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VIE DE= ÊTRES MONOPLASTlDMnES
les distinguer absolument dea auljstances du milieu', ce qui nous sera indispensable dans la suiLe, particulièrement dans l'étude de métazoaires,
2" Supposons qu'au lieu de supprimer un des éléments du plaatide, nous supprimions un des éléments (Iii milieu, nécessaire à la vie élémentaire manirestée du plastide; i! peut se présenter deux cas ; cet élément enlevé, aucune réaction ne se produit plus; il y a indifTêrenee chimique, uie/u/en^e; ou bien, des réactions continuent à se produire entre des substances capables de s'attaquer mutuellement ; il y a destruction du plaatide, mort du plastide.
Ces deux cas peuvent être grossièrement comparés aux suivants que j'emprunte à la chimie minérale et dans lesquels je mets en parallèle la production de chlore et la production de substances plastiques dans la vie élémentaire manirestée :
Nous chauffons du chlorure de sodium avec de l'acide sulfurique et du bioxyde de manganèse; nous obtenons un dégagement de chlore (production de chlore, vie élémentaire manifestée).
Supprimons l'acide sulfurique ; nous n'obtenons rien, et notre mélange reste apte à produire du chlore quand nous voudrons ajouter de l'acide sulfurique (indifférence chimique, vie latente).
Ke supprimons pas l'acide sulfurique, mais supprimons le bioxyde de manganèse ; noua obtenons autre chose que du chlore et, au bout de quelque temps notre inélange ne peut plus nous donner de chlore, même si nous ajoutons l'élément tout à l'heure nécessaire (des-
(I) Pour cela il est nécessaire de lie rendre compte de Ui chose Ruinante: les aubslsuces II par exemple ne prennent pas part aux réactions de la vie élémentaire manirestée et cependant, si on (ait une observation quelque temps api-ès le comineneemenl de celle-ci, on voit que les substances K existant déjï dans le milieu, augmentent pendant l'observalioD, mais leur production est indèpendaule de la quantité des mSmes substances qui préeitslait dans le milieu et qui reste inerte nu cours des réicUons, ce qui les distingue des substances plastiques. Voir p. 131.
DEFIKlTraNS i
truction; niorl). Je vais étudier successivement i
Vie élémentaire lateute. — Coi-pora non agunt
■.isohtla.(
Diqu il ne fa : la lettre, il i
e pns prendre ce vieil adage
i fait I
mêdiate-
s de la déshymple que telle iiTiver à l'étal
t prévoir imméi ment que la déshydratation sera une bonne condition de vie latcnttf^t, en effet, cTiacun sait que des miliers d'organismes existent à l'état d'indifférence chimique ' dans les poussières de l'air sec ; les expériences de M. Pasteur l'ont amplement prouvé. Il ne s'ensuit pas, pour cela, que la déshydratation pure et simple d'un plaslide le conduise toujours h la vie latente; dans beaucoup de cas la destruction peut survenir au cours di-atnlion. Nous sommes assurés por amibe peut, dans certaines condilions, ; d'indifférence chimique, puisque nous trouvons cette amibe â l'ëlat de vie élémentaire manifestée dans une infusion faite avec du foin sec et de l'eau stérilisée, et cependant, si nous laissons évaporer rapidement l'eau de la préparation dans laquelle nous l'observons, nous la voyons se détruire définitivement. En croyant nous placer dans le premier des cas énuméréa tout à l'heure {indifférence chimique), nous nous sommes trouvés dans le second (destruction). Il nous est difficile en général, dans l'étal actuel de la science, de déterminer les condilions dans lesquelles, un plastide A passe à l'état de vie latente, mais ces conditions ae trouvent fort souvent réalisées dans la nature comme nous le prouve l'immense quantité de germes répandus dans l'air sec. Nous assistons souvent aussi au passage d'un plastide à l'état d'indifférence chimique dans un milieu aqueux par suite de la disparilion d'une des conditions nécessaires à sa vie élémentaire manifestée, et cette observation prouve que les condiliones nécessaires sont
(1) CïouB verrons un peu plus loin que cette vie élémentaire latente n'est qu'ua cas particulier de la destruction, mais de la destruction extrêmement lente.
VIE DtS fclTRES MOKOrLASïlDAIRES
dilTérentes pour les diverâes espèces de plasiides, car nous voyons lea uues p&fser à l'état de vie latente, pt?ndant que d'autres, daua une même infusion, continuent à manifester leurs réactions ordinaires.
