Livre !■ Th±oiiie dis HàrBEs
S 1 . Nature des pieds dits primitirs 37
S 1. Mesure et notation des pieds 63
S 3. Modifications des pieds k l'intérieur des mètres. ... 83
S i. Considérations sur l'origine des pieds 96
i 5. Imperfection du système graphique des Arabes.
Moyens d'y remédier et de reconnaître la véritable
mesure des mol! 1 07
S 6. Khytbme et mesure des pieds qui semblent avoir
perdu un temps fort 1 3o
S 7. Des modifications que subissent les pieds à la fin du
vefvpour marquer la pause lii
S 8. Modiiicatiou qui peut survenir au commencement
duven i6â
S g. Ce qu'il faut entendre par pieds primitifa et pieds
dérivés 166
Lithb II. Lu HkiBES et leurs VAniérit 1 68
S 1 . Des mfetres primitifs 168
S 1. DivJMon des mfetrea iGg
S 3. Règles pour la scansion 1 69
S i. Tawîl et ses variétés 171
S 5. Madfd et ses variétés 187
S 6. Basît et ses variétés 19g
S 7. Wâfiret ses variétés ^18
S 8. Kâmil et ses variétés jî6
S 9. UaïadJ et sea variétés 33g
S 10. fWjai et ses variétés lii
S 1 1 . Bamd et ses variétés itg
S II. Holaq&rib et ses variétés iâ6
S i3. MoUdârik et ses variétés s6t
S li. CoDsidéralions surte Sari', le Monsarih, le Khafîf,
le Moijhiri'. le Moqta^bab et leModjtâthUi. . . 368
S i5. Sari' et ses variété» i 175
S 16. Monaarih et se« variétés ]85
S 17. KhaTîf et ses variétés 18g
S I s. Modhâri', MoqU^lhab et Modjiathth 197
S ig. Règles pratiques pour la détermination des treiie
mètres authenlitjues 3oo
LlVnS m. Du HBtTHME DES MOTS EN AHABS 3l8
s I . Rhythme des moU isolés 3 1 8
S 1. Mesure des mots 3l7
S 3. I>e quelque» problèmes de l'accentuation 333
S i. Comment les mot» st réunissent pour former les mètres. Moclifîrtitions d'accentuation et de rbytbme
qui en résultent pour les mots 337
N.OTË
LA METRIQUE ARABE,
M. Stanislas GUYAKD.
Dt^puisla publication de mn théorie, de la métrique arabe (Journal asiatique, mai-juiu, août-septeinbre et octobre 1876), il m'a été donné de vérifier de plusieurs manières les principes que j'y ai formulés. Deux lettrés de Syrie , MM. Dallai et Marrasch , et un docteur en droit du Kaire , M. Mohammed Mounib , avec lesquels j'ai eu l'avantage d'entrer en relations , ont bien voulu déclamer en ma présence des vers arabes de tous les genres, et j'ai pu constater de audita que leur façon de réciter concorde dans le.s moindres détails avec ma notation. En outre, j'ai recueilli un fait nouveau et quelques preuves nouvelles à l'appui de la théorie même. Qu'il me soit J, As, Eïlrnitii" ii. (1877.) 1
permis de Ciirc connaiti-o ici le résultat de ces invesligations.
I^a prciniùre observation que je ferai concerne quelques-uns des pieds finals dont il est question dans le livre t. $ 7, de ma Métrique. Ces pieds, circonstance que j'^orais, sont susceptibles d'une double scansion, l'une déjà notée dans ma Métrique, l'autre au sujet de laquelle je vais m'expliquer.
Le» ihétricienS arabes sont en désactord relativement à certains pieds Dnals, dits apocopes oiUrontfués , qui dérivent des primitifs ijJusbU, ^jJLcU*, (jislU*, fjJuukiUb* et i^XbU. I^s disciples de Klialtl, et ib sont en majorité, admettent que ces pieds finals, qu'ils nomment ^LL* , J«li*, cLL*-» (prononcé jLLjl-*), ^tjLmA (,}Ax«wt] et »U (^U) , se forment des primitifs par siq>pre8sion des sylfabes y) et yïl. Ui mesure de c-es pieds apocopes est facile à obtenir. En leur appliquant les procédés exposés dans ma Métrique, liv. I, S 5 , et en remplaçant par un silence les syllabes yl et fjil disparues , on obtient la notation sui\ ante :
Me: ure riguuivusc. Me :uie : iiii[ lifiei: '.
