Théorie rationnelle du mouvement mélodique des sons
La musique comprend diOers éléments, parmi lesquels on distingue notamment le rythme et la mélodie. Nous n’aVons en Vue ici que les mouvements mélodiques, dont nous ferons l’étude synthétique, comme pour faire comprendre la raison des choses qui concernent la musique en général, et pour donner un léger aperçu des moyens que la science peut mettre à la disposition de l’art.
Le mémoire que nous présentons se réfère uniquement aux impressions perçues à l’intérieur même de l’oreille, à l’exclusion des faits extérieurs et notamment des harmoniques. Nous n’utilisons que des sons simples, sans harmoniques, pour bien montrer que la musique peut se passer de leur secours.
Nous montrons comment les sons sont repérés ; nous expliquons comment ils s’attirent et nous donnons le calcul de ces attractions. On constatera qu’il se forme naturellement des groupes de trois sons permettant de caractériser la périodicité d’octaVe, les cadences de quarte ou de quinte et enfin l’état harmonique complet défini par les accords parfaits.
De ces faits découle la notion de direction dans les mouvements mélodiques, direction qui nécessite une coordination sans laquelle on tombe dans l’incohérence.
L’impossibilité d’admettre plusieurs périodes engendrera l’incompatibilité d’où naîtra l’anbarmonie.
Les changements qui se produisent naturellement dans les diüers états harmoniques successifs feront découvrir la notion de tonalité.
Les combinaisons que l’on rencontre amènent des confusions nécessaires entre certains interballes rapprochés. Nos sens ont dû s’adapter à ces combinaisons, aux dépens de la perfection et de l’étendue de nos perceptions. C’est l’origine de la consonnance et de la dissonnance.
Notre trabail ne constitue nullement un traité d'harmonie ou de contrepoint, mais on doit le considérer comme une simple introduction à l'égard de la science musicale. Sans exiger autre chose que des connaissances mathématiques purement élémentaires, il se présente néanmoins sous une forme assez ingrate qui tient à la nature même du sujet, et demande, pour être compris, une attention soutenue. Les résultats obtenus confirment pleinement ce que l’expérience de plusieurs siècles a consacré.