DIAGRAMME DE MAXWELL CORRIGÉ PAR ROOD
sorte qu’elles sont nettement définies au triple point de vue de la position angulaire, de l’intensité et de la plus ou moins grande pureté.
Cependant il ne faut pas oublier que la construction de ce diagramme est fondée sur plusieurs hypothèses plus ou moins arbitraires. La première de ces hypothèses, c’est que le vermillon, le vert émeraude et le bleu d’outremer correspondent réellement aux trois couleurs fondamentales. Si nous leur substituons d’autres couleurs, telles que le minium, le vert d’herbe et le violet, nous obtiendrons pour toutes les couleurs que nous introduirons ensuite dans le diagramme des positions angulaires différentes de celles que nous avons trouvées dans Ja figure 103, et aussi des coefficients différents. La seconde hypothèse, celle de l’égalité d’intensité ou de coefficient du vermillon, du vert émeraude et du bleu d’outremer, n’est nullement fondée, car l’intensité du vert émeraude est plus grande que celle du bleu d’outremer. Il en résulte que les coefficients et les distances du blanc central B' ne sont pas comparables sur des rayons différents.
Nous avons reconstruit le même diagramme des couleurs, en y faisant entrer des coefficients qui représentent les véritables luminosités des trois couleurs fondamentales. Ces coefficients ont été déterminés par la méthode décrite au chapitre III. Nous avons, comme notre devancier, pris pour couleurs fondamentales le vermillon, le vert émeraude et le bleu d'outremer artificiel, et nous les avons mis aux trois sommets d’un triangle équilatéral. Si l’on représente par 100 la luminosité du papier blanc, celles de ces trois couleurs sont : vermillon, 26,85; vert émeraude, 48,58; bleu d’outremer, 7,57. Lorsqu’on introduit ces coefficients dans l’équation (1), elle devient :
Vermillon. Vert émeraude. Outremer. Blanc.
ou, en effectuant les opérations,
9,8 verni. + 16,4 vert ém. -|- 2,2 outr. = 28,44 blanc. (6)
L’équation (6) nous a permis de déterminer la position du blanc en ■suivant la méthode décrite plus haut; nous avons trouvé la position indiquée sur la figure 104, à une distance de la ligne RV égale à seulement 13,55 divisions. A l’aide de l’équation (3) nous avons ensuite déterminé le coefficient X du jaune de chrome, ainsi qu’il suit :
(48,58 X 0,125) + (X X 0,269) + (7,57 X 0,606) = 32,4, d’où :
Nous avons alors :
6,072 vert ém. -f- 21,74 jaune chr. + 4,587 outr.
Cette dernière équation permet de déterminer la position du jaune de chrome d’après la méthode indiquée plus haut. La figure 104 représente les positions des mêmes couleurs que la figure 103 ; on remarquera que le blanc s’est rapproché de la ligne RV, et que les positions angulaires des couleurs sont notablement changées. Dans ce nouveau diagramme des couleurs, les coefficients des couleurs situées sur des rayons différents sont comparables entre eux, puisqu’ils représentent
Fig. 104. — Diagramme de Maxwell reconstruit par O. Rood, avec des coefficients exacts.
les luminosités des couleurs rapportées à celle du papier blanc, laquelle est représentée par 100.
Nous avons construit un diagramme d’une autre espèce, dans lequel les couleurs sont disposées tout autrement que dans les précédents.
Idée du nouveau diagramme. — Supposons que l’on prenne une certaine quantité de lumière rouge pure, et qu’on la place sur une circonférence de cercle en R (fig. 105), que l’on mène le diamètre RBY, et qu’au point BV on mette une quantité de lumière bleu vert pur juste suffisante pour neutraliser la lumière rouge ou pour former avec elle un mélange qui produise sur l’œil l’effet du blanc. La position du blanc sera alors au centre du cercle, c’est-à-dire en BI. La lumière rouge et la lumière bleu vert dont on s’est servi