‹ Théorie nouvelle de la vieChapitre 41 sur 73 · L'INDIVIDU MÉTAZOAIRE · texte numérisé non relu

L'INDIVIDU MÉTAZOAIRE

Nous avons étudié, dans la preinière pnrLieJa vie élcmenlaire et ses diverses manifestalinns; nous savons que la vie éléinentaire doit être considérée comme une propriété chimique de certains corps appelés plastides; dans des condiLions déterminées {condition n" 1), celte propriété chimique se traduit par des phénomènes que nous appelons phénomènes de la vie élémentaire manifestée et dont le plus important pour la suite de cette élude est celui de la division plaslidaire ou segmentation.

Dans le cas où le plasUde considéré appartient au groupe des Protozoaires ou des Protophy tes, c'est-à-dire, des êlres monoplastidaires, les deux corps qui résultent d'une bipartition se séparent et poursuiveal isolément dans le milieu leur vie élémentaire manifestée. Mais 1! n'en est pas toujours ainsi ; certaines substances R, provenant de la vie élémentaire manifestée de certains plastides s'accumulent à leur surface en une couche plus ou moins épaisse qui a la propriété de maintenir adhérents l'un à l'autre les produits de la segmentation.

Le premier effet de l'existence de ces substances esl donc qu'il existe, après la première bipartition, une masse formée de deux pla^lidrs séparés, en génériil, quant à leurs substances plastiques, mais soudés par une gangue de nature spéciale. Eb bien, ja suppife que l'espèce considérée soit mobile; chacuD des plastiiies consliluanl celte masse biplastidaire aurait pour son compte, s'il était isolé, im mouvement déterioiilé ; chacun d'eus, uni à son voisin, entraîne son voisin dans son mouvement ; la masse biplaslîdairc totale subit donc un déplacement qui est lii résultante des réactions motrices de deux plaslides qui la constituent, et cette résultante peut être fort différente du mouvement propre qu'aurait eu cbaque plaslide restant isolé.

Chacun des deux plastides accolés est formé des mêmes substances que s'il était seul; il jouit donc pour son compte des mêmes propriétés, mais ces propriétés ne se manifestent plus de la même manière ; le mouvement spécifique de ce plaslide est par exemple remplacé par un mouvement d'ensemble de la masse biplaatidaire dont il fait partie. Ce mouvement d'ensemble est un phénomène de ta vie de l'élre biplaslidaire a. la formation duquel nous venons d'assister.

Il est bien certain que s'il n'y avait pas de résultats plus importants de la soudure de deux ou plusieurs plastîdes en une masse unique, il serait inutile d'employer pour les désigner un terme nouveau, vis, dilTérant csscnliellemenl de celui de vie à!6menlaire appliqué k chaque plaslide isolé ; mais les pliénomêoes d'ensemble croissent en complexité avec ^■|lccroiBsement du nombre des plastides agglomérés et, surfout, la présence autour d'tin plastide donné A de tons les plastides qui l'environnent, modifie, quelquefois très profondément, les conditions de sa vie élémentaire manifusléo comme nous le verrons ultérieurement avec plus de détail-.

Je reviens à l'être biplaslidaire considéré précédemment, comme au cas le plus simple qui permette de

L'iSDlvmU MÉTAZOAIHE

caractériser la vie par rapport à la vie élémenlaire. Je suppose que, pnruQ. procédé (juelconque, nous arriïiona à séparer aatis les léser aucunement les deux plastidea qui le constituent ; la vie éléraenlaipe d&chaque plastide sera conservÉe ; la vie de l'être bipjastidaire sera détruite. Or, qu'est-ce qui aura disparu ? uniquement les phéaomènes d'ensi^mble qui provenaient de la soudure des deox plaslttles; c'est donc uniquement à cea. phénomènes d'ensemble que l'on doit appliquer la déonmination de vie, indépendamment des phénomènes propres k chaque plastide et qui aararent lieu aussi bien s'ils n'élaicol pas rênnis,

11 y a donc ii considérer dans un être polyplastidaire deux sortes de phénomènes : A" les phénomènes de vie élémentaire propres à chacun des plastides qui le constituent, et qui auraient lieu de la même manière en dehors de l'existence de toute agglomération; 2° les phénomènes de vie qui cont les roanifestations d'ensemble, la résultante des activités élémentaires de tous lesplistiiies'et qui comprennent, en outre, les réactions provenant, dans chaque plastide, de Tinlluenee des plasliiies voisina, c'eat-â-dire, les particularités qui caractérisent la dépendance de chaque plastide par rapport à l'ensemble.

A mesure que l'on s'élève dans la série des animaux, on voit décroître l'indépendance de la vie élémentaire des plastides constituant les êtres, pendant que, au contraire, les i>héDomênes de la vie deviennent de plus en plus complexes et de plus en plus remarquables. C'est ainsi que, chez les Vertébrés supérieurs, presque tous les plastides constitutifs tombent dans la condition n" 2 et se détruisent fatalement dès qu'on les sépare de l'ensemble de l'animal ; l'agglomération de plastides appolée

(t) Dans cerlaJQS uas, la lie de tel Sire g>oljr|ilaskiiIaire peu. compliqué rsppella beaacoup par ses mnnireEtations la vie élémentaire tnanirestée de certains protozoaires élevés; teW^ planaire rappelle beaucoup, un apii-imlgmuni par evBDtple ; mais i:'«st fguc les plastides conslituliTs de la planaire sont beaucoup motus compItqDéB qne \a spirostamam eoneidëré comme plastide.

iOi

i POLYPLASTIDAlTiES

cheval par exemple consliLuo un toul indivisible, donU une partie doit presque falalement se détruire ai ellftl est détachije du reste ; le cheval est un indivHu, ai^H sens propre du mot. Dans un cheval, la riV élémentaire des plastiJes dépend de la vie de l'animal ; la mort élè^ mcntaîre suit la mort, fatalement.

