‹ Théorie musicale d'après Pierre Galin et ses disciplesChapitre 24 sur 44 · Du coup fort et du coup faible dans les subdivisions de · texte numérisé non relu

Du coup fort et du coup faible dans les subdivisions de

l’unité de temps. — L'oreille, avons-nous dit (§ 79), a besoin d'un coup fort de temps en temps pour pouvoir mesurer sûrement la durée des sons. Ce coup fort est toujours placé sur le premier temps de chaque mesure; les autres temps sont dits temps faibles; cependant le troisième temps dans les mesures à trois temps et à quatre temps est demi-fort, c'est-à-dire plus fort que le deuxième et moins fort que le premier. Exemples :

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Quând toutes les unités d'une mesure sont subdivisées, l’oreille a besoin d'un plus grand nombre de jalons, de coups forts; on considère alors chaque

temps comme étant une mesure complète ; et, s'il provient de la souche binaire, on le regarde comme composé d'un coup fort et d'un coup faible, comme dans la mesure à deux temps non divisés; tandis que s'il provient de la souche ternaire, on le regarde comme composé d'un coup fort, d'un coup faible et d un coup demi-fort, comme dans la mesure à trois temps non divisés. Seulement, pour que la mesure, elle aussi, conserve son caractère,, le coup fort qui marque le commencement du premier temps de la mesure est plus prononcé que le coup fort qui marque le commencement des autres temps.

Ce qui vient d être dit, relativement aux divisions binaire et ternaire,, s applique aussi aux subdivisions binaires et ternaires. Exemples :

Le nombre et la position de ces coups forts caractérisent les mesures à deux et à trois temps et les coupes binaires et ternaires. Ce sont eux qui établissent une différence si marquée entre les sixièmes de la souche binaire et les sixièmes de la souche ternaire.

91. Des prolongations, syncopes et contre-temps. — Quand un son ai lieu lé sur le temps fort d une mesure ou sur le coup fort d un temps se prolonge sur un temps faible ou sur un coup faible, on dit qu’il v a prolongation. Exemple : J

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Quand un son articulé sur un temps faible de la mesure se prolonge sur un temps fort, ou quand un son articulé sur un coup faible se prolonge sur un coup fort, on dit qu'il y a syncope. Exemple :

CM

Lorsque le silence remplace le point de la syncope on dit alors qu'il y a contre-temps. Exemple :

MESURE

Les syncopes privent l'oreille de sons-jalons en enlevant l'articulation des coups forts; aussi rendent-elles beaucoup plus difficile la connaissance de la mesure. Quand elles sont très fréquentes, elles impriment à la musique un caractère tout à fait étrange, caractère qui tient à la contrariété qu'éprouve l'oreille d’étre privée de tous ses jalons, et à la difficulté qui en résulte de mesurer sans eux un grand nombre de durées. Exemple :

ifo 3 5 | . 3 I | . Tl 2 | . I 2 32 I ! 2 3 4| 3 4 5 j . .0 !

Beethoven.

11 y a deux sortes de syncopes :

1° La syncope régulière dans laquelle les deux parties sont égales. Exemple :

2° La syncope irrégulière dans laquelle les deux parties sont d'inégale durée.

Deux cas peuvent se présenter :

A. La première partie est plus longue que la seconde. Exemple :

B. La première partie est plus courte que la seconde. Exemple :

(n 1 . 43 .rr 1 r 3 . 30 )

Cette dernière syncope, inacceptée dans le style rigoureux, est appelée syncope boiteuse.

92. Des cadences. — Dans le discours, pour exprimer une idée, pour faire une phrase complète, il faut un sujet et un verbe, avec ou sans leurs accessoires. En musique, il en est de môme ; pour qu'il y ait un air il faut que l'oreille sente un commencement et une lin d'idée musicale.

Or, cette particularité que présente un son de faire sentir à l'oreille qu'il est le dernier de sa période ou de sa phrase est ce qui, en musique, constitue la cadence. La cadence ( cadere , tomber, chute) est la lin d'une période, d'une idée ou d une phrase musicale. Un air bien cadencé est un air dans lequel l'oreille trouve la cadence à la place convenable; la cadence résulte donc de la ponctuation musicale , indiquée par les signes de silences.

La cadence est dite cadence parfaite quand le repos est complet. La cadence parfaite mélodique doit toujours se faire sur la tonique. Toutes les

cadences qui ne donnent pas le sentiment du repos complet ont reçu le nom de cadences imparfaites ,* on les divise en demi-cadences et en quarts de cadence. Voici, comme exemple, une mélodie d'Haydn :

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