M^ ) - i lA a I „ I l - □ I
l'ar la MippiusMOU éa tiioleli. Vo}, Jaainal oiùiNfUC. maiiR7fi, 11. iSo; lirasc h pari, |>, 68.
Meure rigoiiri'iisi. Miisure sïmjiiiriéc.
xjn
D'autres tliéoriciens soutiennent que dans ces pieds linals ce n'est nullement la dernière syllabe composée (^ ou les syllabes ^^ qui sont retranchées, mais bim une ou deux des syllabes intermédiaires. Ainsi ce que l'école de Khalil appelle js\Jl*, ils le nomment (jstu', qui viendrait de jjïÂilU par suppression des syllabes je; de même yAifiLU, par suppression de j, engendre le pied final (jJlU et non ^UU; de même, enfin, les formes ^^^[»ju, ^^^JLjuLùm^ et (ji<s\i donnent naissance à (jIUa^, (jiju„^ et (jîU, par suppression de £ , et non pas à ^^U**, ,jjU-fc» et ^^L».
' Cf. Ewald. De meira carminam aiabicnrum 1. As. titrait n° n, (1877.)
De prime uborJ un serait tenté de croire que ce début repose sur une simple querelle de mots. En ell'ct, lu plupart des théoriciens arabes n'hésitent pas à assimiler l'une k l'autre deux formes qui comptent le même nombre de consonnes mues et de consonnes quiescentes setnblablcment disposées'. Dès lors, il semblerait que jUl» et ^U*. Jsll* et (^U«, etc., sont des formes parfaitement équivalentes, et qu'il importe peu, au fond, de les appeler ^^U* ou (^U*, Jislju ou ^JAx4 , et ainsi de suite.
Tel n'est pourtant point le cas. Une loi de la métrique arabe veut que toute consonne quiescente disparue orthograpliiqiiement du miliea d'un pied se tasse représenter dans la forme nouvelle par un silence équivalent^. Par conséquent , dire que^JUsU«, (jJlsLù , jjjiLsUjL* , fjkmiiitm.» et ^jULaLt sont devenus (^U*, ^Ait. ^IliJU, (jJbtewt* et ^lU, c'est dire qu'un sil«nce a pris la place des sylhU>es ^. J» et > des pieds primitifs^; mais dans ce cas, il eM visiUe que
' C'imt ainsi que beaucoup de traîlës de métrique ont conrondii lie* |>ie<U Buisi (liderenls que lix*, qui csl accentué molafa, et ,^Jjt*, qui est acccnlaé/d'iïan. On conimel irait une erreur du même gmre ni'oa dnait, par exemple, qve let iMts allemelHlii âiMVrtiMi clradiiirei el nherselien ttravenart wnt identiques au [»int île vue di> ta prononcSâlion parce qu'ils »ont Identiques pour l'orthographe.
' Voj. ci-dessoui, p, 13.
' Dans la pratique, ce silence est à son tour remplacé par une jirolmigation rfe la voyelle précédente, looles tes fois que ledit sL- Irnce Miit immédiatemcnl une lettre de prolongation I,) ou (f. Ainf i . dani j^ttjL* , m'U' , (^'•'^^^ iH ,J^ . b l'nyeth: II m dédoulile
les formes (jfILi«, fj>^, etc., ne subissent aucun rntranchement réel : ce sont des pieds à deux ictus comme ^^^A^U*, ^^aX^LU, etc., et ils ne ditTèrent de ces pieds primitifs que par une légère modifit^tion dans le rhythme, comme on peut s'en assurer en comparant leurs mesures respectives :
PieJs primilirs. Pieds finaU.
iM^ „ iL '^J olli. „ 11^- '^^ u44i. „|l„„^„| ailA. „IL k,„ t,l«lii> „Jl, „'^J uJUi- „„i:^'^„
I^^Jtix^^ I '^ „ '^ „ [ oAix-»* I L ^ ^ ^
Or Khalil, tout en enseignant que tes pieds finals qu'il nomme ,jU«, JdA«, etc., iionldes formes apocopées de yA**IJU, y+JytU», etc., pur la suppression des syllabes yJ et (Jil, Klialtl, dis-je, paraît se rétracter quand S ajoute que ^Li« et jUJl» sont égaux à yJj**> J^ à tP^ (o" (iT^}' ^*<=- Effectivement ^J^i est un pied i deux ictus (voy. !e tableau ci-dessus) , et yî?** ajustement la même mesure que yJli*. J'en avais conclu , dans le S 7 du livre I de ma Métrique ,
et sa sfconde parlifi vient remplir In fiicnce ihéorique qui devrait iBiir^ feLte voyelle. Dant In bnm ,wLuAd. au contmire, c'est hi«i tin silence qui sépare i>x>.^ de ^.
