Annalen de Poggendorff, CXXXI, p. o64. Rood
de couleurs représentant le pourpre ou les teintes pourprées. Cette sensation ne peut être produite par une série unique d’ondes lumineuses, quelle qu’en soit la longueur ; il faut, pour la déterminer, l’action combinée des ondes rouges et des violettes, ou encore celle des ondes rouges et des bleues. Les types de toutes les autres teintes possibles se retrouvent dans quelque partie du spectre, et, comme on le verra dans le chapitre suivant, cette remarque s’applique aussi bien à toute la série des bruns et des gris qu’aux couleurs comme le vermillon et l’outremer.
Nous avons vu que le mélange d’ondes longues et d’ondes courtes qui constitue la lumière blanche peut être ramené par un prisme à
Fig. 5. — Recomposition de la lumière blanche.
ses éléments constitutifs : les ondes longues produisent sur nous la sensation à laquelle nous donnons le nom de rouge, et, si nous faisons agir sur notre œil des ondes de plus en plus courtes, nous passons successivement par les sensations nommées orangé, jaune, vert, bleu et violet. D’un autre côté, en combinant ou en mélangeant ces différentes espèces de lumière, nous reproduisons la lumière blanche. II y a bien des manières différentes d’opérer cette recomposition ; une des plus frappantes a été imaginée il y a plusieurs années par M. le professeur Eli Blake. On fait tomber le spectre sur une bande de verre empruntée à un miroir ordinaire, puis on courbe légèrement cette bande avec la main; elle agit alors comme un miroir concave, et peut concentrer tous les rayons colorés sur une feuille de papier disposée à une certaine distance, comme l’indique la figure 5. Le foyer où tous les rayons colorés se réunissent ou se mélangent paraît absolument blanc.