Mort élémentaire. — L'expression vie latente a été créée par des vîtalistes à cause de l'idée préconçue de l'antithèse des expressions «ie et mort. La vie, principe immatériel, se manifeste chez un être vivant; elle manque chez un être mort ; il faut qu'elle existe ù l'état lateiil chez un être qui n'est pas mort et où cependant la vie n'est pasmanifesle.
Soit une spore d'AspergUlm. Nous savons que c'est une spore d'Aspergillus, comme nous savons que l'alcool d'un flacon étiqueté est de l'ulconl ; c'est-à-dire que nous savons quels phénomènes produira cette spore quand nous la mettrons dana du liquide Itaulin. On dît que cette spore est à, l'état de vie latente. Est-ce nécessaire 7 Oui, dira-t-on, car vous pouvez avoir une spore d'Aspergillus qui est morte et qui est également en état d'indifTérence chimique. — Mais alors, ce n'est plus une spure iX' Aspergillus.
Quand j'ai vu cette spore se produire, je l'ai étiquetée I spore d'Aspergillits » ; je suppose en parlant d'elle qu'elle a été depuis lors à l'état d'indifférence chimique et c'est à cette seule condition que je sais ce que c'est. Je puis avoir mis dans un ilacon étiqueté une solution de chlorhydrate de morphine ou de toute autre substance se conservant difficilement en solution aqueuse à l'air ; je veus m'en servir au bout d un an et je constate que ce n'est plus une solution de chlorhydrate de morphine ; c'est que cette substance n'est pas restée h l'état d'indifférence chimique comme je le croyais.
L'expression I spore d'Jsperj7t7/«s»repre'seQte quelque chose de très bien défini pour moi comme l'expressioa » chlorhydrate de morphine ». Je ne sais pas écrire la structure atomique des diverses substances qui constîtnenl la spore d'Aspergillus, mais je sais exactement
npmiTiONS i2!i
quels phénomènes ee pi-Liduii-out quand je la plongerai dans du liquide Rrtulin à une température délcrminée. Si ces phénomènes ne se produisent pas, c'est que je n'ai plus affaire à une spore d'Aspergillus, c'est que mon chlorhydrate de morphine n'est plus du chlorhydrate de morphine.
Je sais hien qu'un grand nombre de réactions peuvent détruire une ou plusieurs des substances de la spore sans en altérer la forme et les caractères optiques ; c'est là une des eauses de l'erreur vilaliste.
Voici deux spores d'Aspergilhts; je laisse la première intacte et je lave l'autre dans nue solution étendue de nitrate d'argent. Au microscope je ne puis pas les distinguer l'une de l'autre; mais, est-ce que je distingue à l'œil un flacon contenant de l'eau d'un Hacon semblable contenant une solution de sel marin ? Je distinguerai l'eau salée de l'eau par ses réactions chimiques ; je distinguerai la spore d'Aspergillus du corps qui lui ressemble en les trempant tous deux dans du liquide Katilin.
Les minéraux ont en général des formes cristallines tellement caractérisées qu'on les reconnaît à l'œil ou au goniomètre sans avoir besoin d'en faire l'analyse chimique, mais il se produit dans certains cas ce que l'on appelle la pseudomorphose d'un cristal déterminé. Un cristal de calcite, par exemple, se trouve enchâssé dans une roche résistante ; la calcite se dissolvant dans une eau chargée d'acide carbonique,' il reste le moule du cristal; que des substances quelconques se déposent ensuite dans ce moule, elles y formeront une masse qui, si la roche extérieure se délite à son tour, aura tous les caractères géométriques d'un cristal de calcite.
Eh bien, nous pouvons dire de la même façon que ce que l'on obtient en lavant au nitrate d'argent une spore d'Aspergillus est la pseudomorphose d'une spore d'Aspergillus.
Considérons dans une goutte d'eau un protozoaire A; ajoutons de l'ammoniaque à l'eau; le protozoaire dis-
VIE DES lîTRES MONOPLASTIDAinES
parait, toutes ses aubslances, modirices, sont dissoutes; il n'est phts question de lui. Ajoutons au contraire de l'acide osniique, le protozoaire est fixé; toutes ses aubatancea, iDOtliQées, sout devenues insolubles et stables sans changer de forme ; il reste dans l'eau, la paeudomorphose de A el non pas A. Le protozoaire A était un ensemble de subatancea chimiques qui n'existe plus.
Dans les deux cas noua disons que le protozoaire eat mort ; la mort d'un plastide est donc la destruction de ce plaslide dans tous les cas. Dans le cas où il reste une pseudomorphose du plastide, il est mauvais de dire que c'est un plastide mort; il n'y a plus de plastide, il y en a une image, une pseudomorphose', mais le plaslide est détruit.
