LL
La disposition des éléments éruptifs entraîne fata-
lement l’esprit dans le sens d’une intervention des centres nerveux. Quelle que soit l'intensité et la forme de l’éruption, la symétrie qu’elle présente est
presque toujours perceptible et parfois très frap-
pante. Dans certains cas le fdit est tellement net que l’on peut voir un groupement d'éléments psoriasiques formant des dessins semblant calqués l’un sur l’autre dans des régions absolument symétriques et laissant indemnes, à droite et à gauche, des régions exactement similaires. |
En général l’éruption affecte une disposition longitudinale aux membres, tandis qu’au tronc la disposition est le plus souvent perpendiculaire à l’axe du corps et ceci rappelle bien l'orientation générale des nerfs périphériques.
Bien souvent même, lorsqu'il est possible d’assister à l’évolution d’un psoriasis, on voit que les lésions suivent simultanément sur les deux moitiés du corps deux routes constamment symétriques.
Nous ne pouvons rapporter de semblables observations car elles sont trop fréquentes pour êlre continuellement mises en relief et nous nous bornerons à citer le travail de Testu sur ce sujet.
Plus significatives encore sont les éruptions cantonnées sur un territoire nerveux systématisé, nous avons pu en réunir Q cas que nous rapportons dans nos observations.
Nous avons été frappé de ce fait que l’éruption n’était jamais localisée au sens strict du mot et que
des éléments épars.se rencontraient sur d’autres par-
ties du corps ; cependant la plus ou moins grande :
diffusion des lésions ne doit point éloigner l’idée d'une parenté avec le système nerveux.
I! faut au contraire songer à une lésion plus accentuée ou plus tenace au niveau d’une racine ou d’un
Es
segment médullaire; à ce point de vue l’observa-
tion VIIT est assez instruclive car elle nous rapporte
la disposition métamérique d’une plaque de psoriasis, seul reliquat d’un psoriasis généralisé.
A côté de ces observations, nous aurions pu citer
celles de Gjorgevic, de Pungle, et de Rebreyend et Lombard où, chez des psoriasiques, des efflorescences de leur dermatose apparurent aux lieux et places du zona.
Mais il est évident que ces cas sont beaucoup moins probants et, nous basant sur les conclusions des expériences d’inoculation de M. le Professeur
Jeanselme, nous sommes plutôt inclinés à penser
que, là aussi, l’irritation cutanée provoquée par les vésicules de zona est seule à l’origine de la localisation.
Enfin la localisation unilatérale des lésions vient encore fortifier la notion d’une origine nerveuse ; toutefois cette localisation paraît fort rare puisque
nous n’en avons trouvé que trois relations :
La première de Weïdenfeld : Psoriasis unilatérai cantonné au ‘côté droit chez un homme ayant eu
mr
dans l'enfance unexpolyomyélite antérieure du côte gauche suivie de paralysie de tous les muscles de la jambe et du pied du côté correspondant. | La deuxième de Kuznitzky : Psoriasis mummulaire
à localisation strictement unilatérale, développé sur le membre supérieur droit dans l’espace de deux mois et demi, à la suite d'un traumatisme (incision profonde par un couteau) chez un jeune homme de vingt ans. |
. La troisième de Moutier : Psoriasis localisé uniquement à la moitié droite du corps (épaule, coude, fesse, pli inguinal) chez un soldat ayant présenté un mois auparavant une hémiplégie droite de nature vraisemblablement névropathique.
Si l’on admet, et cela n’est pas discutable, que les lésions des cordons nerveux puissent provoquer des désordres cutanés dans le territoire qu'ils tunervent, on peut concevoir que des troubles fonctionnels aient le même effet. Ainsi agiraient le surmenage intellectuel, les dépressions morales, les traumatismes, les émotions, les chagrins, la frayeur, la colère, en un mot, toutes les causes d’ébranlement profond du système nerveux, lous les chocs moraux, que l'on rencontre souvent à l’origine d’une première poussée de psoriasis.
De même les rechutes, les attaques réitérées sont sous la dépendance des mèmes causes. :
Hébra avait nié ces influences sur la genèse du
psoriasis mais depuis, la plupart des auteurs les ont affirmées.
