ECRITURE DE L’INTONATION
Sommaire : 94. Idées à rendre par l’écriture musicale. — 95. Notation usuelle de 1 intonation. — 9G. Théorie des voix. — 97. Portée générale. — 98. Tableau général des clés. — 99. Rapport des clés avec les voix. —. 100. Remarques sur l’application des clés au piano. — 101. Écriture des dièses et bémols. — 102. Indication du ton : A. Mode majeur; R. Mode mineur. — 103. Indication du ton en notation chiffrée. — 104. Dièses et bémols accidentels, bécarre.
94. Idées à rendre par l’écriture musicale. — L’écriture musicale doit exprimer trois idées principales :
1° L'intonation ou la hauteur des sons;
2° La durée affectée à chaque son ;
3° L'expression à donner.
Il Luit donc trois séries de caractères pour Yintonation, pour les durées et pour Y expression.
Au point de vue de 1 intonation , il faut pouvoir exprimer î
1 Les cinq modes qui constituent notre système musical avec leurs diverses octaves ; > / . )
2° Les tons divers auxquels le compositeur emploie ces modes ;
O Les modulations qu il plaît au compositeur d employer;
4° Enfin Y espèce de voix pour laquelle est écrite la musique.
95. Notation usuelle de l’intonation. — Pour représenter les sons dans récriture usuelle, on se sert de cinq lignes parallèles et équidistantes dont l’ensemble se nomme portée :
On compte ces lignes de bas eu liant. L’espace compris entre chaque ligue se nomme interligne.
Sur ces lignes et dans les interlignes, on met des signes appelés notes , qui ont la forme de points noirs ovales ou de zéros ; ces notes sont munies de queues avec ou sans crochets, suivant la durée du son correspondante)- Si l’on est obligé de dépasser la portée pour représenter certains sons graves ou aigus, on emploie de petites lignes appelées lignes supplémentaires . Exemple :
Si l’on fixe le nom de l'une des lignes de la portée, il est clair que les noms des autres lignes seront aussi déterminés. Ainsi, convenons pour un moment d’appeler ut la première ligne, le premier interligne se nommera ré, la deuxième ligne mi, etc. ; exemple :
ut ré mi fa sol la si ut
Si l'on appelle ut le premier interligne, la deuxième ligne se nommera ré, le deuxième interligne mi, etc. ; exemple :
ut ré mi fa sol la si ut
Afin d'indiquer au lecteur la convention faite pour fixer le nom de chaque ligne de la portée, on emploie des signes particuliers appelés clés, qui ne sont que les anciennes lettres grégoriennes usitées pour représenter le fa, le sol, Yut, et qui en rappellent vaguement l’origine; exemple :
& a d’où on a tiré
Clé sol. — Cette clé donne le nom sol à la ligne sur laquelle elle est placée.
( l ) Comme il no s’agit maintenant que do représenter l’intonation, nous nous bornerons à employer des points noirs ovales ou des zéros sans queue.
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(5 c <1 où on a tiré -jj|- Clé ut. — Cette clé donne le nom ut à la ligne
sur laquelle elle est placée.
J f d où on a tiré *)• Clé fa. — Cette clé donne le nom fa à la ligne
sur laquelle elle est placée.
Ces clés se posent sur diverses lignes ; voici les diverses positions usitées :
ut ut ut ut ut ut ut Clé vt Clé ut Clé ut Clé ut Clé/a Clé fa Clé sol
i«« ligne 2* ligne île ligne 4«- ligne 3* ligne 4c ligue 2c ligne
Cola fait donc sept positions de clés : autant qu’il y a de noms de notes. Ces positions ont été choisies de manière à pouvoir écrire sur une seule et même ligne les sept notes : ut, ré, mi, fa, sol, la, si. Exemple :
■-KVV--^--
ta—
ut ré mi fa sol la si
Ou remarquera aussi que chacune des sept notes occupe d'après la clé une position spéciale sur la portée. Exemple pour la note ut :
ut ut ut ut ut ut ut
96. Théorie des voix. — Pour bien comprendre l'utilité des clés il faut connaître la classification des voix ; car toutes ces clés n ont eu d’autre but, à l'origine, que de représenter une espèce particulière de voix.
Les voix humaines se divisent en voix masculines et en voix féminines (les voix d'enfants rentrent dans la catégorie des voix de femmes); ces deux genres de voix se distinguent par ce fait remarquable que les voix féminines sont à une octave au-dessus des voix masculines, alors que les chanteurs, hommes et femmes, croient chanter à l'unisson. Ainsi, par exemple, quand on fait vibrer le diapason pour donner le ton, les hommes font naturellement entendre 1 octave inférieure du son que les femmes font entendre à l'unisson du diapason (*). De plus, chaque genre de voix se divise en deux groupes, les voix aiguës et les voix graves ; chacun de ces groupes se subdivise à son tour en deux espèces, l'une formée par les voix les plus aiguës du groupe, l'autre formée par les voix les plus graves.