Supposons un corps combustible qui ne perde pas sa forme en brûlant ; la combustion laissera une image de ce corps. Stahl croyait qu'il suffisait d'ajouler du phlogistique à celte image pour reproduire le corps combustible; les vitalisles croient qu'il suffit d'ajouter la vie à la pseudomorphose d'un plaslide pour i'epro> diiire le plastide.
Lavoisier a montré que le résultat de la combustion est plus lourd que le corps combustible. Nous ne pouvons pas peserun plastide dans l'eau, mais il est bien probable que la pseudomorphose d'un plastide obtenu par l'acide osmique par exemple, est d'un poids différent de celui du plaslide. La mort d'un plaslide peut être le résultat d'un triîs grand nombre d'actions chimiques dout les unes se traduisent par une addiliou, les autres par une soustraction de substauce h la masse qui le constituait. La coulinuilé de l'existenca du plastide en tant que masse délimitée dans le millieu ambiant n'est pas interrompue par la mort dans le cas aii les conditions sont telles qu'il s'est produit une pseudomorphose ;
{t)Cetle expression pseudomorphose, cmprunlée à dessein aux sciences physiques, équivaut en définiliïe k l'aspression caduvie qui a l'inconvénienl d'être spéciale aux élres vivants, mais qm est parrailement claire et peut être conservée.
BEF K:ri(lNS 1-27
c'est cette même conlinuitij qui faisaîl noilre la tioLiou Je l'iodiviiiiialité du plastide, qui fait employer l'expression de plastide mort pour désigner le corps qui reste après la mort du plastide quand ce corps ressemble au plastide d'où il provient.
L'adjectif mort ne doit pas s'accoler au substantif plastide, puisque ces deux mots représentent tiens idées iui;onciliable3. Uq eorps ne peut pas à la fois être un plastide et être mort, c'esl-à-dire ne pas être uu plastide. I
f^e mot mo}-t ne s'emploie pas en chimie; on ne dit 1 pas. que du sodium est mort parce qu'au contact du chlore il est devenu du sol. Nous sommes obligés par la laogue courante de l'employer dans la chimie des plasLides, mais il équivaut exactement à l'expression destruction chimique; il est d'ailleurs extrômemenl vague et représente suivant les cas, une infinité de phénomènes différents. Si un plastide ne reste pas à l'état d'indifférence chimique, ou bien les conditions sont celles de sa vie élémentaire manifestée et alors il croît, ou bien elles sont différentes, et alors sa destruction est fatale. La mort d'uji plastide est donc le résultat ' de lottie réaction qu'il subit en dehors des conditions de sa vie élémentaire manifestée.
11 importe de ne laisser aucune obscurité dans cette constatation qui est de la plus grande importance. La vie latente elle-même u'esl probablement jamais l'indifférence chimique absolue. Dans la plupart des cas connus, elle correspond à une destruction très lente des substances plastiques du plastide. Je considère par exemple un lot de spores d'aspergillus dans un flacon bien sec, à l'abri de tous les agents de destruction l'apiile. Tant que la tleatruction d'une au moins des substances plastiques no sera pas complète, j'obtiendrai une germination en semant dans du liquide Haulin quel-
- JQ temps assez lone dans certains cas, immédia-
nt dans d'autres. Voir cliapitre xiv.
Z DES ETRVÇ MftNOPLASTmxînES
S dans le Qacon . Ir flacon
ntien-
qucs spores prélevées Uans le Uacon , li' Uacon contii dra bien encore des spores d'aspergil/ua. Au boul d'un certain lemps, la germination sera devenue impossible, lescorpusculeftconlenusdansle Bacon ne seront plus des spores d'aspergillus, on dira que ces spores sont mortes; pendant tout le temps qui a précédé leur mort elles étaient à l'état de vie latente, c'est-à-dJre de destruction lente.
La mérotomie ne nous a pas permis de nous assurer de la nécessité des p substances plastiques dans la vie élémentaire manifestée: nous savons seulement qu'il faut quelques substances du protoplasma et quelques substances du noyau ; admettons, pour faciliter le langage, et cela est d'ailleurs probable, que les p substances soient indispensables (s'il n'y en a que p — r d'indispensables réellement, on pourra transformer la proposition en l'adaptanl à ces p — r subslances). Nous dirons donc alors d'une manière précise qu'un plastide nsl à l'état de vie latente, tant que, au cours de la destruction très lente dont il est l'objet, aucune de ses p substances essentielles n'est eomplèlement détruite. Dans ces conditions si on lui fournil le milieu de la vie élémentaire manifestée, il sera le siège d'une synthèse assimilatrice qui réparera rapidement les pertes subies pendant la destruction lente et il croîtra en se divisant, tant que les conditions resteront convenables.
