‹ Théorie nerveuse du PsoriasisChapitre 9 sur 13 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

a) Psoriasis dont l’éruption est répartie suivant une zone de distribution nerveuse systématisée.

OBsERvATION I (D' A. Guérin)

Soldat atteint de psoriasis. A la face postérieure du bras et de l’avant-bras, l'éruption affecte particulièrement le territoire de la VI: et de la VII paire cervicale. Mais la localisation sur les membres est trop banale pour que nous y insistions. Plus intéressante nous paraît l'étude du dos de la main. L’éruption s’étendait sur le dos de la main en ne dépassant pas une ligne transversale passant à 3 travers de doigt de l'apophyse styloïde du radius, sauf sur les parties latérales où la ligne se relevait un peu pour former un cercle à concavité supérieure. Dans le bas l’éruption s'étendait sur la paume et très peu sur le petit doigt, mais ne dépassait pas, pour les autres doigts, l'articulation de la grosse et de la moyenne phalanges. C'est-à-dire, en somme que, sur le dos de la main, elle occupait le territoire du cubital et du radial et respectait les doigts du milieu qui sont du domaine du médian à partir de la première phalange.

O8BsErvATION II (Dr A. Guérin)

Soldat atteint de psoriasis. L’éruption du dos de la main n'occupait que son versant externe, innervé par le radial, et

ne s'étendait pas plus loin que le versant externe du médius qui forme la limite extrême de cette innervation.

OgsEervarioN II (D' G. Thibierge)

G... Paul, âgé de 44 ans, comptable, entre le 3 novenibre 1893 dans le service. Il appartientàune famille de sujets à tendance nerveuse. Lui-même a toujours été nerveux, facilement impressionnable, pleurant facilement et d’un caractère très violent. Depuis 1870, à la suite d’un refroidissement il est atteint d’une sciatique récidivante du côté gauche.

Début de l’éruption par une plaque occupant le territoire du nerf saphène interne gauche ; il s’agit d’une longue bande occupant la partie interne de la cuisse dans son tiers inférieur, se continuant sur le genou et sur la jambe où elle s’élargit de façon à se rapprocher de la crête tibiale et de la partie moyenne du mollet, puis se rétrécissant inférieurement pour s'arrêter un peu au-dessus de la malléole interne.

Puis apparition de plaques correspondant aux nerfs musculo-cutanés du plexus brachial. Chacune de ces plaques commence à l'union des trois quarts supérieurs et du quart inférieur du bras, à sa partie externe, descendant sur le pli du coude et occupant la partie externe de la face antérieure de l’'avant-bras jusqu'au poignet. -

Les lieux d'élection sont pris en dernier lieu.

Intégrité du membre inférieur non atteint de névralgie. La sensibilité des diverses régions de la peau est conservée sous ses différentes formes ; le membre inférieur gauche, cependant, est peut-être un peu moins sensible.

OgservarTioN IV (D'" Hallopeau et E. Gasne)

Malade âgée de 8 ans. Elle aurait présenté, il y a deux ans, à la suite d’une chute, quelques placards de psoriasis au niveau des cuisses et du coude droit. L’éruption, non traitée, a toujours persisté au coude, mais elle a disparu aux aines, laissant des taches achromiques très nettes.

F re

CS PR AE ATP | À | < à L'éruption actuelle présente une localisation spéciale au | niveau du membre supérieur droit, la disposition est nettes : ment métamérique : elle se présente sous forme d’une bande qui, partant à quelques centimètres de la ligne médiane, à la - 4 hauteur des cinquième et sixième vertèbres dorsales, se

continue sans interruption sur la face postérieure du bras,

de l’avant-bras et de la main. Au membre supérieur gauche

les éléments paraissent dépasser peu la zone d’innervation

F2 du radial. Placards disséminés sur le reste du corps et rela-

__ tivement plus abondants au niveau des territoires innervés

A par le plexus lombaire.

Si nous cherchons à déterminer quels sont les trajets ner-

veux dont la sphère de distribution correspond aux parties + intéressées du membre supérieur droit et de la partie cor- Sn respondante du tronc, nous arrivons à reconnaître qu'ils sont multiples ; ce sont, en effet, la cinquième branche dor- SACS sale, le circonflexe, le radial et le cubital ; il en est ainsi dansie zona ; dans l'hypothèse d’une trophonévrose. il faudrait la rapporter à une origine métamérique.

OgservarIoN V (D: F. Moutier)

| M..., 27 ans, chaudronnier. Blessé le 7 septembre 1914 près de Montmirail par balle entrée au flanc droit et extraite BE ut. dans la masse lombaire homonyme. Cet homme présenta % rie par la suite une hémiplégie droite qui semble n'avoir été + ÿ qu’un syndrome névropathique. Un mois après la blessure, TES apparition d’un psoriasis discret qui atteint en six semaines +3 son épanouissement actuel : il sème ses éléments espacés sur a, la région scapulaire, à l’olécrane, sur la fesse et au pli inguinal, uniquement sur la moitié droite du corps.

ne sh 2

OBsEeRvATION VI (D: Brocq)

« Homme présentant une fine bande linéaire de un centi- ‘ mètre de large s'étendant depuis l'épaule droite jusqu’à la main, Il s'agissait cependant bien là d’un psoriasis au point

de vue élémentaire. C’est le seul cas zoniforme de cette affection, que j'aie jamais obsérvé. »

Ogsservarion VII (Drs Balzer et Lecornu)

L. A..., comptable, âgé de 55 ans, entre à l’hôpital Saint- Louis le 6 juin 1901 pour une poussée récente de psoriasis. La maladie est apparue à 8 ans. En 1873, le malade a contracté un chancre syphilitique.