Les faits qui relatent le début soudain du psoriasis à la suite d’une violente émotion sont toutefois assez rares dans la littérature; nous rapportons ici tous ceux que nous avons pu retrouver car ils nous semblent avoir une réelle valeur.
Besnier.— Homme victime d’un accident de chemin de fer. Huit jours après pdussée aiguë de psoriasis. Heulz. — Femme. Cuisinière à l'Hôtel-Dieu. Se rend à
l’'amphithéâtre au moment où l’on pratique une autopsie. .
Gagne sa chambre en proie à une vive émotion. Huit jours après son équipée se produit une éruption généralisée de psoriasis.
— Homme. Psoriasis apparu à la suite d’une frayeur hor-
rible due à une chute de cheval au cours d’une charge de
cavalerie.
— Homme. Garçon de café il aide un de ses amis à descendre un tonneau dans une cave. Par suite d’une fausse manœuvre le tonneau se libère et vient écraser cet ami.
Psoriasis au bout de quelques jours. Après seize ans de guérison complète le malade fait une nouvelle poussée à la suite d’une forte perte d'argent.
Du Castel rapporte un fait analogue.
Barthélemy et Fournier. — Homme. Condamné à mort pendant la commune, il est conduit devant le peloton d’exécution, l’ordre de surseoir arrive au dernier moment. Psoriasis cinq à six jours après cette grosse frayeur.
Heulz rapporte une observation identique qui nous paraît provenir du même sujet.
Hardy. :— Homme. Il manque de se noyer dans une pièce d’eau, et, à la suite de l’effroi causé, présente un psoriasis: Audry.— Meunier. Il entre dans la chambre où tourne
l'arbre des meules pour y prendre un objet, fait un faux pas et tombe de telle sorte qu'il effleure l’arbre et manque d'être
1 F saisi par une courroie. Il évite de peu une mort certaine et fe + s’en va en proie à unè yive émotion. Le soir même il se plaint de vives démangeaisons ; celles-ci persistent et sont plus accentuées le lendemain. Enfin le surlendemain apparaissent 3 les premières papules d’un psoriasis typique qui, en l'espace
__ de-quelques jours, couvre tout le corps. Prurit persistant. Le | malade n’aurait jamais présenté la moindre affection cutanée.
Le e Balzer.— Homme.Se promène dans la rueavec sesenfants. À un moment donné sa petite-fille lui échappe et vient rouler sous un tramway. Il eut à peine le temps de la retirer. Presque aussitôt il est pris de tremblement, de fièvre et doit s’aliter. Le lendemain apparition des premiers éléments - d’un psoriasis guttata typique se généralisant très rapidement.
Leloir. — Jeune prêtre très nerveux et très émotif n'ayant jamais eu d’éruption cutanée. Il est poursuivi par un chien enragé et ne doit son salut qu'à une porte qu'il put fermer derrière lui. À peine remis de son émotion il éprouve des | douleurs névralgiques dans les mains et le cou et, deux jours après, apparaît sur le corps une éruption de psoriasis guttata. — Homme. Se met dans une colèreterrible. Le lendemain il éprouve des démangeaisons et, trois jours après, apparaît un psoriasis guttata et punctata généralisé. Aucune éruption antérieure. ; RSS — Femme. Au cours d’une discussion avec son marielle $ eut un tel accès de rage qu’elle tomba par terresans connaissance et eut une épouvantable crise de nerfs. Le lendemain + elle était couverte, depuis la ceinture jusqu'aux cheveux, 1 d'une quantité considérable de petites papules de psoriasis. Bodin. — Fillette âgée de douze ans. Bien portante antérieurement. Rencontre dans la campagne un ouvrier qui la poursuit en la menaçant d’un couteau ; elle s’enfuit et, ren- La trée chez elle, doit s’aliter, prise d'un tremblement très marqué avec sensation de constriction à la gorge.Ges symptômes n persistent deux semaines environ et, au moment où ils disparaissent, survient une éruption typique et abondante de psoriasis.
