Cf. Brochard Ann. philos. XVI, 15-17; XVII, 19 sq
196. Cf. Zeller II 1*, 123, 130 sq. [Ir. fr. III, 117 sq.]; Brochard Ann. hilos. XVII, p. 23.
sence. On connaît le célèbre passage du Théétète (148 E- 151 D) dans lequel Platon décrit, vraisemblablement non sans liberté, la méthode qu'il attribue à son maître. La recherche de la vérité y est comparée aux douleurs de T enfantement ((I)Sfv£tv) et ces douleurs prouvent que l'Ame est grosse (èYxui;.(i)v). Si en effet Socrate pratique le métier de sa mère, du moins son art a ceci de particulier qu'il accouche non les femmes, mais les hommes et que son examen se rapporte à l'enfantement des âmes (xàç tj;u^àç... TtxTouaaç eTCtoxoxeîv), et non des corps. Il le met en état d'éprouver (PaaavCÇetv) si ce que l'âme d'un jeune homme met au jour (aTcoTfxTet) est quelque chose de faux et de menteur, ou bien un fruit réel; ce dont les sages-femmes sont incapables en ce qui concerne le corps, car elles savent seulement discerner si les femmes sont enceintes ou non (150 AB, 149 C). Il est d'ailleurs luimême incapable d'engendrer; mais auprès de lui les autres éprouvent des douleurs qu'il peut, grâoe à son art, réveiller ou apaiser. Il ne leur apprend rien et c'est en eux-mêmes qu'ils trouvent tout ce qu'ils acquièrent en fait de connaissances : Socrate, avec l'aide du dieu, a su seulement les faire accoucher.
L'analogie des idées et des expressions fait songer naturellement à ce morceau du Banquet dans lequel Platon étudie les conditions générales de l'Amour, soit qu'il s'agisse de l'amour physique ou bien de lamour proprement intellectuel (206 B-207 A). L'Amour est procréation (toxoç) dans la beauté selon le corps et selon l'âme. La raison en est que les hommes sont féconds (xuouœi), d'âme aussi bien que de corps, et, quand l'âge est venu, ont un désir naturel de procréer (TixTstv), ce qui ne peut se faire que dans le beau, lequel est une forme du divin. Or cette fécondité et cette procréation (xuY)(7tç xal Y^vvY)(7tç) sont aussi quelque chose de divin. La beauté est ainsi à l'égard de toute génération en général ElXetôuta, c'est-à-dire la déesse de l'accouchement*®^. Au voisinage de la beauté, l'être fécond sent en quelque sorte se
197. Gf, Théét. 149 BC : "ApttiJit;... àXoxo; oîi<ja t^v Xoxewv erXtjxt.