‹ Théorie nouvelle de la dispersionChapitre 8 sur 38 · GROSSISSEMENT APPARENT ET GROSSISSEMENT RÉEL DE LA LODPK · texte numérisé non relu

GROSSISSEMENT APPARENT ET GROSSISSEMENT RÉEL DE LA LODPK

regarder directement, on les place à une distance compatible avec la vision distincte, et généralement, afin d'en mieux voiries détails, à la limite inférieure de la distinction distincte. Pour la même raison, quand on regarde ces objets à la loupe, on leur donne une position telle, que leur image soit éloignée de Toeil d'une quantité égale à cette limite inférieure. »

Cette dernière phase indique nettement que pour tous les auteurs l'image virtuelle de construction sera une image de vision. Voici la fin où l'auteur montre, comme Ganot, que l'objet ou l'image sont transportés eït/7;'<7nrfeM/' à la vision distincte.

« L'image vue à la loupe étant ainsi à la même distance de l'œil que l'objet vu directement, le rapport de leurs diamètres apparents dans ces deux conditions est égal au rapport de leurs dimensions linéaires A'B', AB,

ou au rapport j=rpr , on a donc en représentant la distance OC par p, et la

distance OD par p',

« Le grossissement est donc sensiblement égal au rapport de la distance de la vision distincte (A) à la distance focale principale (/) de la lentille. Il sera d'autant plus grand que la lentille aura un foyer plus court et que la >-ue de l'observateur sera plus longue. » (Daguin, id. ib., p. 35 1.) Maintenant pour vérifier cette formule théorique, car il n'y a pas de bonne théorie sans une vérification pratique, voici comment l'on opère, dans le cas des lentilles à court foyer.

On place un papier à la vision distincte et, avec une chambre claire, on trace sur ce papier l'image virtuelle A'B'. Par exemple, si AB représentant deux divisions consécutives d'un micromètre oculaire, c'est-à-dire i/io de millimètre, et que A'B' fût trouvé égal à i millimètre, on en conclut que le grossissement de la loupe était égal à lo, d'après la formule générale expérimentale

mm

n étant le nombre de divisions du micromètre oculaire, X le nombre de millimètres de l'image virtuelle.

De quel grossissement voulait parler Daguin '^ Il n'en dit rien, mais évidemment c€ ne pouvait être du grossissement réel de la loupe, puisqu'il écrit expressément : « le grossissement sera d'autant plus grand que la vae de l'observateur sera plus longue ».

Le grossissement (?) de la loupe est alors mesuré pour d'autres auteurs

en adoptant pour vision distincte le chiffre moyen o™,22o ; mais ici nouvelle difficulté de faire concorder ce nombre avec l'expérience de Cli. Robin.Voici, en effet, ce que l'on trouve dans le Cours de manipulations, de A. Witz(r''cdit.). p. 36;.

« On enseigne généralement que, par un acte de perception se passant dans les centres nerveux, l'image est à la distance qu'on dit être celle de la vision distincte. Il est facile de s'assurer par expérience que cette assertion n'est pas exacte ; ainsi que Ch. Robin l'a démontré, plus le pouvoir amplifiant est considérable, plus l'image est reportée loin, sans jamais atteindre toutefois la distance de la vision distincte. Ce fait a une grande importance, car il explique les erreurs énormes auxquelles on est conduit quand on accepte pour grossissement d'une loupe le quotient de la vision distincte prise égale à o"',2 2o par la longueur focale. »

Puis l'auteur cite les nombres de Ch. Robin :

Distance à laquelle

le dessin est vu

avec les mêmes indications

Il ajoute : a Avec un grossissement de i 5oo diamètres, le plus fort qu'on ait pu atteindre réellement, la distance est encore moindre que 220 millimètres, quel que soit le point de vision distincte des individus ; il est donc bien vrai que l'image n'est pas reportée à la distance du punctutn proximum. Nous en conclurons que la détermination du grossissement par le procédé de la double vue et à l'aide de la chambre claire est inexacte, lorsqu'on place son papier à 220 millimètres, comme le prescrivent quelques traités ; c'est ainsi qu'on a pu trouver ces amplifications fantastiques de 3 000 diamètres. La chambre claire ne doit servir qu'à reproduire par le dessin des objets que l'observateur se reconnaît incapable de dessiner à main levée. »

Ainsi nous assistons à ce curieux spectacle que les auteurs définissent le grossissement par la vision distincte minima des observateurs qui varie énormément du myope au presbyte, alors que la distance de l'objet visé varie peu , et que ne sachant plus comment s'en tirer pour calculer le grossissement de la loupe, ils ont admis que pour le mesurer la règle divisée serait placée à la vision moyenne o°',22o. Il en résulte que, pratiquement, la vision nette de la règle divisée était sacrifiée h\a vision nette de Vohjet. C'est, du reste, ce que l'on constatait dans la pratique, alors que l'on ne