Au contraire, tout à la base de l'échelle animale, il y a des agglomérations de plastides dans les(]uclles la vie élémentaire zaa%&vs a une lri;s grande inrlépendance, les éponges par exemple; mais aussi les phûnomcnes delà vie At ces êtres sont très peu importants et se réduisent k presque rien; l'indÎTidualité n'existe pour ainsi dire pas.

Bien plus, il y a même des agglomérations de plastides dans lesquelles l'indépendance de la vie élémenlaire est absolue; il y a bien des manifestations d'ensemble qui constituent la vie de l'agglomération, mais la vie élémentaire manifestée de chaque plastide n'est influencée en rien par celle de son voisin ; chaque plastide reste dans la condition n" 1, quand on le sc'pare de l'ensemble de l'aggloméj'alion ; l'individualité est nulle. Dans ce cas, on est convenu de considérer l'agglomération, non plus comme un être polyplastidaire, mais comme une colonie d'êtres monoplastidaires, protozoaires ou protophytes. La vie d'une telle colonie est bien peu de chose; elle peut être détruite sans que la vie élémentaire de chacun de ses membres en soit atteinte.

£ntre une colonie de protozoaires et un vertébré supérieur il y a un très grand nombre de types intermédiaires dans lesquels la dépendance des plastides constitutifs est Irca variable, mais, d'une manière générale, le caractère de supériorité, l'importance plus grande des phénomènes d'ensemble, des phénomènes de la vie, est corrélative d'une diminution de l'indépendance des plastides de l'agglomération, d'une accentuation de l'individualité.

On conçoit très bien quelle extrême complexité doit résulter de la formation des éli-es polyplastidaires et

ïniîORTR ORS PLASTIDES INCOMPLETS 'ÎOIl

cfimment des différences relativement très faibles et peu apparentes de deux plastides initiaux pourront se traduire au bout d'un très grand nombre de bipartitiona par des divergences énormes, chaque biparlilion se faisant d'une manière qui dépend le plus souvent de toutes les bipartitions précédentes et de l'e'tat de l'agglomération au moment 0(1 elle a lieu. Il nous sérail souvent difficile de distinguer deux œul'squi donneront par leur développement deux êtres polyplastidaires très notablement différents.

Dan» tous les ehapifres qui vont suivre, je m'occuperai surtout de ce qui a trait aux animaux supérieurs nettement individualisés, quoique je doive être quelquefois forcé d'emprunter des comparaisons aux êtres moins élevés en organisation; je ne m'occuperai que fort peu des végétaux, dont les plus élevés mêmes présentent des phénomènes de vie extrêmement peu développés en comparaison de ceux dcj animaux supérieurs, et dont l'individualité est, en conséquence, peu accentuée (boutures).

CnAPlTIlE XVIII THÉORIE DES PLASTIDES INCOMPLETS

Tout mélazoaire dérive d'un plaslide nomme' œuf; nous verrons plus loin d'où dérive lui-même cet œuf; pour le moment, ne nous préoccupons pas de son origine. Comme tout plastide, l'œuFa des caractères spécifiques dus â la natui'e chimique des n substances plastiques qui, mêlées ou non mêlées, entrent dans sa codstitotion, mais en général sa forme elle-même est peu remarquable et, comme je l'ai dit précédemment, il est souvent difficile à un observateur peu expérimenté de

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distinguer les œufs de deux espèces animales très djffcrentes. Il y a néaniDOJDS des csractérea qui permettent de déterminer l'espj^ce d'itii œuf au moyen d'une élude allentive, comme cela a lieu pour toutes les espèces de plastides quelles qu'elles soient, mais ces caractères sont en généra! peu saiilanls.

Il eât certain que si la (Chimie nous permellsît actuellement d'analyser coraplL-lement les protoplasmas, nous pourrions diHerininer rigooreasement les confa par le nombre et la nature de leurs subslaiices plastiques'; mais à défaut de cette connaissance des coTnposiJjons atomiques, nous pouvons caractériser les œufs par leurs propriétés et particnlicremont par celles lue met en Évidence leur vie élémentaire manifestée. Or, la vie élémentaire manifestée de l'œuf se traduit, nous le savons, par une série de bipartitions que l'on appelle sa segmentation; mais cette segmentation donne naissaDce à des agglomérations successives de 2,4,8, etc., 2 "plastides.

J'ai fait remarquer déjà (v. p. 189) que le plan de scission d'un ptastide d'une telle agglomération est déterminé spécifiquement par rapport à l'agglomération dont il fait partie et qu'à chacun des stades successifs caractérisés par un nombre croissant de plastides, correspond une forme spécifique de l'être polyplastidaire correspondant. Or, les divergences qui séparent deux œufs d'espèces différentes, deviennent de plus en plus accentuées à mesure qu'augmente le nombre des bipartitions; l'observation de plus en plus longue de !a vie élémentaire manifestée d'un œuf nous permet donc de caractériser de plus en plus nettement cet œuf.

Pour distinguer nettement deux microbes de formes presque semblables, nous étudions leurs réactions, ou, ce qui est plus exact, les propriétés de leurs substances R; mais, en général, nous pouvons aussi les disliii-

(i) 11 faudrait paul-êlra aussi tenir compte des quatilités relitives de cea substiinccs, dont lo propuriion a peut-être une InQuence considéra Lie sur la morpliugéoie.

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