PR this
Brocq. — Femme. Allant au théâtre elle laisse son bébé âgé de quatre mois en garde à sa domestique. En rentrant elle trouve cet enfant étouffé à côté de la domestique endormie. Secousse nerveuse intense. Quarante-huit heures après poussée aiguë de psoriasis qui se généralise en vingt- Ab heures. Pas de poussée antérieure.
Moutier. — Soldat. Enfoui par une explosion de marmite il éprouve une commotion intense avec chnubilation prolongée. Quinze jours plus tard apparaît un psoriasis guttata
| généralisé. Blessé de nouveau six mois après, son psoriasis entre en régression et celle-ci débute au niveau de la blessure. Gaucher et Klein. — Marin. Éruption de psoriasis survenue brusquement à la suite de l'émotion violente éprouvée de l'explosion du cuirasse « Iéna ».
— Soldat. Blessé par une balle se logeant dans la boîte cranienne. Les lésions cérébrales se traduisent par des troubles psychiques. Le malade reste pendant deux mois dans un état demi-comateux. Au moment de la convalescence il est atteint pour la première fois d’une poussée de psoriasis typique.
— Soldat.Commotion cérébrale due à l'explosion d'un obus. Psoriasis consécutif. Aucune affection cutanée antérieure. Femme. Psoriasis apparu le lendemain même du bombardement de l'Hôtel de Ville d'Arras. Pas de psoriasis dans les antécédents.
— Soldat. Projeté par le déplacement d'air dû à l'éclate-
ment d’un obus, il eut une forte commotion cérébrale qui le-
laissa sans connaissance. Brusquement, quatre jours après, il remarque une éruption généralisée sur tout le corps. Antérieurement le malade avait eu une poussée de psoriasis.
Jourdanet. — Psoriasis apparu de façon soudaine et pour la première fois chez des soldats ayant subi dans les tranchées une commotion violente par bombardement.
Cunningham. — Jeune homme accablé par un psoriasis
rebelle et par l’état embarrassé de sesaffaires.Il fait un béritage ; à la suite de cette heureuse nouvelle son psoriasis guérit.
A ces observations nous ajouterons le fait que la plupart des dermatologistes déclarent avoir été frappés de la proportion tout à fait inusitée de psoriasis pendant la guerre. Il est évident que, dans ces cas, l'esprit est naturellement porté à voir une relation de cause à effet entre les fortes émotions du moment et la/dermatose.
Du reste l’éruption de psoriasis est fréquemment accompagnée de troubles nerveux divers.
Rendu a publié une observation où, au niveau des plaques, la sensibilité tactile et thermique était notablement émoussée bien que les squâmes aient été en partie enlevées. La douleur était, par contre, perçue aussi bien que sur les parties voisines; l’affection était très prurigineuse.
Harvey regarde comme un fait presque constant chez les psoriasiques un certain degré d’hyperesthésie cutanée.
L'observation VIIL due à Balzer et Alquier nous montre de l'hyperesthésie cutanée au niveau d’une plaque de psoriasis, cette hyperesthésie se continuant au delà suivant une disposition métamérique.
Brissaud signale que l’on observe très souvent des troubles sécrétoires tels que la suppression des sueurs ou leur apparition en un point limité et le développement exagéré des poils sur un ou plusieurs segments de membres.
Besnier, Bourdillon, Leloir ont rencontré parfois de l’exagération des réflexes.
Bien des malades se plaignent de fourmillements, engourdissements, impatiences,douleurs fulgurantes,
spasmes, secousses musculaires, priapisme. D’autres sont sujets à des névralgies de siège et d'intensité variables, à des myalgies : ; ils peuvent avoir des contractions musculaires ordinairement transitoires parfois permanentes, ou, au contraire, des parésies
et même des paralysies.
La forme de psoriasis est quelquefois si particulière qu'on l’a désignée sous le nom de psoriasis ‘douloureux.
Dans ce cas l’éruption serait un symptôme accessoire et la douleur le symptôme principal, attribuable, selon Brissaud, à l’irritation spinale.
