‹ Théorie musicale d'après Pierre Galin et ses disciplesChapitre 35 sur 44 · LIVRE V · texte numérisé non relu

LIVRE V

EXPRESSION

INTRODUCTION

123. De l’expression dans le chant. — II ne suffit pas, pour nous émouvoir et nous charmer, qu'une mélodie soit exécutée correctement sous le rapport de l'intonation et de la mesure; il ne sullit môme pas que la voix qui chante soit belle et juste: car, si nous ne trouvions que ces qualités clans l'exécution, après quelques instanis de plaisir, nous finirions par n’éprouver que de la fatigue et de l'ennui; pour que nous soyons émus, charmés, il faut que le chant ait de Y expression.

L’expression est la manifestation, le signe d’un sentiment.

Pour le chant, comme pour tous les arts, du reste, il ne s’agit pas de la réalité du sentiment, mais de la ressemblance.

L'art, en ett'et, n’est que l'imitation de la nature, imitation aussi frappante que possible, mais rien que l'imitation. Prenons par exemple un chant mélancolique, douloureux, plaintif. Si au lieu de chercher à rendre reffet que produisent les larmes, le chanteur s'avisait de pleurer lui-méme pour obéir au précepte d’Horace qui n’est nullement de mise dans le chant :

Pour me tirer des pleurs, il faut que vous pleuriez,

il en résulterait pour l'exécutant des inconvénients qui ne manqueraient point de compromettre son chant et de produire des effets tout contraires à ceux qu'il se serait promis.

Ou obtient Vexpression : 1° en introduisant dans la mélodie des notes dites d’agrément : appogiatures, trilles, etc.; 2° en accélérant ou en ralentissant le mouvement ; 3° en faisant varier l'intensité du son ; 4° en modifiant le timbre du son ; 5° en accentuant et en articulant suivant le sentiment à rendre.

Page 1