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COULEURS D’INTENSITÉS TRÈS INÉGALES

du cercle supérieur L un faible déplacement la transporte au centre même, c’est-à-dire la fait paraître blanche ; il peut même la transporter au delà du centre, et lui faire prendre l’aspect de la couleur complémentaire. Avec des couleurs de luminosité différente, on observe des effets analogues. Mettons, par exemple, une bande de papier d’un rouge terne sur un fond vermillon : on dirait qu’on a ajouté à la bande une quantité considérable de gris; elle devient plus sombre et presque noirâtre. Une autre bande encore plus foncée et contenant moins de rouge, posée sur le même fond, semble teintée de vert olive; une autre plus foncée, et avec moins de rouge encore, traitée de même, semble d’un noir teinté de bleu; cependant cette dernière bande, posée sur un fond blanc ou comparée avec du noir véritable, est évidemment loin d’être noire. Ainsi le résultat général auquel on arrive en opposant entre elles des couleurs de force notablement inégale, est soit de faire paraître la plus faible plus blanchâtre ou grisâtre, soit de lui donner la teinte complémentaire ; de son côté, la plus forte semble devenir encore plus intense. Si les deux couleurs d’inégale force sont complémentaires, alors chacune d’elles gagne en intensité et parait plus pure, le gain le plus considérable étant du côté de la couleur la plus faible. De là il suit que, si la juxtaposition de couleurs fortes et de couleurs faibles nuit ordinairement à celles-ci ou les altère beaucoup, cependant les couleurs complémentaires présentent une exception qui s’explique d’elle-même.

Lorsque les couleurs pâles ou foncées ne sont pas les compléments de leurs rivales plus intenses ou plus brillantes, elles subissent les changements qu’indique le tableau de la page 211, changements qui sont bien plus marqués pour les couleurs ternes ou pâles. Plus les couleurs sont situées loin l’une de l’autre sur le cercle chromatique, plus elles gagnent en saturation et en beauté; au contraire, quand elles se rapprochent, elles changent de caractère, pâlissent, ou, si elles sont foncées, prennent un aspect noirâtre ou sale. Cela arrive surtout lorsque la couleur brillante offre une surface assez grande et entoure la couleur plus sombre; si l’on renverse ces conditions, l’effet est moins marqué. Par exemple, un rouge un peu terne mis auprès du vermillon né^ paraît plus rouge, mais brun; une teinte orangée terne sur le même fond offre l’aspect d’un brun jaunâtre.

On pourrait conclure de ce qui précède que les couleurs ne peuvent

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