Les accidents névropathiques sont communs chez les psoriasiques ou chez leurs ascendants ; l’instabilité de caractère, l’irritabilité, le nervosisme, l'hystérie, la migraine, l'épilepsie, les convulsions, la chorée, l’asthme, sont parmi les plus fréquents.
Nous avons recherché dans la pathologie nerveuse si, comme conséquence possible d’une lésion médullaire, on signalait le psoriasis. Seul, Brocq, en fait mention parmi la grande variété des affections accompagnant la syringomyélie.
De même, le vitiligo, la pelade, considérés par beaucoup comme étant d’origine nerveuse, coexistent quelquefois avec le psoriasis. Cunningham, Dujardin, Du Castel ont attiré l’attenlion sur ces faits.
J, Dumont Ta
Dujardin s’est attaché à étudier les rapports du psoriasis avec certaines névrodermites caractérisées par le prurit et la tendance à la lichénification ; il en conclut que les deux affections ont entre elles de grandes aflinités et reconnaissent une même cause. Il rapporte une observation fort intéressante où une névrodermite typique s’est transfnrmée, in situ, en un psoriasis typique.
Un dernier argument en faveur de la théorie nerveuse du psoriasis est fourni par la présence d’arthropathies particulières chez certains malades atteints de la dermatose.
Elles se rencontrent dans la proportion de 3 à 5 o/o et ont avec le psoriasis des connexions si intimes que l’on doit penser naturellement à une origine commune unique. à
Ces arthropathies se produisent généralement dans les cas de psoriasis grave ; elles ont une évolution éminemment chronique, mais leursexacerbations coïncident avec celles de l’éruption.
Bien souvent elles présentent au début le tableau clinique de la forme arthralgique ou douloureuse ; elles aboutissent finalement à la forme arthropathique déformante dont Bourdillon distingue deux variétés : arthropathies partielles ; arthropathies généralisées affectant, soit le type du rhumatisme osseux, soit le type du rhumatisme fibreux. On
OU
rencontrerait ces arthropathies beaucoup plus souvent chez les hommes que chez les femmes, les nouures feraient presque toujours défaut et ces deux particularités permettraient d’après Bourdillon,
d'affirmer quil ne s’agit pas d’un rhumatisme déformant classique. |
À ces caractères différentiels il faut ajouter ceux constilués par la progression et l’allure plus brusque de l'affection, la présence non exceptionnelle d’hydarthrose et l’absence de toute régularité dans l’envahissement.
Nous devons à Belot et Chaperon l'étude de la radiographie de ces arthropathies. Les surfaces articulaires sont érodées, elles ont perdu la netteté de leurs contours ; l’interligne articulaire est rétréci, sinon disparu ; un note souvent des productions anormales vraisemblablement ossifiées au voisinage des jointures ; enfin, on remarque en plus une raréfaction très nette du tissu osseux qui,tout en conservant sa structure présente des détails moins confluents, moins denses qu’à l’état normal.
Les deux auteurs pensent qu’il s’agit vraisemblablement de troubles d’ordre trophonévrotique et ceci vient confirmer l’opinion de Bourdillon qui insiste sur l’analogie complète entire les arthropathies psoriasiques et les arthropathies nerveuses, particulièrement celles qui ont une origine périphérique et surtout médullaire.
M. le Professeur Jeanselme nous a fait observer qu’il avait été frappé par l'aspect de certaines arthro-
pathies psoriasiqus où les doigts sont droits, atrophiés et effilés de la base à l'extrémité, et recouverts d’une peau amincie et scléreuse. Ce type correspond
à celui que Bertein décrit dans certains cas d'ostéopériostite blennorragique ; or, Fournier, Jacquet, Jeanselme, ont expliqué cette complication par l’alté-
ration des centres trophiques PAPAS touchés par la toxine gonococcique.
Même s’il nous était impossible de faire aucune
distinction entre les déformations ‘articulaires du psoriasis et les déformations articulaires du rhumatisme chronique déformant l’origine nerveuse des premières n'en serait pas moins vraisemblable
puisque bon nombre d'auteurs ne reconnaissent pas
d'autre étiologie aux secondes.
