LUMIÈRE COLORÉE CONTENUE DANS LA LUMIÈRE BLANCHE
métrique de l’œil est la même pour toutes les couleurs (voir le American Journal of Science and Arts, avril 1877).
Les mesures de Yierordt que nous avons données plus haut, et la détermination que nous avons faite des espaces que les différentes couleurs occupent dans le spectre, nous permettent maintenant de résoudre une question fort intéressante : nous pouvons reconnaître les proportions des différentes couleurs qui entrent dans la composition de la lumière blanche. La quantité de lumière rouge, par exemple, qui se trouve dans le spectre, sera évidemment égale à l’espace que cette lumière y occupe, multiplié par sa luminosité ; de même pour toutes les autres couleurs. Nous avons construit une courbe représentant les résultats de Yierordt, et, en la combinant avec la détermination que nous avons faite de l’étendue des espaces colorés, nous avons obtenu le tableau suivant :
Tableau indiquant les quantités de lumière colorée contenues DANS 1000 PARTIES DE LUMIÈRE SOLAIRE BLANCHE.
Les peintres ont l’habitude de diviser les couleurs en couleurs chaudes et couleurs froides. Or, si nous traçons la ligne de séparation de manière à comprendre parmi les couleurs chaudes le rouge, le rouge orangé, l’orangé, le jaune orangé, le jaune, le jaune verdâtre et le vert jaunâtre, nous trouverons que la luminosité totale des couleurs chaudes contenues dans la lumière blanche est un peu plus de trois fois celle des couleurs froides. Si nous excluons le vert jaunâtre de la liste des couleurs chaudes, le rapport de luminosité ne sera plus que deux environ. Nous nous servirons plus loin de ce tableau.
Peut-être a-t-il semblé étrange que le papier jaune de chrome dont nous avons parlé plus haut réfléchît 80 pour 100 de lu-
Rouge.
Rouge orangé
Orangé
Jaune orangé
Jaune verdâtre
Vert jaunâtre
Vert et vert bleu
Rleu cyané
Bleu »
Outremer et violet bleu Violet
CONSTANTES DES COULEURS
mière (le pouvoir réflecteur du papier blanc étant 100), tandis que le tableau que nous venons de donner indique que la lumière blanche ne contient guère plus de 5 pour 100 de lumière jaune pure. Mais nous ferons voir dans la suite de cet ouvrage que le jaune de chrome réfléchit en réalité non seulement les rayons jaune pur, mais encore les rayons jaune orangé et jaune verdâtre, outre une proportion considérable de lumière rouge, orangée et verte. Le mélange de toutes ces couleurs donne du jaune, comme nous l’expliquerons au chapitre X. La vive luminosité de quelques-uns des autres I papiers colorés s’explique de la même façon.