La vie latente n'est donc qu'un cas particulier de la dealruclion organique qui en dehors des conditions très spéciales diî la vie élémentaire manifestée mène fatalement le plastide h, la mort ; je conserve néanmoins ce cas de la vie latente comme un cas spécial méritant un nom spécial et j'établis le tableau suivant :
Un plastide peut se trouver dans trois conditions :
Condition n° 1. Vie élémentaire manifeatée ; c'est-àdire, activité chimique dans un milieu où sont réunis tous les éléments nécessaires à l'accomplissement des synthèses que résume l'équation (II),
Condition n" 2. Destruction : c'esUà-dire activité chi-
inique daiw tout milieu autre que celui qui est nécessaire à la vie élémeataire maniresLée. Celle destruction mène falalement â la mort ai les condilions ne changent pas avant que l'uue des substances essentielles du plastide soit complètement détruite ; un mérozoïte sans noyau ' se trouve donc toujours dans la condition n" 2.
Condition n" 3 Vie latente; c'est-à-dire indifféi'encc chimique presque absolue ou destruction très lente; ce , n'est qu'un cas particulier de la condition n" 2. j
Somme toute, ceci étant établi d'une manière précise, on voit que la vie élémentaire manifestée est !e cas particulier, l'exception, et que la destruction menant à la mort est un cas de beaucoup plus général.
Quand nous avons fait réagir sur un plastide une substunee qui le détruit tout en lui conservant sa forme nous ne savons pas, le plus souvent, revenir an corps d'où nous sommes partis, par une opération chimique inverse ; autrement dit, même quand nous savons quelle est la substance dont la réaction sur le plastide a produit la mort de ce plastide, nous sommes incapables de régénérer le plastide par l'opération chimique inverse. Cela n'a cependant pas toujours lieu ; les substance» nommées anestbésiques ont la propriété de contracter avec certaines substances desplaslides des combinaisons ' instables qui, en se dissociant, restituent le plastide avec toutes ses propriétés primitives; nous assistons donc dans ce cas à la genèse d'un plastide issu d'un corps mort ; additionné de chloroforme, un plastide ne peut en effet être considéré comme se trouvant à l'état d'indilTérenee chimique, puisqu'il est dans les conditions de la vie élémentaire manifestée ; or il ne manifeste pas les réactions de la vie élémentaire manifestée, donc ce n'est pas un plastide. J'étudierai les aneslhésiques et les poisons an chapitre de Vlrritabiliié.
(I) Iianii \e c
une groraie, le niérozQïle s I à la gromie nucléée (v. .
n n' 2 à la condition n» 1.
i noyai
l.i() VIE DES ÉTBEH MO\OrLASlin.UriES
J'ai doQDé, dai:s le ehapiLre qui fiait, un certain nombre de déOnitious que l'on pourra accepter ou rejeter; une définition exige une entente puisque c'est une convention. Dans tous les cas, ces définitions sont précises et sont données a posteriori pour relier entre eux des phénomènes dûment constatés et absolument généraux; elles ne s'appuient sur aucune hypothèse, à moins que l'on ne considère comme une hypothèse d'admettre que les lois naturelles sont générdcs et s'appliquent à loua les corps qui existent, indistinctement.
Une telle rigueur de déûnilion est inutile en zoologie ou eu botanique, quand il ne s'agit que de décrire des formes, mais elle est indispensable en biologie, car oa n'a pas le droit de discuter sur des faits d'observation en employant une langue confuse et qui préjuge de la nature des phénomènes à étudier.
Somme toute, la vie élémentaire est la propriété d'avoir une certaine composition chimique, comme la fonction alcool, la fonction aldéhyde; la. vie élémentaire manifestée est unjihén omêne c/ttïîiTjue ■ la des- Triîctfon conduisant à la mort des plastides est an phénomène chimique.
J'ai été, natnrellement et sans hypothèse, amené & considérer tous ces phénomènes comme dépendant du domaine de la chimie. D'aucuns ont vu dans la vie une manifestation physique; or :
La chimie traite des phénomènes qui se passent au contact des corps, en tant que ces phénomènes amènent un changement complet dans la constitution de ces corps.
La physique est l'e'tude des phénomènes qui n'apportent pas de changements permanents dans la nature des corps.
il est certain qu'au cours d'une observation de peu de durée, les manifestations de l'activité d'un plastide à l'Étal de vie éle'menlaire manifestée semblent entrer dans la seconde catégorie parce que l'assimilation cous-