Ainsi, de quelque côté que l’on envisage cette question des arthropathies psoriasiques, on est toujours ramené vers l'hypothèse d'un trouble trophique et de l’étroite relation de ces arthropathies avec l’éruption, on est en droit de penser que celle-ci est sous la dépendance d'une même cause nerveuse.
Malheureusement l’anatomie pathologique est à peu près silencieuse sur la nature des lésions à incriminer. Vidal et Leloir qui ont examiné les nerfs cutanés, Kopp qui, en 1822, a fait également seize examens, n’ont rien trouvé.
Jeanselme, dans deux cas suivis d’autopsie, a pu
He sans aucune altération du névraxe, mais il prend bien
soin d'ajouter que l’âge avancé des Dalsos pouvait 4 à lui seul justifier les lésions. À On ne relève en somme qu'un résultat positif dû
à Jacquet ; celui-ci, pratiquant une autopsie chez un - grand psoriasique avec arthropathies, a constaté des Se lésions très nettes de myélite cavitaire. UE C’est là une indication bien infime quoique More 2 intéressante et nous devons déclarer que, jusqu’à ur présent, nous ne pouvons nous baser sur aucune preuve matérielle précise. ve
On sait tout le parti que la clinique a su tirer de
l'examen histologique du liquide céphalo-rachidien
au cours de certaines maladies du sÿstème nerveux. À ce point de vue il paraissait logique de pratiquer la ponction lombaire au cours des manifestations du psoriasis. Cependant peu d’auteurs semblent l'avoir fait, car on ne trouve que quelques recherches dans ce sens.
Ravault a étudié la rachicentèse dans les affections cutanées, mais il n’a envisagé qu’un côté de la question, visant surtout le but thérapeutique. Au sujet du psoriasis il est fort bref, il signale seulement une légère décoloration des plaques pendant les quelques Jours qui suivent la ponction. En somme, en ce qui nous intéresse, nous avons pu enregistrer : un résultat négatif de Pierre Kahn : psoriasis fébrile avec psychose toxi-infectieuse et endocardite en évolution, liquide céphalo-rachidien normal ; deux observations dues à Leredde ; un regret de Guérin, qui, frappé des rapports du psoriasis avec le système nerveux, déplore de n’avoir pu, au moins dans certains cas, étudier le liquide céphalo-rachidien.
AFIN LR
RES LR AE: at Di AUS ON De EVA AA
Le D' Touraine a été plus heureux ; il a observé 24 malades chez lesquels la ponction lombaire lui a permis d’obienir du liquide.
Dans la plupart des cas, les recherches eurent pour objet : la numération des leucocytes à la cellule de Nageotte, la réaction de Wassermann, le dosage du sucre, le dosage de l'albumine au rachi-albuminimètre de Sicard et Cantaloube, sauf dans deux cas où l’on eut recours à l’échelle dosimétrique de Marcel Bloch.
Chez 6 malades, il fut même possible de pratiquer une deuxième ponction une quinzaine de jours après la première, ce qui permit d'obtenir les éléments susceptibles de renseigner sur l’évolution ultérieure des phénomènes observés.
Le liquide céphalo-rachidien s’est montré souvent anormal. Avant tout, la leucocytose nous a° paru constituer le point le plus important de l’anomalie et c’est par son étude que nous voulons aborder la question.
Nageotte et Levi-Valensi ont admis que la pathologie commençait avec trois lymphocytes par champ.
Avec Guy Laroche nous considérerons comme réaction lymphocytaire légère tous les cas où les leucocytes ne dépasseront pas 6 ou 10 éléments par millimètre cube et comme réaction leucocytaire moyenne ou abondante tous les cas où les leucocytes
ie Fu + HA LS ex di "| 4 ie Hot MAMA à
e atteindront 10, 15 ; 50 éléments et plus par milli-
mètre cube. [x
Sur vingt-quatre ponctions nous trouvons : une
réaction abondante (obs. XII)et dix réactions légères (obs. XII, XIV, XX, XXII, XXIV, XXV, XXVIL,
XXIX, XXXI, XXXII) ce qui nous donne uné proportion de 45,83 o/o de recherches positives.