à la llon•exist^ncc de ceux des pieds apocopes dont je m'ocriipe ici ', et je pensais que leur apocope était purement orthographique.
J'avais ét^ trompé par l'assimilation de ^fl-*-* à (^y»i, de jl* à fj\i, etc.., etc. : elle n'est vraie que pour l'œil. En réalité, ces pieds apocopes existent, MM. DalUI, Marrasch etMoliammed Mounib les cm ploient avec la mesure indiquée plus haut, page 2 et cela dans la majorité des cas, surtout quand ii réciienl les vers; mais quand ils cfennieni sur certaines mélopées traditionnelles des vers contenant les pieds finals susdits, au lieu d'apocoper ces pieds ils les prononcent avec deux ictus et en leur attribuant la mesure notée page 5 , mesure que j'avais adoptéo dans lo S 7 du livre I de ma Métrique. Ainsi se réconcilient les doctrines de Khatil et celles de l'écolf opposée relativement à ces pieds finals.
Je joins un tableau de concordance de ces fonnes A double scansion. Dans le livre II de ma Métrique, on pourra substituer à volonté :
1 " jUU aux formes que j'ai appelées (jIIjU (p^ , ^jJmjL* , jJLmU] et (jltj:-* [jJtj:^*, ^JuÛu.^mju], ainsi qu'au y^jû final du "Tawîl, 3' variété;
3" JslL* à la forme appelée yïtJU (yîi* (jXwU,
' Quant aa\ former apocopéus yi^i, J^. yc. J^, LJ:(* el Ux*. ilpa Ig |)riTicl|>c j'rii ai admin l'f^iUtmce.
3'' j\Jui il la forme yltui ytli>, yJuï 4" ,g A *— « à ta forme ^U«.j« (^^m»*, ^jJU
5" ^U à la fornifi y)ti y^, (jlJii, ^^j
Pour vider cette question , je dois encore rendre compte de la formation probable de ces fonnes apocopécs. Comment expliqntîr que dans certains mètres le môme mot final, i^y**, par exemple, puisse être prononcé tantôt avec deux ictus et tantôt avec un seul ictus ? Je pense que la prononciation à deux ictus est la plus ancienne, parce qu'elle représente l'accentuation normale du mot. Ce n'est, sans doute, que peu ii peu qu'un mot comme fj^y^ a (îni, dans des conditions déterminées, par perdre i'ictus final, et ce phénomène est dû à l'influence des pieds symétriques.
Je développe ma pensée.
Le Tawî! normal, pour prendre un exemple, se compose de deux hémistiches dans lesquels le pied
' Dans les nièlivs oii apparaît la forme Snale ^&(«*) ou l'une ilu »cs variantes, on substituera A volonté le pied apocope ,ji3(wd) , (ItHil la mesure est celle de jjix»* diminnée de la syllabe ^.
' Lors([ue l..'s pieds apocopïs sont employés à la fin du premÙT bêmisticiic , leur silence final se réduit naturellement de la durée d'une brève ou d'une longue , suivant que le premier pied du secouil liémistielie rommence par une brève, pardeui brèves, ou par une longue : dans le premier cas , h silence devient o n ; dans le wcond cas, Il devient o.
