SECOND GENRE DE DEMONSTRATION
Lorsque dans un cylindre fermé muni d’un piston nous comprimons un gaz quelconque, de l’air par exemple, ce gaz s’échauffe; si au contraire nous le laissons se détendre , il se refroidit. On pourrait dire ici, au seul point de vue du travail consommé ou produit, que rien ne se fait avec rien, puisque dans le premier cas la compression qui coûte du travail augmente la pression du gaz qui fait nous rendre tout ce qu’on lui donne , puisque dans le second cas le gaz perd de sa pression en nous donnant du travail. Dans cette manière d’interpréter, l’échaulTement et le refroidissement du gaz deviennent des faits accessoires encore û expliquer. L’explication était facile autrefois , puisqu’on croyait qu’il faut moins de chaleur pour échauffer un gaz comprimé qu’il n’en faut pour échauffer du même nombre de degrés le mémo gaz moins comprimé. Pendant la compression, le calorique était censé être exprimé du gaz à peu près comme l’eau d’une éponge. Les travaux de .M. Régnault ont montré que si la capacité du gaz n’est pas absolument indépendante de la pression, il est tout au moins certain que sa variabilité ne suffit plus, à beaucoup près, pour rendre compte du refroidissement et de réchauffement du gaz par l’expansion et la compression. Ce refroidissement et cet échauffement deviennent donc des faits non seulement inexplicables, mais réellement sans cause, si on les considère abstractivement. On est ici condamné à reconnaître une relation directe entre le travail consommé ou produit, et le refroidissement ou l’échauffement du gaz.
En partant do la presque-constance de la capacité calorifique du gaz et des équations admises généralement comme exprimant la loi
de dilatation et de détente de ces corps , il m’eût été facile de démontrer, comme beaucoup d’auteurs l’ont fait . qn’il disparaît nécessairement du calorique dans un moteur à gaz ; mais comme on peut reprocher à ces équations elles-mêmes de n’ôtre plus l’expression rigoureuse de la vérité, le résultat final pourrait sembler contestable dans sa base.