perfectionnements que j'ai apportés à la Théorie mécanique de la Chaleur et des découvertes dont j'ai enrichi cette science dans Fétude de laquelle j'ai eu des devanciers illustres ; mon travail actuel est destiné à en rendre l'enseignement plus aisé et plus fructueux. Les personnes qui tiendraient à prendre connaissance de mes droits peuvent le faire dans le Rapport de M.Bertin sur la Thermodynamique; j*y renvoie comme à un renseignement utile dans lequel toutefois certaines corrections sont rendues nécessaires par mes travaux récents et sans prétendre aucunement me soustraire, par l'autorité d'un nom, au jugement que les savants porteront sur mes travaux, devenus beaucoup plus faciles à apprécier dans ce Traité qu'ils ne l'étaient dans mes Mémoires. Pour éclaircir les questions de dates, je donne ci-après la liste des articles divers insérés successivement en mon nom dans les Comptes rendus des séances de V Académie des sciences^ et dans les Annales de Chimie et de Physique.
J'ai toujours considéré les attractions astronomiques et les actions moléculaires comme les effets de forces véritables données à la matière par la volonté du Créateur, qui en a fixé les lois en vue des harmonies à produire. Cette opinion n'est
PHÉFACE. VU
pas générale ; je Tai adoptée parce qu'un examen attentif m'a , montré, dans les autres opinions, des difficultés qui me semblent inextricables ; mais je tiens à faire remarquer que Texactilude des résultats auxquels je parviens dans les Chapitres YIII et IX est indépendante de l'explication qu'on en donne* Les lois déduites logiquement des faits peuvent être prises pour point de départ en Mécanique moléculaire comme en Astrono^ miO) sans qu'on soit d'accord sur leur origine, et conduire à de oouYeaux progrès dont il est impossible de marquer la limite. Les mouvements des planètes sont les conséquences des attractions qu*elles éprouvent ; le calcul qu'on en fait demeure le même pour les savants dont je partage Topinion et pour ceux qui considèrent les attractions comme des forces apparentes dues en réalité à des chocs ; il en est ainsi des calculs de Mécanique moléculaire. Quelques écrivains ont déclaré impos« sibles les attractions réelles; mais, d'une part, les difficultés présentées contre l'existence de ces forces me semblent beaucoup moindres que celles qui ont été mises en avant contre l'admission du choc et de l'élasticité sans forces moléculaires, et, d'autre part, je ne vois aucune objection sérieuse à opposer à ceux qui considèrent les actions à distance comme produites directement par des forces spéciales appartenant à la matière et agissant invariablement suivant les lois que Dieu lui a données en la créant.
La méthode que j'ai suivie pour étudier les attractions à petites distances diffère de celles qui ont été adoptées par les auteurs dont je connais les travaux: je me suis appliqué autant qu'il m'a été possible à tirer les conséquences des faits connus et à exécuter beaucoup d'expériences nouvelles décrites principalement dans le Chapitre IX. Il est évident à priori que les valeurs des attractions sont liées avec le travail interne, et que le travail de désagrégation totale est lié avec les chaleurs latentes de volatilisation, lesquelles sont d'autant plus grandes.
yni piÈFACE.
tou^ choses ^ales^ d'ailleurs que ce travail est plus cousidérable. La force élastique d'une vapeur dépend encore des attractions, puisqu'elle n'est autre chose que la force ex|)ansive due à la chaleur, diminuée par les attractions qui tendent au contraire à amoindrir le volume. En Astronomie, on a pu déduire la loi newtonnien ne de Tensemble des faits contenus dans les lois de Kepler ; en Mécanique moléculaire, il m'a semblé que la seule bonne marche à suivre est analogue. C'est en analysant les phénomènes mécaniques, physiques et chimiques qui dépendent des attractions, que je suis parvenu à plusieurs lois certaines : le lecteur verra que j'ai donné à la Mécanique moléculaire des bases très-incomplètes, il est vrai, mais solides. En étudiant les attractions dans des composés suffisamment nombreux, j'ai pu obtenir, par le calcul, les valeurs des attractions des corps simples ; quelques-unes sont négatives, c'est-àdire qu'il existe des atomes qui se repoussent quand ils sont très-rapprochés. Enfin, il y a des faits qui sont conséquences des lois trouvées et qui n'ont pas encore été produits^ ils pourront l'être lorsque les expérimentateurs ne feront pas défaut; on arrivera ainsi à joindre des vérifications nouvelles aux vérifications très- nombreuses contenues dans ce volume.