DU PLAIN-CHANT
Sommaire: 144. Le plain-chant. — 145. Notation du plain-chant.
144. Ou nomme plain-chant (chant plan, chant égal, uni) le système d'après lequel sont écrits les chants ordinaires de l’Église catholique.
La première formule de pratique musicale, adaptée au culte chrétien, est due à saint Ambroise, archevêque de Milan (397). Cette formule se composait de quatre séries de sons, formées de huit notes chacune et appartenant à l’ordre diatonique, lesquelles se rapportaient aux quatre modes les plus usités par les Grecs. Ceux-ci les avaient distingués par des noms en rapport avec l’ordre d’idées ou de sentiments qu’ils appliquaient à ces différents modes.
Les quatre séries choisies par saint Ambroise furent :
Le mode Dorien ........ 2 3 4 5 6 7 i 2
Le mode Phrygien. 345 6 7 i 23
Le mode Éolien. 4567 i 234
Le mode Mixolydien. 5 6 7 i 2 3 4 5
Dans ces quatre séries, il y a pour chaque ton ou mode une note qui sert de point de repos final : c’est la première note du mode, la tonique; on l’appelle : la finale. Une autre note sur laquelle s’appuie la psalmodie reçoit le nom de dominante. Cette dominante est à une quinte de la tonique ou finale; à moins que cette quinte ne soit la note si (mode Phrygien), dans ce cas la dominante est la note immédiatement au-dessus de si, c'est-à-dire Y ut*
Le pape saint Grégoire (604) jugeant ce système insuffisant introduisit quatre autres modes.
Prenant les modes choisis par saint Ambroise, il fit dériver de chaque série une seconde série, en substituant à la division par quinte la division par la quarte ; c’est-à-dire eu faisant commencer les nouveaux modes par le cinquième degré des anciens modes (*).
(i) Lorsque l’octave était partagée en quinte et quarte, on l’appelait octave à division harmonique ; lorsqu’elle était partagée en quarte et quinte, on l’appelait octave à division arithmétique.