(*) Cela tient à ce que le larynx de la femme est plus petit que celui de l’homme.
Les voix aiguës de femmes, ou voix de soprani , se divisent en voix de premier soprano et en voix de deuxième soprano ou mezzo-soprano.
Le mot premier désigne l'espèce de voix la plus aiguë, le mot second désigne l’espèce de voix la plus grave.
Les voix graves de femmes, ou voix de contralti, se divisent en voix de premier contralto et en voix de deuxième contralto.
Les voix aiguës d'hommes, ou voix de ténors , se divisent en voix de premier ténor et en voix de deuxième ténor.
Les voix graves d'hommes, ou voix de basses , se divisent en voix de première basse ou baryton et en voix de deuxième basse.
Anciennement on donnait d'autres noms aux voix suivantes :
Le deuxième ténor se nommait voix de taille ;
Le premier ténor se nommait voix de haute-contre ;
Les soprani se nommaient voix de dessus.
L’étendue ordinaire d’une voix est d’environ une dixième ou une douzième. Ces limites se reculent pour quelques voix exceptionnelles. En prenant comme moyenne une onzième, on peut construire le tableau ci-dessous.
Tableau général des voix humaines (*)
voix d’hommes
VOIX DK FEMMES
1er soprano < (J son du diapason.
1er ténor
Voix aiguës *
Voix aiguë9 <
2e ténor
(!) Cette régularité dans la classification des voix n’est qu’un terme moyen ; mais, à considérer ainsi la question, l’esprit s’oti rend maître tout de suite.
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La limite inférieure de la voix la plus grave ou de seconde basse étant un fa (4) on voit les limites inférieures des sept autres voix former, avec la limite inférieure de la seconde basse, une succession régulière de tierces ascendantes fa, la, ut, mi, sol, si, ré, fa.
Si l'on voulait représenter la hauteur absolue des voix d'hommes par rapport au son du diapason qui donne le la (6) médium de la voix de femme il faudrait changer d'une octave au grave chaque limite des voix d'homme (*).
97. La portée générale. - Pour la représentation des vingt-trois sons que peuvent fournir les voix humaines diverses, on aurait pu se servir d'une portée générale de onze lignes horizontales.
Limite ordinaire des roii aiguës
JÈ-
fa sol ia si ut ré mi fa sol la si ut ré mi fa sol la si ut ré mi fa sol
Limite ordinaire des tou graves v l u àUl
Chaque voix n'ayant besoin généralement que d une douzaine de notes pour représenter la moyenne de son étendue, l'usage de la portée générale de onze lignes devenait un obstacle pour la lecture. Aussi s’est-on borné à prendre une portée partielle de cinq lignes pour chaque voix.
11 faut que le lecteur puisse distinguer si les cinq lignes qu'on lui présente sont des lignes du bas, du haut ou du milieu de la portée générale Or, la clé ut se trouve sur la sixième ligne et ne peut servir quand on prend les cinq du bas ou les cinq du haut; dès lors on est convenu, pour les cas où l’on prendrait ces lignes extrêmes, de désigner deux autres barreaux de a portée générale, un dans le groupe inférieur, le barreau fa (quatrième ligne), et un dans le groupe supérieur, le barreau sol (huitième li<me)c est-a-dire que l'on a créé deux autres signes appelés clé fa et clé sol La portée générale se trouve alors armée de trois clés de la manière suivante :
B iËS
A : Cette ligne qui passe au milieu de la clé s'appelle sol.
entre les deux points se nomme fa.
(M Voir plus loin la manière d’indiquer, en écriture chiffrée, les octaves réelles.
Ces trois clés une fois connues, il ne reste plus qu'à savoir reconnaître au premier coup d'œil à quelle partie de la portée générale appartiennent cinq barreaux armés de Tune des trois clés.
08. Tableau général des clés. — Le tableau suivant montre comment chaque clé indique toujours le même barreau de la portée générale, quoique paraissant être tantôt sur un barreau plus haut, taulôt sur un barreau plus bas de la portée partielle.
IH
ut ut ut ut ut ut ut Clü fa CI 6 fa Clé ut Clé ut Clé ut Clétn Clé sol
4* ligne 3« ligne 4'ligne 3e ligne 2e ligne Ire ligne 2*- ligne