fjJusU« altenie avec le pied t^y^- Admetloos à présent qu'un poète ait substitué au dernier fjJLt.eLjL« (l'un Tawil le pied, équivalent pour la mesure, ^Jf-a-t : voilst la sym^ie détruite; là nù l'oreille attend une syllabe faible (le ^de fjJL^ljM)qui trondie sur la syllabe forte pi^cédentc, elle perçoit un son très-prulongé (le^ doublement long de (Jy^) dans Ie4|uel le temps faible , loin de trancher sur le temps fort, se fond en quelque sorte avec lui. De U une seuéatîon d'étrangeté, de rupture d'équilibre, d'où peut naître le besoin de revenir à la symétrie. Or le seul moyen d'y revenir, c'est de faire de la syllabe ff^ de (Jy»i un temps faible, en réduisant la durée de la syllabe ^ : aussitôt la syllabe ^ , privée de son ictus (ous-fort et rsq|»procbée de la syllabe qui porte l'ictus fort , se trouve Jouer le rôle du ^ de ^^,itiJb*. Ainsi se constitue un nouveau pied, diminué de sa syllabe sous-forte, et ^'il convient d'appeler ^IjU puisqu'un silence y remplace le (^ de ^^^JuftljLt. Voilà , j'imagine, comment, dans la déclamation des vers, les pieds tronqués ont iini par se substituer aux anciens pieds finals à deux ictus; car le raisonnement que je viens de faire pour jli* s'applique à tous les autres pieds raccourcis. '
J'arrive aux preuves nouvelles que j'ai recueillies.
Je m'étais attaché à démontrer qu'à l'intérieur du
ve« ' : 1 ° tous les pieds arabes ont deux ictus ; a° que
toute syllabe frappée de l'fchis vaut «ne longue;
3° que toute syllabe faible, c'est-à-dire non frappée
' Voy. livrel.SS 3, 1, 5 .'I 6,
de l'ictus, vaut y, y ou ^ de longue suivant que le temps faible dont elle fait partie contient deux, trois ou quatre syllabes ' ; li' que toute syllabe quiescente supprimée d'un pied dit primitif se fait remplacer par un silence de durée équivalente; 5° que, conséquemment, toutes les modilications des pieds, à l'intérieur du vers, n'altèrent en rien leur rhythme ni leur mesure, qui restent toujours les mêmes pour l'oreille.
Sur tous ces points, la récitation de MM. Dallai, Marrasch et Mounib me donne pleinement raison ; comme je le disais en tctc de ces lignes, elle concorde dans les moindres détails avec mon système. J'ai pu noter directement, d'après la scansion de M. Dallai , un mètre dont je n'avais pas encore traite , parce qu'il est de création relativement récente, le Silâlah uu Robai. En voici la mesure rigoureuse par liémistichc :
;i/.7>j.7i;.j'/.7i;.j'/.:ii
La mesure simplifiée par la suppression des triolets est comme il suit :
Mat...taf..'i..ta..ùta lHot...ltif....'i..lon iios..taf..H..}m —
m „ „~ rTT~n tîtttj
■ Par syllabe cnlciiili'z loule consonne soit mue. soit quiescenle.
Ce mètre difi^re des primitif par l'emplui du pied ^*UÏaJI>i , compromis entre qU****» et ^jaIsLU que ne connurent point les anciens poêles *. Son second pied subit toutes les modifications usuelles de ^JwtiMha, et son dernier pîed, dans le second hémistiche, se comporte comme le f^ i Xm^ final du Sarî' (voy. ma Métrique, livre II, S i5).
Mais indépendamment de cette preuve expérimentale, je puis en produire quelques autres auxquelles je n'avais pas songé tout d'abord. Une des plus frappantes est Urée de cette considération que les théoriciens arabes ont réparti en deux groupes toutes les variations possibles des pieds dits primitifs. On lit dans leurs traités que toute variation d'un pied primitif rentre, soit dans la catégorie du ZihâJ (t>L»^) , soit dans la catégorie de la 'lllah (*1«). Letymologie du premier mot ne nous apprend rien, car elle est inconnue; le sens du second mot, au contraire, est très-instructif: iUs signifie défectaosité. Or quels sont les pieds défectueux ? Précisément ceux de la fin ou du conimeocement du vers lorsqu'ils ont
' Cf. Freyiag. Dariltllung, \t. ili. Preytog af^llu ce mtlruj^ isi«{ el le croit emprunté aux Persan»; il réserve te nom de &L X k un autre mètre dont il parle p. 446. M. Dallai réunil c«s deux genri^s sous li: niéiae nom de âL jLm., el j''ajuute que iliui» le Hiadn de B('hi etl-Jîn Zohaîr. publié par H. Palmer, on trouve des e^ieniplo» duis—ijj de Fre^ftag avec la siucription gLJ^i ysç ^. Oii fit même, p. i56 : ly-j-i-H à,-i-B (,«—11 j-J^ S '■-'■■ H 5-*- a^ Jl»»
Je me réMirv.! d'éluiliic tu clolail lu &I— L- <laiiï un uutic nic-
— M.( Il )^i—
subi une apocope ou une addition de nature it en altërrr sensiblement ]e riiythme '. Par exemple, Iàjl» on f^yû^slu^ pour yAcUiL», A la fin d'un vei-s, y]^ poui'yJyij, au commencement d'un vers, sont des pieds défectueux. C'est, en effet, par la comparaison seide avec les pieds complets du vers qu'on s'aperçoit qu'ils dérivent de yAslu> et de (J^ni. Isolément, lLL«,fjj3teUï« et i^yt peuvent être envisagés comme totalement différents de fjLsUï,* et de (Jiy^.
