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LE SPECTRE SOLAIRE

tibles, et formeraient une longue série de teintes graduées, mais encore elles auraient une pureté parfaite et . si la lumière était vive, une très grande intensité. Il n’est pas besoin d’insister sur l’avantage qu’il y a à trouver ainsi, dès le début de l’étude des couleurs, une série de teintes présentant ces précieuses qualités.

Or, la lumière blanche se compose d’un mélange d’ondes qui ont toutes les longueurs possibles ; la seule chose dont nous ayons besoin, c’est un instrument qui puisse trier pour nous les différentes espèces de lumière, et les disposer côte à côte en série bien ordonnée. Heureusement, nous trouvons dans le prisme de verre un appareil simple et peu coûteux pour faire l’analyse que nous désirons. Nous pouvons, si nous voulons nous donner un peu de peine, arranger les choses

Fig. 1. — Spectre donné par le prisme.

de manière à répéter la fameuse expérience faite, il y a bien des années, par Newton : il suffit pour cela de laisser entrer un petit rayon de lumière solaire dans une chambre rendue complètement obscure, et de le faire tomber sur le prisme, comme l’indique la figure 1. Il suffit de regarder la trace lumineuse du rayon solaire pour reconnaître que le prisme lui fait subir une déviation considérable ; et, en suivant le rayon dévié, nous verrons qu’au lieu de rester blanc il s’est transformé en une longue bande de couleurs d’une pureté et d’une beauté extrêmes, qui se fondent les unes dans les autres par des gradations insensibles. Si nous recevons cette bande de lumière colorée sur un mur blanc, ou, mieux encore, sur une grande feuille de carte blanche, voici ce que nous pourrons constater sur le passage d’une couleur à l’autre : la bande lumineuse commence

à une extrémité par une teinte cramoisi foncé, qui devient de plus en plus vive en suivant le sens de sa longueur et se change peu à peu en écarlate ; celui-ci passe à l’orangé, qui à son tour devient plus jaunâtre, et arrive à se transformer en vert jaunâtre sans passer sensiblement par le jaune, de sorte qu’au premier abord cette dernière couleur ne semble pas se trouver au milieu des autres. Les espaces jaune orangé et jaune verdâtre sont plus brillants que tous les autres; mais l’accroissement de vivacité est si bien gradué que la différence devient frappante seulement lorsqu’on compare ces deux couleurs avec celles qui s’en trouvent à une distance considérable. A mesure que nous avançons, la tendance vers le vert devient plus marquée, et enfin nous arrivons au vert bien net. Cette couleur aussi est assez vive, et

Fig. 2. — Moyen d’isoler une des couleurs du spectre.

son intensité est aussi grande que celle du rouge ; peu à peu elle se change en bleu verdâtre, qui n’attire pas l’attention au premier abord; ensuite vient le bleu bien net, dont la vivacité et l’éclat sont inférieurs à ceux du vert ; ce bleu se change lentement en un violet peu éclatant, qui clôt la série. Si nous voulons isoler ces couleurs et les examiner séparément, nous pouvons encore suivre l’exemple de Newton, en faisant une petite ouverture étroite dans notre carte, qui servira alors d’écran pour arrêter toutes les couleurs, sauf celle qu’il s’agit d’étudier ; c’est ce que montre la figure 2. Ceci nous permet d’examiner avec plus d’indépendance des parties séparées de notre spectre, et de nous soustraire à l’influence écrasante de quelques-unes des couleurs les plus intenses. Ainsi isolé, le bleu verdâtre devient bien net, et le bleu ressort mieux aussi ; mais le jaune n’y gagne pas

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