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DIAGRAMME THÉORIQUE DE ROOD

seront considérées comme ayant une intensité égale, bien qu’elles puissent être très-différentes sous le rapport de leurs luminosités réelles; en fait, elles auront Tune par rapport à l’autre des pouvoirs saturants égaux. Nous mettons ensuite au point J de la circonférence une certaine quantité de lumière jaune pur; nous menons le diamètre JB (fig. 105), et en B nous plaçons une quantité de lumière bleue juste suffisante pour neutraliser la lumière jaune, en arrangeant les choses de façon que la lumière jaune et la lumière bleue reproduisent par leur mélange un blanc de même luminosité que celui déjà fourni par le mélange de rouge et de bleu vert. Le jaune et le bleu auront des luminosités très différentes ; mais, comme ils se neutralisent, nous les considérerons comme ayant la même intensité. Chacune des quatre couleurs sera aussi considérée comme ayant la même

intensité, dans le sens que nous venons de donner à ce mot; ou bien encore, au lieu de nous servir du mot intensité, nous pouvons dire que chacune des quatre couleurs- aura le même pouvoir de saturation. Il en sera de même de toutes les autres couleurs que nous placerons sur la circonférence. Pour exécuter cette idée et pour arriver à assigner aux couleurs des positions angulaires convenables, il faut avoir recours à d’autres considérations. Supposons que nous mélangions ensemble le jaune de J et le bleu vert de BY : en variant convenablement les proportions, nous finirons par obtenir un mélange qui, bien qu’il ne soit pas blanc, sera cependant plus pâle ou plus blanchâtre que tous les autres; c’est là un fait bien connu. Pour la construction pratique du diagramme, nous admettons que ce mélange le plus neutre sera obtenu quand toute la masse du jaune en J sera mélangée avec toute la masse du bleu vert en BY; et il est évident que, quand même cette hypothèse ne serait pas rigoureusement vraie, elle se rapprochera d’autant plus de la vérité que la distance angulaire de R à J sera plus petite. Si la distance angulaire entre R et J est une quantité considérable, l’hypothèse pourra être bien ou mal fondée; nous n’avons jusqu’ici aucun moyen de décider ce point. Nous l’admettrons jusqu’à preuve du contraire, et nous mènerons de n, le point le plus neutre, une perpendiculaire à la ligne JBV; cette

Fig. 105.

perpendiculaire passera par le centre du cercle, c’est-à-dire par la position du blanc. De même lorsqu’un autre point quelconque peu éloigné de R sera joint par une ligne droite à BY : là encore, une perpendiculaire menée du point le plus neutre passera par le blanc.

Réalisation du diagramme. — Pour construire ce diagramme, il faut préparer trois disques colorés qui aient une égale intensité dans le sens indiqué plus haut, c’est-à-dire un pouvoir de saturation égal. Il faut aussi que ces disques aient des couleurs qui par leur mélange optique puissent donner de la lumière blanche. Nous avons choisi le minium, un vert d’herbe et le bleu d’outremer artificiel. Nous avons combiné d’abord le disque vert avec le disque bleu, et une assez longue série d’expériences nous a permis de constater que nous obtenions le mélange le plus neutre en mélangeant optiquement des surfaces égales, d’où nous avons conclu, d’après l’hypothèse fondamentale, que les pouvoirs saturants des deux disques étaient égaux. Après plusieurs tentatives, nous avons réussi à établir une égalité semblable entre le disque vert et un autre disque peint en minium légèrement mêlé de noir, La combinaison de ces trois disques nous a alors fourni l’équation suivante :

23,06 minium -f- 42,16 vert -f- 34,76 bleu = 22,1 blanc.

Nous avons donné aux trois couleurs l’unité pour coefficient, puisqu’elles ont des pouvoirs saturants égaux. Nous avons traité les aires relatives des couleurs dans l’équation ci-dessus comme si c’étaient des poids, ce qui nous permettait de déterminer les positions des trois couleurs sur la circonférence d’un cercle dont le blanc occupe le centre. Pour cela, nous avons disposé les trois couleurs à des distances telles l’une de l’autre que le système tout entier fût en équilibre; par exemple, si les poids avaient été égaux la distance angulaire des trois points d’application aurait été de 120°. Les distances angulaires convenables une fois trouvées, les positions du minium assombri, du vert d’herbe et du bleu d’outremer étaient déterminées, et ont pu servir à leur tour à trouver les positions d’autres couleurs par le procédé de mélange que nous avons expliqué plus haut (fig. 106). Les point marqués sur ce diagramme indiquent la couleur ou la nuance par la position angulaire, et la saturation ou l’intensité par la distance plus ou moins grande qui les sépare du blanc. Il est facile de déterminer les quantités relatives de lumière blanche que réfléchissent les couleurs situées sur un rayon donné, puisque la distance du centre mesure la quantité de lumière colorée réfléchie, et que la somme de la lumière colorée et de la lumière blanche réfléchie peut être mesurée par le moyen décrit au chapitre III. Cependant nous n’avons encore aucun moyen de généraliser ce procédé et de l’appliquer aux couleurs situées sur des rayons différents, puisqu’il nous est impossible de reconnaître, par exemple, si notre disque jaune type de J réfléchit la même quantité de lumière blanche que le

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