Les autres variations, au contraire, celles de t'intcrieur du vers*, sont rangées dans la catégorie du Ziliâf et non dans celle de la 'Illah : donc elles ne sont pas considérées par les Arabes comme des défectuosités de nature à modilîcr sensiblement le rhythme des pieds primitifs. Et, précisément, un auteur cité par Freytag {Darstellang , p. yS) déOnit
ainsi le Zihdf : « Tout changement dans le vers
par lequ^ la mesure du vers n'est pas changée. » Étrange et absurde définition en apparence ! [Jn changement qui ne change rien ! C'est pourtant l'expression de la vérité. Que, par exemple, on scande les quatre formes ^IwLûib*, ^liubL*, (jLoL— « et (jXkju
' AusM ne pouiraît-on se guidiT, pour ilétermiiior un niclrc, ni !tur les pieda fioali iiiocopés, qui n'ont au reste d'aulr^ (leslinatitm que lie mkiu marquiT la paus>i, ni sur Ici pieds iiiiliala privés de leur iKvniière sjliabc. pi.iJB <!onl remploi e.tt il*uilli.-urs uicossivoinenl rare, l.c nii^'liv est (Idormin.i par les pîtils inli rmédiaire» seuls, parce ijuc leur rlijllime Dcaljamaiii altcro dans ses caracitres • «.-«nli.-!;.
' Un ni tiwti: le Uld.au il la Tiii du 5 (i du hiiv l" de tua .Ui'-
cumiuc le lunt MM. Dallai, Marra.tcb et Moiuiib, et comme l'indique nia notation : seule, une oreille trèsl'xercée en distinguera les dinercnces, tant ces valiantes paraissent identiques. Mais qu'on les transcrive d'après l'ancien système, dira-t-on que le changfflonent de — v-enu-w-ouen-^u-ouen u u u - soit un changement qui ne change rien i* Et ainsi de suite pour tous les Zihâf. iyA ne saurait (^tre une variante insigmfiaDte de (^yi, qu'à condition que sa si^Ilabc J ait l'ictus sous-fort, dure une longue cl soit suivie d'un silence remplaçant le y de (Jy^; (^^ n'est un Zihâf de ^Uli que parce que sa syllabe • conserve l'ictus fort , vaut une longue, et se fait suivre d'un silence égal à l'i di^ru de (j^ltU, etc.
L'existence des silences compensateurs qui viennent se substituer à toute quiescente supprimée, comme celui qui se produit entre le > et le « de yJL«i en remplacement du l tombé de ^-LcLi, ou dans (jXxLh»*. en remplacement du A de ^IjuLx^ut, cette existence, db-je, est attestée par plusieurs observations. Ayant remarqué ia netteté avec laquelle M. Marrasch indiquait ces silences, et sachant d'autre part qu'il n'est nullement musicien , j'eus la curiosité de provoquer de sa part une explication à ce sujet. Je demandai à M. Marrasch queUe ^fFérence il établissait dans la prononciation entre ^jJuuLjLw— • et <^. Il mp répondit textuellement : «■ Je prononce
bvGoogIc
— f^( 13 )■•*— (j^XÛ»^ exactement comme ^lniiù»,,», mais je t'ai» sentir que le A sÂkinah (quiescent) a été supprimé. » Ce qui signifie, traduit en langage métrique: uSe remplace par un silence la syllabe quiescente disparue. M
Autre preuve tirée d'une particularité de la rime '.
