RAIES FIXES ET ESPACES COLORÉS DU SPECTRE
> Rouge.
Orangé rouge.
Orangé.
Jaune orangé.
Jaune.
Jaune vert et Vert jaune.
Vert et Vert bleu
Bleu cyané.
grand’chose, parce qu’il n’occupe en réalité qu’une région très étroite, de sorte qu’il faut beaucoup agrandir le spectre pour obtenir la démonstration certaine de l’existence de cette dernière couleur.
Bien que d’un très bel effet, ces expériences sont en réalité fort grossières : toutes les deux minutes,' le rayon de soleil s’écarte du prisme, et il faut l’y ramener sans cesse ; en outre, les couleurs se fondent entre elles d’une manière si subtile et si embarrassante que toute expérience exacte semble impossible sans une échelle ou quelque point de repère qui permette de les séparer. C’est au spectroscope qu’il faut avoir recours pour sortir d’embarras; sans doute, dans l’origine, il n’a pas été destiné à cet usage, mais néanmoins c’est justement ce qu’il nous faut. Nous ne nous arrêterons pas ici à décrire cet instrument, comme l’a si bien fait M. Lomrnel dans un ouvrage fort connu ; il nous suffit de dire que c’est un instrument commode pour trier, d’après leurs longueurs d’onde, les différentes espèces de lumière qu’il reçoit ; ajoutons qu’il s’acquitte de cette tâche avec bien plus d’exactitude que ne le fait le prisme employé d’après la méthode de Newton.
Et ici nous pouvons profiter d’une découverte singulière faite par Fraunhofer, découverte à laquelle Wollaston était aussi arrivé de son côté par une autre voie, au commencement de ce siècle. Ces physiciens ont constaté que, quand le spectre lumineux que nous venons de décrire est produit par un spectroscope ou par tout appareil équivalent, le spectre n’est pas réellement continu, mais se trouve
Bleu et Violet bleu.
Violet.
Fig. 3. — Raies fixes et espaces colorés du spectre donné par le prisme.
divisé transversalement en un grand nombre de petits espaces. Les lignes de division ont reçu le nom de raies fixes du spectre solaire. Elles n’ont guère d’intérêt pour nous que comme points de repère excellents pour nous guider à travers les espaces vagues occupés par des couleurs mal définies. La figure 3 indique les positions de quelques-unes des raies fixes les plus importantes du spectre. Cette ligure est faite d’après les mesures que j’ai prises sur un prisme de flint-glass, avec l’aide d’un grand spectroscope . ou plutôt d’un spectromètre, admirablement construit par W. Grunow, de New- York. Én même temps, je faisais une série d’observations sur l’étendue des espaces colorés du spectre ; ils sont indiqués sur la figure, et j’en ai donné la mesure exacte dans un des tableaux qui suivent 1. Supposons le spectre divisé en 1000 parties de A en H ; alors le tableau suivant indique les positions des raies fixes :
Raies fixes du spectre