Pouvoir ■

Dimensions de l'image

amplifiant

dans le microscope

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savait pas au juste ce que l'on mesurait. La première conséquence de ce fait est que l'observateur infiniment presbyte pour voir nettement le micromètre oculaire le plaçait exactement au foyer principal de l'oculaire. Donc la règle divisée n'était pas en coïncidence avec l'image virtuelle de l'oculaire, qui était à l'infini. Même, si l'on eût placé la règle divisée aii punctum proximum du presbyte assez éloigné pour que l'image de la règle pût être considérée comme se faisant aussi sur la choroïde de l'observateur infiniment presbyte, on voit que l'on pouvait en conclure dès le commencement que toute la théorie des images virtuelles était fausse.

On en aurait trouvé dès l'origine la raison, puisque dans le système oculaire-cristallin il n'y avait pas formation d'images virtuelles, dont on ne devait pas dire un seul mot dans la théorie de la loupe, puisque sans cristallin pas de vision, et que l'addition du cristallin à l'oculaire supprimait les images virtuelles.

Mais en dehors de ce fait, si les auteurs s'étaient occupés du grossissement à l'œil nu, ils auraient, de suite, constaté, comme nous l'avons montré dans l'avant-propos, que la formule du grossissement était précisément celle qu'ils avaient donnée pour la loupe, et rapprochant ce fait des nombres totalement différents que l'on obtient lorsqu'on se place exactement et à la vision distincte de Vohjet vu à travers la loupe et à la vision distincte minima de la règle visée à Vœil nu, ils en auraient conclu que les nombres ainsi obtenus étaient des grossissements apparents qui n'avaient aucun rapport avec le grossissement réelA^ la loupe, grossissement défini, du reste, d'une toute autre manière, soit dans la lunette astronomique, soit dans les loupes à long foyer.

C'est ce que nous avons fait pour la première fois et nous sommes ainsi arrivé à mettre tous les observateurs d'accord et à ne pas rejeter l'emploi de la chambre claire. Nous avons montré que les différents nombres obtenus par les procédés actuels devaient être multipliés par le rapport —, xn

étant la distance de l'objet wn très distinctement au point nodal, A la distance de la règle divisée au même point nodal, et placée à la vision distincte de l'observateur, vision distincte qui varie de o™,5oo à o°,i2o du presbyte au myope. On obtenait ainsi le grossissement réel de la loupe, et les nombres étaient concordants pour différents observateurs s'étant placés dans les meilleures conditions d'observation.

Mais avant d'aborder ce point une dernière critique restait à faire dans la manière dont les auteurs avaient étabh leur formule de grossissement. Nous avons vu qu'ils étaient arrivés à la relation :

Or, ils n'ont pu l'obtenir, comme la figure i o le montre, qu'en supposant pour simplifier l'observateur en 0. Cette simplification était grotesque, car elle supprimait purement et simplement la leniille. Ce que l'on obtenait ainsi c'était le grossissement à Vœil nu. En effet, p' était égal à A, et quant à p, il ne pouvait point être supposé égal à /", pour un observateur accommodé pour voir nettement a la fois à la distance p à travers la loupe et à la distance A à l'œil nu. Donc, les éléments de la loupe n'entraient pas et ne pouvaient entrer dans cette expression du grossissement quand l'observateur était supposé en 0.

Par conséquent, la formule des auteurs donnait le grossissement (trouble) à Vœil nu, mais ni le grossissement apparent (net) de la loupe, ni le grossissement réel. On ne pouvait calculer le grossissement d'une lentille avec des rayons passant par le centre optique de celle-ci sa/z.s- déviation. On voit ce que valait cette prétendue tliéorie de la loupe, dont Tincohérence le disputait à l'absurde.

Ckowit

Fig. Il

Nous avons précédemment étudié le rôle de la loupe comme lentille ramenant sur la choroïde l'image de l'objet qui, à l'œil nu, se ferait au-delà de cet écran, il s'agit maintenant de compléter la figure 6 de manière à montrer la loupe agissant comme verre grossissant. 11 s'agit de différencier son grossissement apparent essentiellement variable avec les observateurs de son grossissement réel qui caractérisera la loupe si les expérimentateurs obtiennent tous sensiblement le même nombre.

La figure 1 1 suppose que l'observateur est infiniment presbyte, c'est-à-

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