Il y a, disent les théoriciens arabes, cinq sortes de rime. La première, appelée ^ly:^ . est terminée l>ar deux quiescentes consécutives comme dans JxftU.*. La seconde, ytjX*, offre une consonne mue entre les deux dernières quiescente», ex, ; ^^^sIjU. La troisième, •ifjt.yx*, a deux mues entre les deux dernières quiescentes : ^^ ^ ; * ï w - La quatrième, ^Ijiu, a trois mues: j^^Ayl^i. La cinquième, |^l5â«, aurait quatre mues comme dans la succession y^-'-w
0'après les lois de la versification , deux rimes difl'érentes ne peuvent être employées concurremment: une même pièce de vers doit être rintée tout entière en iiMarâdif, en Motaujôtir, en Maladârik ou en MotiJfâmit: c'est-Â-dire que les inots iinals du vers doivent se tenrûner par le même nombre de mues et de quiescentes semblabicment disposées.
Pourtant cette ioi souffre une exception apparente. Dans le flamâxnh (p. i ^S-iyi), on troiwc un morceau dw mètre Radjah oii la rimo MoltiM^ilt (dettA
' Cl', la Rfviie aitiauc du 1 6 juin i K^-r.
murs niti'e doux qtiicseciilcs] altcinc avec la i Motarâkib (trois mues entre deux quiescciites) :
<;t V.C n'est pas lA un fait isolé : dans le dimin de Belià ad-diii Zuliaïi' on en relève un grand nombre d'exemples : le pied ^UÏ»— « y rime avec le pied J^Ltu^ . Que conclure de ceci:* Ou bien qu'il y a là une faute gntssièrc contre la rime, ou bien que, dans le pied IjiiiâJL*, un silence remplissant l'olBce d'une quicsc^nte intervient après ta syllabe mue a, en sorte que la rime devient Motadàrik. Or le commentateur du llamâsaii prend soin de faire observer que, dans l'exemple précité, il ne faut pas voir de contravention aux règles de la rime : la rime Motarâkib , ditil, peut alterner avec la rime Motadàrik. Ainsi, il se produit réellement un -silence entre le ta et le 'i de , (jJlkmIv*. Ceci est confumé d'ailleurs. Le graihmairien arabe Al-Farrâ rejette la rime dite Motakâwis , qui ofirirait quatre mues consécutives, parce que, dit-il, cette rime ne se rencontre que dans le pied i^^àjii^ ^Jl>À*, lequel dérive de fjijJa*, variante de ^^ ' * '■' w '. par ia chute de la quieseente À : donc i^jÂkL* contient une quieseente après Li syllabe si, en
sorte q«e JjXkX* renliv dans la rime Motadûrik {detis mues entre dfiitx quîpscentes').
Une dernière preuve, et des plus péremptoircs , nous est fournie par une anecdote que rapporte M. Barbier de Meynard dans sa charmante notice sur Ibrahim ,Jih de Mdidi-. Cette anecdote nous permet de vérifier d'un seul coup et l'existence des silences compensateurs et la durée qu'il convient d'attribuer aux syllabes fi^appées de l'ictus.
Bien que poëtc et musicien consommé, Ibrahim était loin d'égaler en science le fameux Isbâq. Un jour, Ibràbîm récita devant le khalife Ma'moùn une pièce de vers composée par lui et qui débutait ainsi :
Tout le monde était dans l'extase. Seul, Ishàq avait remarqué une faute de diction. H envoie chez Ibrahim son ami Mohammed. L'émbsaire «amène adroitement la convei^ation sur la musique, complimente le prince (Ibrahim) du succès de son morceaq, et hasarde ensuite timidement cette question : «Tirez-moi d'un doute au sujet du premier hémis-
' Frejlag, DanuHang, p. 3o3. Un corollaire de ce qui précbli'. c'est que la rime Mataiélàh n'eiîsle réâlt^menl que Ava lp« (lea\ mètres Kâml et FFo/fr. Ea effa, ces deui mèlrcs seuls se Unninenl parties pieds olTrapt une série de Irois s\llal>es mur's dont la prcmiëre est inuccentuéc et, par conséquent, ne se Tait suivri: d'ancun sili^nce. Dans UMitaulremèircla rime VolunUit n'est qu'apparfnlç par cllt raison que la première des Irois mues rcfoik t'ictiii' d qu'aussitôt M.rallonge e( cngcmln: à sa suite un silence.
' Jaunwl onalr^BC, mars-avril 1869, p. 339.