Avant la poussée actuelle de psoriasis le malade a éprouvé

des démangeaisons vives avec cuisson. .

— Dans son ensemble le psoriasis se présente sous forme de’ placards disséminés sur le tronc, l'abdomen et les membres; mais sur le côté droit du corps où ils prédominent, les élé-

ments affectent volontiers une disposition systématisée. C’est ainsi qu'à droite et en arrière du thorax on observe deux larges placards allongés transversalement, moins obliques que les côtes moyennes qu’ils croisent et présentant une disposition zoniforme ; le premier est à peu près dans la fosse sus-épineuse et parallèle à l’épine de l’omoplate ; le deuxième suit la même direction transversale et est situé à

la hauteur de l'angle de l’omoplate. Un troisième groupe .

plus petit est situé à quatre travers de doigt au-dessous du précédent, mais n’affecte pas la disposition zoniforme aussi nette.

OBservaTion VIII (D' Balzer et J. Alquier)

Malade âgé d’une soixantaine d'années. Entre à Saint- Louis en janvier 1901. Diabétique depuis quatre ans il est atteint en outre d’un psoriasis dont le début remonte à six ou sept ans. Or, depuis dix-huit mois, le psoriasis auparavant généralisé, a guéri presque complètement, à l'exception d’une bande haute de 6 centimètres environ, qui s'étend à presque toute la largeur du thorax, sur sa partie antérieure, répondant près du sternum, aux VIT et VIII: espaces intercostaux.

En arrière, on constate, du côté gauche, près de la colonne vertébrale, dans leprolongement de la bande antérieure,

une plaque arrondie de psoriasis, d'un diamètre de 6 centimètres environ.

On ne saurait s'empêcher de rechercher une relation du psoriasis avec la métamérie cutanée: or précisément, on constatait au niveau de la bande de psoriasis une zone d'hy-

peresthésie cutanée, correspondant exactement à la derma-

tose en hauteur, mais ceignant complètement le thorax, On

constatait, en outre, une deuxième zone d’hyperesthésie

cutanée, correspondant aux VII: et VII espaces inter- “costaux, c’est-à-dire séparée, en arrière, de la précédente, par un espace où la sensibilité était normale, tandis qu’en avant, les deux zones se confondaient. |

Il en résulte que, dans ce cas, l'on pourrait ineriminer

l'action d’une trophonévrose superposée à un trouble d’ori-

gine métamérique: nous nous empressons d'ajouter que ce n'est là qu’une simple hypothèse.

OBsERvATION IX (Professeur Jeanselme et D' Touraine)

M... Henri, âgé de 47 ans. Quelques temps après une atteinte légère de grippe en septembre dernier, pendant la période hyposténique de sa convalescence # a remarqué quelques éléments papuleux rosés, squameux au grattage, sur la face dorsale du poignet gauche.

L'apparition des papules était annoncée et accompagnée par des démangeaisons parfois assez vives.

L'éruption constituée par des éléments échelonnés en série linéaire, a gagné progressivement, de bas en haut, en suivant l'axe de la face postérieure du membre supérieur gauche, puis elle est devenue horizontale et s’est éparpillée sur la région scapulaire gauche sans atteindre la ligne médiane.

Cette traînée psoriasique s’est constituée lentement, en trois semaines environ. Les éléments sont repartis sur une bande étroite de 3 à 4 centimètres de large et, par leur topo-

: & graph e,. rappellent la pontoe classique SES zona à (territoire de la première racine dorsale).

“he diagnostic ne peut être mis en doute. Le signe du coup d’ongle et celui de la rosée sanglante sont très démonstratifs. Il n’existe aucun trouble de la motilité, aucune sen-

sation anormale, aucune douleur, aucun trouble sensitif,

sécrétoire, vaso-moteur où trophique sur le HACLADEE qui est le siège de la traînée psoriasique. :

Quelques autres éléments typiques du psoriasis sont dissé-

minés sur le cuir chevelu, le front, la fesse et la cuisse gauche.

Tr

Une ponction lombaire a été pratiquée. Le liquide, lim-

pide, s’écoule rapidement, en gouttes et non en jet; il ne . paraît pas hypertendu. |

La numération à la cellule de Nageotte montre une faible leucocytose de 1,45 Lymphocyte au millimètre cube.

Le glucose a été dosé par M. Pomaret, interne du service; il est de o gr. 30 par litre (moyenne o or. 55).

La réaction de Wassermann s'est montrée complètement |

négative.

A l’albuminimètre de Sicard et Cantaloube, on compte o gr. 35 d’albumine au litre, c’est-à-dire encore un taux très faiblement supérieur à la normale,

b) Psoriasis avec ponction lombaire

OgsEervarion X (D' Touraine)

D..., âgé de 18 ans. Atteint d’un psoriasis dont le début remonte à plusieurs années. Entre à l'hôpital le 11 juillet 1918 pour une seconde poussée ayant débuté il y a quinze jours. Les éléments, fort espacés, sont disséminés sur toutes les parties du corps avec prédominance aux membres inférieurs. Ils sont constitués en majeure partie de plaques de la dimension d’une pièce de cinquante centimes ou d’un franc.

Examen du liquide céphalo-rachidien le jour même de l'entrée. =

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