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Il »l
Une modulation se produit; il faut donc procéder comme dans le précédent exemple et indiquer par la soudure suivante (I = 3) que la tonique ut
du premier fragment va devenir à la quatrième mesure la médiante mi du nouveau ton qui commence à la cinquième mesure, soit :
Jz
(A* = ll
Il i 7 5 1 6 54| 3 2
Choix du point où il vaut mieux souder. — On change d'écriture, on fait la soudure à l'endroit qu'on juge le plus propre à faciliter la transition sans secousse. A cet égard, il n'y a pas de règle absolue; cependant il vaut mieux autant que possible faire la mutation, la soudure, sur des fonctions importantes du nouveau ton; en général, la mutation est toujours facile, pour le chanteur, quand le degré sur lequel elle s'effectue a une assez longue durée, et qu'il est suivi d'un intervalle aisé à chanter; — quand la note de changement, ou de mutation, est commune aux deux tons; — quand elle représente uue fonction importante du nouveau ton et se trouve au temps fort de la mesure.
C'est pour cela qu'il est souvent préférable de laisser les accidents pendant une mesure ou deux, afin que la modulation se fasse bien sentir et que le changement de langue s'effectue sans difficulté pour le chanteur.
Quelquefois, au contraire, il y a avantage à souder avant que la modulation ne soit commencée, afin d'éviter les accidents inusités.
Conservation de la langue modale. Syllabes de mutations. — 11 s’agit maintenant d’effectuer le changement de la langue en solfiant ; c'est le rôle du chanteur. A l'inspection de la soudure, de la mutation d'écriture, le chanteur doit faire une mutation pour l'oreille, pour cela il emploie un mot appelé syllabe de mutation et composé de l’articulation de la consonne du nom de la fonction ancienne , et de la voyelle du nom de la fonction nouvelle, ou quelquefois de ce nom tout entier, et applique ce nom au degré sur lequel se fait la mutation.
Ainsi, en employant la langue modale d'ut,
donne le nom composé ou syllabe de mutation sdo.
— — — s mi
— — — mol
— * — — mio
(52) — — — srê
(13) — — — dmi
(|4) — — — dfa
(US) — — — dla
(15) — — — dol
(42) — — — fré
Détermination de la soudure et de la syllabe de mutation par la nature de la modulation. — Connaissant la nature de la modulation basée sur l'inter-
, TRANSPOSITION 129
valle qui sépare l'ancienne tonique de la nouvelle, il est facile de fixer la nature de la soudure et de la syllabe de mutation.
On a pu remarquer dans le premier exemple donné que la modulation se faisant à la quinte supérieure, les noms nouveaux des degrés sont inférieurs d’une quinte aux anciens.
Ainsi on a (5 = I) (é === 7 ) (3 == $) (2 == §), etc.
Il est aisé de généraliser cette remarque et d’arriver à la conclusion suivante :
Règle générale. — Le déplacement du nom de fonction, dans la soudure et la syllabe de mutation, se fait toujours au môme intervalle, mais en sens inverse du déplacement de la tonique majeure dans la modulation.
Ainsi, quand on module à une, deux, trois, etc. quintes supérieures, les noms de fonctions se déplacent de une, deux, trois, etc. quintes inférieures; si l'on module à une, deux, trois, etc. quintes inférieures, les noms de fonctions se déplacent de une, deux, trois, etc. quintes supérieures.
Pour démontrer très simplement ceci, on prendra deux bandes mobiles de carton qu'on réglera et sur chacune desquelles on écrira la série des quintes:
de manière à pouvoir faire coïncider les chiffres identiques comme ci-dessus, ou à pouvoir mettre vis-à-vis l’un de l'autre, deux chiffres quelconques de chaque série comme ci-dessous :
Ces séries de quintes pourront à volonté être écrites horizontalement, comme ci-dessus, ou verticalement, comme ci-contre; il est môme préférable d’opérer de cette dernière façon.
Avec ces deux bandes, on pourra immédiatement trouver, pour une modulation déterminée, la soudure correspondante sur chacun des degrés de
l'ancien ton ; par exemple, module-t-on à la quinte supérieure, c'est l'ancien 5 qui devient | ; on fait glisser la bande mobile de manière à amener son chiffre | en regard du chiffre 5 de la bande fixe. Sur la bande fixe sont les signes des anciennes fonctions -, sur la bande mobile sont les signes des nouvelles fonctions. C'est ce que démontre bien la figure ci-contre.
Module-t-on à la quinte inférieure, c'est l'ancien 4 qui devient I ; on fait glisser (même figure) la bande mobile de manière à amener son chiffre | en regard du chiffre4 écrit sur la bande fixe. Sur la bande fixe sont les signes des anciennes fonctions; sur la bande mobile sont les signes des nouvelles fonctions, et l'on voit ici que les tons, les noms des nouvelles fonctions sont supérieurs d’une quinte aux noms des anciennes, tandis que dans le cas précédent, où l'on modulait à la quinte supérieure, tous les noms des nouvelles fonctions étaient inférieurs d’une quinte aux noms des anciennes.
Ceci était, du reste, évident a priori , car si la tonique monte d'une seconde majeure, par exemple, l'ancien troisième degré devient deuxième degré; son nom de fonction doit donc descendre d'une seconde; si la tonique descend d'une seconde, l'ancien premier degré devient le second ; son nom de fonction doit monter d'une seconde ; et ainsi de suite, le raisonnement est général ; si la tonique monte d'une quinte, l'ancienne tonique se trouve à une quinte au-dessous de la nouvelle, et doit donc avoir un nouveau nom de fonction, inférieur d'une quinte à son premier nom; de même si la tonique descend d'une quinte, l'ancienne tonique se trouve à une quinte au-dessus de la nouvelle, et doit donc avoir un nouveau nom de fonction supérieur d’une quinte à son premier nom. Et comme la tonique ne peut pas éprouver un déplacement sans que les autres degrés du mode, qui sont à des distances fixes de la tonique, ne se déplacent de la même quantité, on voit que ce que nous disons pour la tonique s'applique à tous les degrés du mode, d'où la règle générale énoncée plus haut.
