TABLEAU III
Effets que produit le mélange d’une petite quantité de lumière blanche avec une couleur préalablement très assombrie (expériences faites avec les | disques tournants).
Le vermillon, devient
L’orangé, »
Le jaune de chrome, »
Le vert émeraude, »
Le bleu cyané, »
Le bleu de Prusse, »
Le bleu de cobalt, »
L’outremer artificiel, »
Le violet, »
Le pourpre, »
Un assez grand nombre de ces expériences donnent des résultats du même caractère que ceux du tableau II. Cependant cela n’est pas exact pour le jaune de chrome, qui dans le premier cas paraissait plus orangé, tandis que dans le second il est devenu vert olive blanchâtre. Il est évident que dans cette circonstance l’assombrissement de la couleur a fait plus que contrebalancer l’effet du blanc qu’on y a ajouté. Le vert émeraude et le bleu cyané semblent donner un résultat semblable, bien que les phénomènes soient moins marqués. Ainsi l’effet général qu’on obtient en réduisant d’abord d’une manière considérable la luminosité de la couleur, puis en y ajoutant de petites quantités de blanc, est la production de gris tirant sur le bleu ou le violet, ce qui arrive même lorsque la couleur primitive est aussi marquée que le vermillon. Les expériences que résument les deux derniers tableaux montrent comment il se fait qu’il soit presque impossible de produire un beau rouge à l’aide de la lumière polarisée, la teinte étant toujours un peu rosée, c’est-à-dire tendant vers une nuance pourprée.
Pourpre grisâtre terne.
Brun légèrement bleuâtre.
Vert olive grisâtre.
Vert foncé moins bleuâtre.
Gris verdâtre foncé.
Bleu gris foncé.
Bleu gris foncé.
Bleu violet gris foncé.
Violet gris foncé.
Violet gris foncé (moins rouge).
CHANGEMENT DE LUMINOSITÉ
Nous avons déjà fait voir dans les pages qui précèdent que le mélange de la lumière blanche avec une lumière colorée a pour effet de pâlir la couleur et en même temps de la modifier légèrement, comme si nous avions aussi ajouté au mélange une petite quantité de lumière violette. Ce fait nous suggère naturellement l’expérience suivante : Commençons par combiner un disque pourpre et un disque vert en proportions égales, comme l’indique la figure 84, ce qui nous donnera un gris pur. Remplaçons maintenant par du blanc dix parties de pourpre et aussi dix parties de vert (fig. 85) ; aurons-nous encore un gris pur, ou le gris obtenu sera-t-il teinté de violet ? Nous avons fait avec soin plusieurs expériences de ce genre, et chaque fois nous avons
Fig. 84. — Disque pourpre et vert : sa Fig. 85. — Disque pourpre, vert et rotation donne un gris pur. blanc ; sa rotation donne un gris
pur- ,
obtenu un gris identique à celui que donne le mélange par rotation du blanc et du noir. Il est peut-être possible d’expliquer ce fait en disant que le vert et le pourpre se combinent immédiatement pour produire la sensation de gris, et qu’alors l’addition de blanc à ce gris ne peut que le rendre plus pâle, mais ne saurait en aucune façon en altérer la teinte. D’après cela, il semblerait que, lorsqu’on altère une couleur comme nous venons de l’indiquer en y ajoutant du blanc, le temps intervient comme élément nécessaire dans l’action ; il faut que le mélange de blanc et de lumière colorée agisse seul sur l’œil pendant un temps qui ne soit pas trop court, sans quoi ces faits particuliers ne se produiraient pas.
On pourrait supposer qu’en peignant un papier blanc de teintes faibles des différentes couleurs on doit obtenir les mêmes résultats qu’en mélangeant du blanc avec les mêmes couleurs par la méthode des disques tournants. Mais le plus souvent il y a quelque différence