IX./J.^I
Fâ...'i...lùn -
il doit en être de même pour les pieds j^^Jui et (j«U ,
-«.( 131 )«— qui sont identiques aux formes grammaticales Juti et jL^li . Ces deux pieds ne diffèrent que par l'élément qui suit la voyelle forte. D'un autre côté, il y a, sans contredit, le même rapport entre f^^*» et ^ileli qu'entre ^j^i et j^^ . La mesure respective de ySJUi et de y321*l» est donc :
Fâ - 'i.. là. .Ion et Fd. ..'!.. là. .Ion
formes parfaitement équivalentes. Enfm , ^^jinoJLÂ est identique au nom d'agent JjcH^ ', et, comme lui, a pour mesure {cf. p. i a5) :
Mos..lâ — '('... ton -
Or, la mesure du primitif (^^ImLui^ est, on le sait :
Mot..lâf..'i..lôn
I Aussi les métriciens arabes appellent-ils i^JLa
Mostà'ilôn et Mostâfilôn ont donc aussi la mèmr mesure'.
En résumé, si les pieds Fà-'ilôn, Fâ-ilàton et ^ostâ-'ilôR ou Moflà-ilôn sont fréquemment substitués aux primitifs Failôn, Faitâion et Mostdfibn, c'est que, par là, on n'introduit aucun changement essentiel dans le vers , ces pieds offrant un rhythme et une mesure équivalents.
J'aborde maintenant la question de la variante J^ et de plusieurs autres variantes dont nous n'avons pas encore parlé.
Ce ne sont pas seulement les mots trilitères des formes Jxi, Ji», Jjù, J**, etc. qui ont l'ictus fort sur la première radicale. Tout mot composé dont les syllabes présentent la même disposition reçoit aussi l'ictus sur sa première syllabe. Ainsi, la conjonction j, isolée, est dépourvue d'ictus, et sa voyelle, conséquemment , brève. Mais que ce ^ vienne à s'attacher, par exemple, à l^ {à elle), aussitôt on obtient un nouveau mot, t^lj, qui se prononce comme s'il était la troisième personne masculine du duel du verbe iOj, c'est-à-dire que l'ictus fort vient frapper le y et contraint sa voyelle à s'allonger. De la sorte, IfJj (mot composé de j, j et ub) s'assimile, pour
' Et, de même que Moslâfilôn, Moslffilia admet deiiï notalions: /| J^J'/.=||et/|/i//•^|,Cf.p.79-
D.D.t.zeab^■G00glc
ie rhythme et la mesure, à yJj«i. Nous avons plusieurs preuves de ce fait: la première est qu'en poésie nous voyons en elTet des composés tels que \^y , \Siy, lil^, et d'autres analogues, f^, ^', etc. personnifier le pied (^i** = yi«Li; la seconde est que ), lorsqu'il précède ^ et ^, amène souvent l'assourdissement des voyelles et - de ces pronoms, ce qui a pour effet de transformer ^îij en^j et ^^^ en ^y> Or, cet assourdissement ne saurait avoir lieu si la conjonction j ne recevait l'ictus devant les mots^ et ^; car on a vu que lorsqu'une voyelle sonore devient sourde au milieu d'un mot , il faut généralement attribuer cet aflaiblissement à la présence d'un ictus dans ia syllabe précédente. Et, réciproquement, si j reçoit dans ce cas l'ictus, ce ne peut être que parce qu'il se trouve alors placé devant deux autres syllabes sonores, comme le i de J*», par exemple. Ce n'est pas tout. Puisque le sentiment rhythmique des Arabes les portait à accentuer fortement toute syllabe sonore qui se trouvait en précéder deux autres, soit dans un mot simple, soit dans un mot composé^, le même fait ne pouvait-il pas se reproduire quand
' On sait que les affiles «-^, La et »S se prononcent (,wj1, ^*a
' Effectiïemeol , dans Jji, Jjii, Jjiii. et dans Li^,f4?, etc., les syllabes fortes >, ;;, ;, { sont placées devant deux autres con-
— 1-[ 134 )^— cette disposition de syllabes avait lieu, non plus dans le même mot, simple ou composé, mais par la rencontre de deux mots dans le vers? Par exemple, dans le premier hémistiche du second vers du Ha~ mâsah :
ij"-~- yûiijt^ ^yoù lut] Iâi
dont la mesure est ,^X*i (^^i«ix^ ^ijii ^^UÏ**', ie mot M>y avec les syllabes Ul de .UJ forme le pied ^V«àx«, et les syllabes suivantes iau 1 nous offrent précisément une succession de trois syllabes sonores, ma, bi, nas, lesquelles constituent, par accidmt, un mot artificiel , tai^ = ^jXy . N'est-il pas vraisemblable que les Arabes traitaient ce mot artificiel d'après les règles de la prononciation des fonnes de leur langue? Le contraire seul pourrait nous étonner, et tout concourt à démontrer 1^ vérité de l'hypothèse que je propose. D'abord, c'est précisément de la même façon que dans les mots composés U^, IàI^, la conjonction 3 prend un ictus : c'est parce que le mot ^ s'est trouvé précéder deux autres syllabes sonores que d'inaccentué il est devenu accentué; c'est parce que dans le mot suivant lli la première syllabe était faible que ce mot s'est attaché à la conjonction ^ . Ensuite, sans sortir de l'hémistiche précité, nous
' ^jlirlsj est le nom technique du pied ^JJjCl* , quand ce dernier, comme ici, est une variante de ^^Xuiul,*. Sur cette variante, conf. page 85.
