‹ Théorie scientifique des couleursChapitre 133 sur 218 · GRIS · texte numérisé non relu

GRIS

Fig. 125. — Couleurs qui sont réellement présentées à l’œil dans l’expérience de Ragona Scina.

le carré noir B, ce qui diminue beaucoup l’effet. Mais voici la partie la plus curieuse de cette expérience : si nous choisissons un carré de papier gris de même couleur que le carré gris que l’on voit dans l’appareil disposé comme le représente la figure 124 (à part les effets de contraste), et que nous le mettions au-dessus de la plaque de verre

rouge pale

Fig. 126. — Couleurs qui semblent présentées à l’œil.

et près des deux autres images, la couleur de ce carré ne sera que peu modifiée ou même ne le sera point du tout.

En fait, nous avons maintenant, côte à côte, sur le même fond, deux carrés gris de couleurs réellement identiques; mais l’effet du contraste fait paraître l’un vert bleu, tandis que l’autre est vu sans modification, comme étant simplement un carré de papier gris. Mais, dès que l’observateur reconnaît que ces deux carrés ont réellement la même couleur grise, l’illusion s’évanouit à l’instant, et tous deux

LE CONTRASTE

restent obstinément gris. Il est évident que dans ce cas. comme dans celui des ombres colorées, c’est le jugement qui est en défaut plutôt que les nerfs de la rétine; car, dès que l’occasion s’en présente, le jugement corrige son appréciation et adopte un nouveau point de vue. Dans ce cas comme dans celui des ombres colorées, l’illusion se produit tout à fait à l’insu de l’observateur, et quand même celui-ci serait un physicien exercé, bien au courant de la question et connaissant tous les détails de l’artifice dont on se sert pour produire l’illusion, il pourrait cependant se trouver hors d’état d’y échapper.

Les expériences simples de M. H. Mayer sont moins difficiles à faire que celles que nous venons de décrire, sans être pour cela moins instructives. Posons une petite bande de papier gris sur une feuille de papier vert, comme l’indique la figure 127 ; c’est à peine si

VERT

Page 1