‹ Théorie scientifique des couleursChapitre 16 sur 218 · CHANGEMENTS DE LONGUEUR D’ONDE ET DE TEINTE · texte numérisé non relu

CHANGEMENTS DE LONGUEUR D’ONDE ET DE TEINTE

par rapport à la raie F. tandis que Listing le place du côté du violet par rapport à cette raie. Nous pourrions faire voir encore d’autres différences moins importantes; mais, comme cette discussion ne serait pas à sa place dans un ouvrage tel que celui-ci. nous renvoyons le lecteur au mémoire de Listing pour des détails plus approfondis L

En étudiant un peu le spectre normal de la figure 4, nous allons pouvoir répondre à quelques questions intéressantes. Nous avons déjà vu que tout changement de couleur est accompagné d’un changement dans la longueur des ondes lumineuses qui produisent cette couleur ; par conséquent, si nous partons d’une des extrémités de notre spectre normal, où la couleur est rouge, et la longueur des ondes égale à 7603 dix- millionièmes de millimètre, en diminuant cette longueur nous nous attendons à voir un changement correspondant s’opérer dans la couleur de la lumière : nous pensons que de petits changements de longueur d’onde produisent de petits effets sur la couleur, et de grands changements des effets plus considérables.

Or voici la question qui se présente : des changements égaux de longueur d’onde sont-ils réellement accompagnés d’égales modifications de teinte dans toutes les parties du spectre? Prenons un exemple : lorsque nous partons du jaune orangé, en traversant le jaune pur et le jaune verdâtre pour arriver au cœur de la région vert jaune, nous sommes forcés de raccourcir notre longueur d’onde d’environ 400 de nos unités ; un raccourcissement égal dans d’autres régions du spectre nous fera-t-il passer par autant de changements de teinte ? La réponse à cette question n’est pas tout à fait ce que nous nous croyions en droit de prévoir. Dans une grande partie de la région rouge, un changement de cette espèce ne produit que de faibles effets, et le rouge tend seulement un peu plus ou moins vers l’orangé; de même pour les espaces bleu et violet, où la teinte ne fait que tendre un peu vers le bleu ou vers le violet, suivant le cas. Il semble donc que l’œil soit bien plus sensible aux changements de longueur d’onde dans les régions moyennes du spectre qu’à l’une ou l’autre extrémité. Cette circonstance est, tout au moins, curieuse ; mais, chose plus importante pour nous, c’est un argument puissant contre toute théorie des couleurs qui serait fondée sur des analogies supposées avec la musique. Mais nous reviendrons plus tard sur cette question.

Ni le spectre du prisme ni notre spectre normal ne nous ont donné

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