‹ Théorie nerveuse du PsoriasisChapitre 6 sur 13 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

= Dans les premiers ouvrages médicaux on trouve

déjà le mot « psoriasis ». Hippocrate, Galien, Aëtius,

l’employaient pour désigner un état écailleux occu-

pant la face et les organes génitaux ; les auteurs s’en servaient donc dans un sens différent de eelui qu’il a aujourd'hui. | ;

Au début du xix° siècle on confondait encore la

lèpre et le psoriasis. Ce fat Willan qui, le premier, ;

employa le mot psoriasis pour désigner une dermatose différente de la lèpre qu'il classa dans un genre voisin,

Alibert range le psoriasis dans le groupe des dermatoses dartreuses. Bazin en fait une maladie herpétique de cause héréditaire appartenant au grand groupe des maladies pouvant se remplacer mutuellement : les diathèses.

En 1875, Charcot et l'Ecole de la Salpétrière, mettent en lumière les rapports existant entre les altérations fonctionnelles ou organiques du système verveux central et périphérique et certaines affections de la peau dont ils font des troubles trophiques ; ainsi diverses éruptions psoriasiformes sont étique-

tées nerveuses,

H. Leloir (1877) fait ressortir l'influence exercée par les chocs moraux sur l’apparition de certaines poussées de psoriasis.

Bourdillon, dans sa thèse (Paris, 1888),a fortement contribué à mettre en lumière l’idée que le psoriasis est sous la dépendance de causes nerveuses.

A l'étranger, Polotebnoff, Kuznitzky, Harvey, apportèrent de nouveaux arguments à cette conception et s’en firent les champions convaincus.

De nos jours les travaux se sont multipliés en vue d’élucider l’étiologie et la pathogénie du psoriasis.

Pour les uns, le psoriasis serait une réaction cutanée spécifique, une maladie autonome, reconnaissant vraisemblablement pour cause une infection ou un parasite.

Pour les autres, le psoriasis serait une réaction cutanée non spécifique, un syndrome, pouvant relever de causes différentes : traumatisme, syphilis, tuberculose, intoxication, troubles du métabolisme, troubles endocriniens, troubles nerveux.

Avant Bourdillon la plupart des dermatologistes invoquaient, pour expliquer l’origine du psoriasis, toutes les causes possibles de maladie.

En relisant les travaux sur ce sujet, on est frappé du peu de précisiou de leurs arguments et Hébra le confesse volontiers en déclarant que sa longue expérience ne peut lui permettre de déduire la plus petite conséquence positive sur les causes de la maladie.

© C'est donc en 1888 que, pour la première fois, Bourdillon, dans sa thèse, apporta plus de précision dans la question.

Frappé de la coexistence fréquente d’arthropathies chez des psoriasiques, il entreprit l'étude détaillée de celles-ci et, par leur nature, par les phénomènes concomitants, il les assimila à certains troubles trophiques d'origine nerveuse.

Son travail eut un grand retentissement ; il constitue encore à l'heure actuelle l’une des bases de la théorie que nous voulons soutenir tout au moins pour un certain nombre de cas.

J. Dumont Te

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