AVANT-PROPOS
Surpris du peu de place que tient en général la physiologie pathologique dans les traités et les mémoires sur l'aliénation mentale, j'ai voulu, dans ce travail, réagir contre cette tendance. La théorie physiologique de l'hallucination, que j'ai l'intention d'exposer avec tous les développements qu'elle mérite et toutes les preuves qu'elle comporte, est due à M. le D'' Luys. C'est dans les ouvrages de cet éminent physiologiste que je l'ai puisée; car, pour me servir de l'expression de Montucla (1), «je ne suis pas assez épris de la « nouveauté pour être plus flatté du mérite d'en- « fanter un système qui me soit propre, que de « celui d'exposer seulement des vérités qui me « paraissent bien établies. »
Ce travail se divise naturellement en quatre parties : dans la première, après avoir défini l'hallucination, nous ferons l'historique des différentes explications qui, dans la suite des temps, ont été données de ce symptôme; la seconde sera consa-
(1) Histoire des mathématiques, 1. I.
crée à l'étude physiologique de la perception sensorielle, d'où nous déduirons, dans la troisième partie, la théorie physiologique de l'hallucination. Le dernier chapitre, enfin, contiendra toutes les observations anatomo-pathologiques venant à l'appui de la thèse que nous soutenons.
Je ne terminerai pas ce court avant-propos sans exprimer publiquement toute ma sincère reconnaissance à M, le D"" Luys. Les leçons et les conseils, pour ainsi dire journaliers, de ce savant maître, m'ont fait aimer la partie des sciences biologiques qu'il cultive avec tant de succès, et m'ont particulièrement été d'un grand secours dans l'élaboration de ce travail sur les hallucinations.
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