DÉTERMINATION DE LA TEINTE
avons montré que le spectre présente toutes les teintes possibles, sauf les pourpres, disposées en série régulière, et qu’avec un peu de peine on peut obtenir les pourpres eux-mêmes, en amenant le bleu ou le violet du spectre à se mêler en certaines proportions avec le rouge.
Pour déterminer la teinte, on peut se servir d’un spectroscope
Fig. 10. — Spectroscope automatique de Rutherfurd.
ordinaire à un prisme ; il suffit d’y ajouter un petit appareil qui permette à l’observateur d’isoler à volonté une petite portion quelconque du spectre. On y arrive aisément en ajoutant à l’oculaire de l’instrument un diaphragme percé d’une fente très étroite (voir fig. 9). L'observateur voit alors à la partie supérieure du champ visuel la
CONSTANTES DES COULEURS
couleur spectrale choisie ; à la partie inférieure du champ, l’échelle est visible et permet de déterminer la position exacte de la couleur donnée par le prisme. Au lieu de se servir d’une échelle divisée en parties égales, on a souvent avantage à suivre la méthode indiquée par M. J. -G. Dalton, qui s’en est servi pour déterminer la position de certaines bandes d’absorption. M. Dalton a pris pour échelle une très petite photographie qui indique les positions des raies fixes, et partage d’une manière commode les espaces situés entre elles. La figure 9 montre l’apparence du champ visuel et de l’échelle. Pour plus d’exactitude, on peut se servir du spectroscope automatique à six prismes de Rutherfurd (fig. 10) L Ceux qui étudient les couleurs et qui ont le bonheur de posséder une plaque à réseaux de diffraction, peuvent également s’en servir 1 2. C’est avec un excellent réseau de cette espèce, qu’il tient de M. Rutherfurd, que l’auteur a pu déterminer la troisième constante pour plusieurs disques colorés. La table qui suit donne leurs positions sur un spectre normal divisé en 1000 parties de A en H, ainsi que les longueurs d’onde correspondantes :
Nom de la couleur.
Position sur le
Longueur d’
spectre normal.
on 1
en 10 000 000 '
Vermillon (anglais)..
Minium
Jaune de chrome pâle
Vert émeraude.
Bleu de Prusse
Bleu de cobalt
Outremer (naturel)
Outremer (artificiel)
Même couleur, avec teinte de
violet d’Hoffmann B. B
Nous avons vu que la première constante est relative à la pureté de la couleur, ou indique la quantité relative de lumière blanche qui s’y trouve mêlée.. Cette constante est toujours difficile à déterminer; on arriverait probablement à un résultat en appliquant d’une manière pratique l’idée qu’exprime la figure 6, et pour cela il faudrait faire certaines additions à l’appareil que cette figure représente. Il serait
1. La figure 10 est la reproduction exacte du dessin donné par Rutherfurd de son spectroscope à six prismes {American Journal of Science and Arts , 1865).