Mticlie. De lieux choses l'une, ou vous prononcez Il dhnhabîùû ly*»*^ , avec une voyelle de prolongation , l'et, alors, vous faites un barbarisme en parlant le upaloh dts Nabatéens, ou bien vous prononcez dïiau hahiû , «ans prolongation ni medda , et , dans ce cas , Il vous violez et la mesure et l'accent musical, n Ibrahim comprit d'où partait le coup et traita Isbâq de barbare, «t Le vrai barbare , s'écna Ishàq en apprenant « cela , est celui qui prononce éhahabtoâ (lyc*^) ! »
Ce dilemme posé par Ishàq vient fort à propos nous démontrer que le K=r du mot «maAà, correspondant au J de J^, ne doit être prononcé ni comme une brève, ce qui serait une violation de la mesure, ni comme la longue que représenterait l'orth(^raphe 1^3 dans SyL^A^ — ^Jiyt^ , mais comme une longue de durée intermédiaire. Or si l'on se reporte à ma Métrique, on verra que je note le J accentué de JfMi = o> de (SI4*» par une loagae jaste , suivie d'un silence égal A une brève, tandb que je note le 1^ de ty»ï i AS = ^J de ^jJ^-iki par une longue et demie. Un plus ample commentaire me paraît superflu.
Ce curieux passage renferme encore un enseignement, c'est que les puristf;s seuls faisaient sentir les silences compensateurs, après une consonne mue. La plupart des poètes se laissaient aller è une diction plus négligée et prolongeaient la voyelle accentuée de la durée de ce silence. : ils prononçaient donc
jJ^-JM potir J^, ^VtU ■— « et (j^Lb* pour fjXxiu , jJl^lji* pour J^fLL*, etc.
Je ne terminerai pas cet article sans remplir la promesse que j'ai faite' d'imiter en français^ les principaux mètres arabes. Les spécimens que je vais fournir sont, je l'avoue humblement, de véritables monstres , c'est-à-dire des phrases sans prétention littéraire, dans lesquelles on s'est uniquement attaché à disposer les mots de telle sorte que le lecteur soit contraint d'appuyer sur le» syllabes voulues et, par là, de reproduire à son insu les rhythmes de l'original. J'aurais à ce propos bien des choses à dire sur la prosodie française. Je pourrais montrer qu'elle obéit aux mêmes lois générales qui régissent la prosodie arabe; que ce sont les lois particulières de notre accentuation, non formulées jusqu'à présent, qui nous dirigent lorsque nous lisons des vers; que ces vers ont de véritables pieds , lesquels peuvent être transcrits en notation musicale. Je réserve ces questions pour un travail spécial.
Pour lire d'une façon convenable les spécimens qui suivent, il faudra les déclamer en observant scrupuleusement la ponctuation, car c'est elle qui. avec les tirets, marque les endroits où l'on doit appuyer et lixe, par conséquent, la mesure. Chaque phrase représente un hémistiche.
' JoornaJ aiMlrqiw , avril-nui-juin 1877.1). ^^^- ' Ce» imilnlions, cM-il Iw.win dp le dire, ne sont poinl dw vers sjrllahiquea.
— tf{ 18 )^—
Cotoniiv I Bois! et vous, lacs bleus, et vous, pri-s ! l't I vnllon !
Pare, dil-il, sur l'heure; et toi. reste, aini!
11 dit. et part, leste — et ^i; mais l'autre • — «ttend, iombre — et inornc.
Le loup — le saisit . l'emporte , et le mange , au loin , dans Il a lui. le jour, et déjà, les monts, h ses feuv, scintillent.
KADJAZ.
S'il meurt, je meurs; s'il vit, je vis.
RAVAL.
Seul . hélas I j'ai pu , du flot . braver — la rage.
KAZADJ.
.le pirs. s'il part; je meurs, s'il meurt; je vis, s'il vit. Partw.. dit-il. sur l'heure; et toi, reste, ami!
Partes, dit-il, sur-le-champ; et toi, reste, ami 1
KUAHF.
P.iij, dit ii. sui-le d 10111(1 ; vl toi, rcsle. nmi!
MOTAQÀniD.
Cotcaut! Bois! et vous, pfésl et loi, ciel — dnzur
motadAuik.
Bois ! Colcnu\ ! Chmiips ! Valions ! l'rcs — lianls !
iMrni.uEniii s