Ainsi, soit à l’aide de nos bandes, sur lesquelles on inscrit la série des
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quintes, soit par le raisonnement, on arrive à reconnaître que le déplacement du nom de fonction dans la soudure et la syllabe de mutation se fait toujours au môme intervalle, mais en sens inverse du déplacement de la tonique majeure dans la modulation (’).
Réciproque. — Détermination de la nature de la modulation par la connaissance de la soudure et de la syllabe de mutation . — Si Ton a bien compris ce qui précède, le problème à résoudre est des plus faciles. En effet, puisque le déplacement du nom de fonction dans la soudure et la syllabe de mutation se fait au même intervalle, mais en sens inverse du déplacement de la tonique majeure dans la modulation, réciproquement la modulation est au meme intervalle, mais en sens inverse du déplacement du nom de fonction dans la soudure et la syllabe de mutation.
Ainsi : (6 = 2) indique une modulation à la quinte supérieure;
(1—3) — — à la tierce majeure inférieure;
(2 = 7) — — — mineure supérieure ;
(1=5) — — à la quinte inférieure .
On trouvera de même la signification de (| = 7), (| = 2), (| = 3), etc.
Nota. — Il est compris qu’on sous-entend le relatif mineur du mode majeur indiqué par la soudure.
Remarque. — La syllabe de mutation et la soudure permettent de savoir dans quel ton on se trouve réellement quand on connaît le point de départ.
Voici la règle à suivre :
Pour trouver le ton effectif, quand on connaît le ton de départ et la syllabe de la mutation, effectuez, à partir du ton de départ, un déplacement égal, mais inverse de celui qui a lieu dans la syllabe de mutation, c'est-à-dire montez d une quantité égale à celle dont le nom de fonction descend, ou descendez d'une quantité égale à celle dont le nom de fonction monte dans la syllabe de mutation.
Ex. : Le ton primitif est ut, la syllabe de mutation est (3 = 5) ou mol; dans quel ton effectif se trouve-t-on 9
Rép. En la majeur.
Ex. : Ton primitif ut, syllabe de mutation (| =< 3 ) dla; quel est le ton effectif?
Rép. Meu (mi 1 *) majeur.
(») Aimé Paris a invonté un petit instrument, l’Œdipe musical, dont le but est de fournir, sans calculs, la solution d’un certain nombre de problèmes touchant à la transposition. Cet appareil est très ingénieux; mais, comme l’écrivait Ch. Delon (Réforme musicale, septembre 1897), * il faut savoir s eu passer ».
122. Instruments transpositeurs. — Au point de vue de la hauteur absolue des sons, les divers instruments de musique peuvent se répartir en deux classes :
1° Les instruments, dits en ul, qui font entendre la note écrite, ou son octave aiguë ou grave;
2° Les instruments, dits transpositeurs , qui font entendre un son à un intervalle déterminé du son représenté par la note écrite.
Parmi les instruments en ut on distingue :
À. — Le piano, le violon, le violoncelle, la flûte, le hautbois, etc.;
B. — La petite flûte, qui joue une octave au-dessus de la note écrite;
C. — La contre-basse, qui joue une octave au-dessous de la note écrite. Pour ces deux dernières catégories d'instruments, de môme que pour la
voix de ténor écrite en clé de sol, la notation usitée ne donne pas l'indication de l'octave réelle. Au paragraphe 99, nous avons indiqué la manière dont les Galinistes résolvent cette question.
Les instruments dits transpositeurs sont :
1° La clarinette;
2° Les cors ;
3° Les trompettes ;
4° Les cors anglais;
5° Les instruments de cuivre.
Ces instruments sont généralement dénommés par la tonalité dans laquelle ils jouent tout en lisant en ut.
Ainsi : une clarinette en la joue en la la musique écrite en ut, c’est-à-dire qu elle fait entendre des sons une tierce mineure au-dessous de la note écrite. De môme : une clarinette en si bémol, joue en si bémol tout en lisant en ut. un cor anglais en fa —fa — —
un saxophone en mi bémol — mi bémol — —
Le lecteur d'une partition d'orchestre devra donc lire la notation de chacun de ces instruments dans la tonalité réelle, c'est-à-dire en effectuer, à vue,
a transposition.
Le tableau suivant donnera un aperçu de ce genre très intéressant de lecture musicale.
Parallèlement à la notation usuelle nous donnons le môme exemple en notation chiffrée ; on y remarquera l'indication de l'octave réelle au moyen du son du diapason servant de point de repère. Le ton est uniformément désigné par la lettre G; la gamme par le chiffre qui représente la tonique.
TRANSPOSITION
Exemple d’une partition d'orchestre
dotation chiffrée
Petite flûte.
Flûte.
Clarinette en la . .
Cor anglais en fa. . . (G = 2) d on â |j
Cor en sol .| < G = 0 d°° i |
Saxophone en si bémol.
s °P ra “°. f j* ~ f- ] ( G= 5) d 0 * 6 |
Violon
Violoncelle. :pÉ~|n^îgr= > ^=r > ^ j (G = 5 ) d on 6 |
Contre-hasse
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