Toutefois cette proportion est fort relative. Car, après une simple vue d'ensemble, l'esprit est frappé de la discordance des résultats obtenus chez les psoriasiques dont la poussée récente, intense, géné-
ralisée, est encore en évolution avec ceux obtenus
chez les psoriasiques dont l’éruption est ancienne et torpide, où, quoique récente, est restée discrète.
Nos observations comprennent 15 cas satisfaisant aux conditions du premier groupe. Dans onze d'entre
eux (obs. XII, XIII, XIV, XX, XXII, XXIV, XXV,
XXVIIH, XXIX, XXXI, XXXII) la réaction lymphocytaire est nette, dans deux autres elle est à la limite (obs. XXI, XXVI) enfin dans les deux dernières elle est négative (obs. XX VII et XXX).
Si nous ne lenons compte que des faits indiscutables nous arrivons cette fois à la proportion vrai-
ment impressionnante de 73,33 0/0 de recherches
positives.
Devant un tel chiffre il ne paraît guère possible d'admettre que le hasard seul ait pu amener la
coexistence du psoriasis et d’une affection du sys-
Cas
tème nerveux s’accompagnant de lymphocytose Pi 4
chidienne légère ou moyenne,
On pourrait peut-être incriminer la syphilis et cela ferait plaisir à ceux qui, comme Leredde, cherchent à montrer la fréquence de cette maladie à l’origine
de bien des dermatoses et en particulier du psoriasis.
Les observations répondent d’elles-mêmes à cette
objection. Chez les vingt-quatre malades la recherche
de la réaction de Wassermann dans le liquide céphalo-rachidien à été faite quatorze fois, soit dans 58,33 o/o des cas ; bien plus, dans les 11 cas à réaction lymphocytaire nette, qui, plus que tous les autres, attirent l’attention sur une syphilis probable, cette recherche a eu lieu sept fois soit dans 63,63 0/0 des cas. Les résultats ont tous été négatifs. Cette constatation n’est pas en faveur de la syphilis ; il nous paraît beaucoup plus simple et plus logique d’admetire une cause plus générale, Du reste une augmentation légère du nombre des lymphocytes a été constatée dans des affections cutanées autres que le psoriasis. C’est ainsi qu'Hutinel (Presse médicale, 1909, p. 208) a montré l'existence d’une réaction . méningée dans les érythèmes chez les enfants ; il fait remarquer que, dans bien des cas, il n'a relevé aucun antécédent spécifique et il émet l'hypothèse qu’ «une même réaction névropathique peut se produire à la fois sur la peau et sur les méninges ».
L'ensemble des ponctions nous a permis d’étudier l’évolution de la réaction lymphocytaire. Pour
NU | l'exposé de nos idées nous s croyons utile de repro-
- duire un tableau Mort démonstratif.
Obs. 32, — 3 lymphocytes par mme. 8 jours après le début de la poussée.
— 5,59 — 29. = Obs. 19, — 73 SRE — — 22 __— gars — Obs. 14. — 3,5 — 21 — — 2,59 — 38 = Obs. 31. — 3,5 — 21 Obs. 29. — 5,3 — Rire. — Obs. 25. — 5,73 28. — AREAS AS PNEU 30 Ex Obs 283 7 30. — Obs. 24. — 3,4 = 49 =s Obs. 26. — 2,799 — 56 — Obs. 23. — 3,8 — 60
Nous remarquons que suivant l’époque de la poussée à laquelle on a pratiqué la ponction lombaire, les résultats fournis ont été très différents.
Nous ne possédons qu’un seul cas (obs. XXXII) où : -
l'examen du liquide a pu être fait huit jours après le début de la poussée ; à ce moment, il y avait déjà une réaction lymphocytaire légère, cette réaction a été confirmée par un nouvel examen pratiqué qua-
torze jours après le premier, nous notons même une
augmentation du nombre des lymphocytes et nous sommes amenés à supposer qu’au début de l’éruption, la lymphocytose va en s’accentuant graduellement. È
Les observations XII et XIV ,où l'examen du liquide a pu également être répété, nous montrent au con-