voyons le mot (^Aà., dont le rbythme est Khôschonôn I ^ u ^^ n I, car i^^ï^ est construit sur le modèle J*»-= Jow, nous voyons ce mot, dis-je, faire pendant au mot artificiel loi**. De plus, si l'on n'admet pas que Aù« a pour rhythme Mà-hinâs [ ^ » ^ r. | , la mesure de fliémistiche est complètement faussée; car les syllabes jJ» étant, dans ce cas, dépourvues d'ictus, un des ictus forts de l'hémisticbe disparaît, ce qui a pour conséquence ultérieure de transformer les ictus forts des pieds qui suivent uH^ en ictus sous-forts et réciproquement, en vertu de eette ici que les temps forte doivent alterner avec les temps sous-forts. En effet, notre hémistiche appartient au mètre Basil; sa transcription régulière est :
Motâfiiiin-Fâr-HVm MostSfiùn - Fs~'iiin- Or supposons que le mot artificiel Mabinaf, qui forme le premier Fâ- ilôn , n'ait point d'ictus sur la syllabe Ma, il est clair que Fâ 'ilOn devient Fa'ilôn, et que nous obtenons le schéma suivant :
Motafiéh Fa'ilùn Mosl^ilôn-Fâ-'ilôndans lequel les trois derniers pieds sont accentués irrégulièrement; Failôn, Mosikfiiôn , Fâ-Uôn , alors qu'ils devraient toujours conserver la forme Fâ-ibn et Moitàfilùn.
— „.[ 136 )^-.— Ajoutons que si dans ce Basit les mots artificiels doivent être assimilés aux formes de la langue, le même fait ne peut manquer de se reproduire dans tout autre mètre. Or c'est justement ce qui a lieu. Partout où une syllabe sonore vient à précéder deux autres syllabes sonores, dont la première est faible, cette syllabe peut recevoir un ictus. Par exemple, dans le Taivîl, î! arrive fréquemment que le pied ^jjû est remplacé par J^ii. ïlst-ce à dire que le pied primitif perd l'ictus sous-fort, qu'au lieu de Famoa'e- Idn , nous avons Faoàlo ? Nullement, Le pied Jyii est nécessairement suivi, dans le Tawil, du pied (jX^fili* ou deçà variante (jUlX*; par conséquent, la syllabe sonore ■ J se trouve placée devant deux autres syllabes sonores li«, dont la première est faible : elle reçoit donc un ictus et Jj** reste identique pour la mesure à t^yù. Il en est ainsi dans tous les autres mètres, où l'on constate toujours que : dès qa'ane syllabe sonore (consonne mue) est suivie de deux autres syllabes de même nalare [deax consonnes mues), ladite syllabe est sasceptible de recevoir un ictus prosodiijue. Il sa£ît pour cela çue la syllabe qui la précède et celle qui la sait soient toutes deax placées dans un temps faible, ou en termes plus généraux, que ladite ^llabe soit précédée et suivie d'un temps faible^. L'importance de cette
' Cela parce qu'un ictus ne peut eiister qu'à condition d'être placé entre deni temps faibles. Il suit de là que si la première de trois syllabes sonores consécutives est précédée immédiatement d'un
— M.( 137 ).c^— remarque n'échappera sans doute à personne, car elle donne la clef de bien des changements apparents que subissent les pieds. Ainsi, dans le Radjaz, le pied i^JjtïlJl^ peut devenir (^^«a^. Nos traités disent en pareil cas que « se change en u <^ u — . Pour nous , considérant que la syllabe sonore X. ^ de ^jl'jtxi est placée devant deux consonnes mues Jle , nous disons qu'elle reçoit un ictus, l'ictus fort, car i'ictuS sous-fort est réservé à la syllabe ^, de sorte que ^Âxxi a pour transcription Moiâ-ilôn et pour notation :
/|/:,/ J-.qi
Mo. .ta — '(...ton —
