Théorie musicale
En écrivant cette Théorie musicale, j’ai voulu simplement résumer les cours cpie je fais au Conservatoire et tâcher de les rendre d’une compréhension facile autant que possible.
Je sais, par expérience, que l’élève n’a pas de goût pour les axiomes, malgré leur évidente vérité; il attend surtout une explication dont les termes sont à sa portée et n’empruntent pas trop les mots scientifiques.
Connaissant l’importance du programme dans les études, j’ai fait mon possible pour qu’une question en amène logiquement une autre et que la première qu’on vient d’étudier serve à comprendre la suivante.
Cette Théorie étant destinée aux cours supérieurs que je professe, il est indispensable que l’élève soit un peu avancé pour la comprendre, ou tout au moins en tirer le meilleur profit.
J’ai procédé généralement, dans mes explications, par demande et par réponse, ce qui détermine un peu le rôle du professeur et force l’élève à étudier les réponses. J’ai ajouté à ce travail un certain nombre
de questions supplémentaires que j'ai classées par groupe pour servir 5 des compositions écrites, et j’y ai souvent modifié les termes de la théorie, de façon que l’élève soit obligé de raisonner la question et non se contenter d'un mot à mot qu’il aurait retenu.
Mon but, en enseignant, a toujours été de faire des musiciens et non pas seulement des exécutants ; et je pense que le musicien n’est véritablement digne de ce nom que lorsqu’il aime son art assez pour l’étudier dans toutes ses manifestations. La pratique d’un instrument de musique, à quelque degré de virtuosité que l’on atteigne, n’est qu’un des côtés de l’art; il faut lui ajouter la science, qui repose sur la théorie et l’harmonie.
Ces deux branches, qui sont solidaires l’une de l'autre, sont le corollaire indispensable de la virtuosité et seules elles peuvent l’entourer d’une auréole de lumière et de poésie.