temps fort, die ne prend pas l'ictus, et néme, coitme on le verra plus lard, le perd si ei\e ea était pourvue. Je donnerai, à la fin du livre II, les règles pratiques au moyen dcs(|uelles on sait quand une t<(1labe brève placée (levant deux autres syllabes mues doit recevoir un ictus prosodique, et quand, au contraire , elle doit rester faible. ' Quand UD mot, comme ,^ijjJ, présente quatre syllabes sonores consécutives [Mo, la, 'i, la), la règle énoncée plus laut ne s'applique, bien entendu, qu'à la seconde de ces syllabes (la), car, en vertu de la règle, la syllabe qui précède l'ictus doit être faible. On ne peut <ionc supposer que la syllabe Mo refoive un ictus prosodique. Cette syllabe est. du reste, suivie non de deux consonnes mues, comme le veut ma règle, mais defroii. Aussi, quand un prétérit tel que û^.qui reçoit l'ictus sur la première syllabe, s'adjoint un pronom afllxe, IjS, par exemple, l'ictus de la première syllabe passe sur la seconde : on prononce dharâ-bahâ et non dkSrabahù.
— ts.( 138 ).« — Motâ-'ilôn est donc ainsi équivalent à Motdfilôn u I -uu^n I qui, lui-même, est l'équivalent de Mostàj'ilun ~ \ -u^^r. | ; cf. page i34,notei. — Dans le TawU et dans le fVâfir, les pieds yA^cU» et (î^îAsUi (pour (î^iiélX*) revêtent parfois les formes Ji^slii, (MXsLij. Mais les syllabçs J et ti n'en sont pas moins traitées comme recevant un ictus , parce que J***li* et uUmi* sont respectivement suivis dans le vers des pieds (jlyw et yiUli», en sorte que les syilabes J et li placées devant deux autres consonnes mues «i etx* offrent une succession de trois syllabes sonores , dont la première est située entre deux temps faibles (le *e de jjXa«IjU et le i de (jJj**; le J* et le i de jjïAeLU). Même observation pour \e Motatfârib , où le pied yJ>** devient souvent J>**; car le J de Jjjti est nécessairement suivi dans ce mètre d'un autre (jîjii ou Jjji», en sorte que iw J forme une succession de trois syllabes sonores dont la première est placée entre deux temps faibles (la seconde partie du^ et le h de ^Jiyi)■ Et la règ^e donnée plus haut ne souflre pas d'exception. Dans aucun des mètres que nous a transmis l'ancienne poésie arabe, nous ne rencontrons les variantes Jy**, Ja^U*, i^Jeli*, et en général les voyelles qui doivent recevoir un ictus prosodique, employées autrement que devant un pied commençant par deux syllabes sonores, dont
«.( 139 )-«— la première faible. Des successions telles que J«£U« ^:i^U, où la syllabe J, qui devrait recevoir un ictus proso(Uque, est placée devant une seule syllabe sonore, et de plus fortement accentuée, de telles successions, dis-je, sont inconnues aux poètes antéislamiques ou contemporains des premiers temps de rislâm. Aussi les voyons-nous figurer exclusivement dans certaines variétés de mètres nouveaux, dont ces poètes ne firent jamais usage (Modhâri, Moqtadhab, Modjlass).
On ne saurait douter un seul instant que ces variétés ne soient tout artificielles. Quelque théoricien mal avisé , Khalil , apparemment , constatant que dans les mètres anciens on pouvait remplacer, par exemple, le pied ^^^IasLù par le pied JasIà*, n'aura pas pris garde aux conditions requises pour que l'emploi en fût légitime, et il l'aura autorisé devant tous les pieds indistinctement. Je reviendrai plus tard sur ce point.
J'ai maintenant épuisé tout ce qui concerne les modiOcations des pieds à l'intérieur du vers. Pour résumer cette discussion, je vais dresser une liste des pieds primîtils , avec les variations qu'ils admettent, après quoi j'examinerai quelques autres modifications qu'on observe à la fin et au commencement des vers. J'adopte pour ce tableau l'ordre dans lequel on a trouvé rangés lespieds primitifs aux pages 83-83. En face de ma notation, je place la transcription usuelle. On pourra juger ainsi de la distance qui sépare de l'ancien système la théorie que je défends.