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LUMIÈRE TRANSMISE PAR UN VERRE COLORÉ

obtenons côte à côte l’analyse de la lumière blanche qui vient directement du nuage, et celle de la lumière qui a traversé le verre couleur rubis. Le résultat est représenté par la figure 16, et nous voyons d’un seul coup d’œil que la solution de toute la question consiste simplement en ceci : le verre rubis peut transmettre les rayons rouges, mais arrête tous les autres ; ces autres rayons, il les absorbe, et c’est pour cela que nous disons qu’il produit sa couleur par absorption. En réalité, les autres rayons sont convertis en chaleur et élèvent très légèrement la température du verre. On peut varier un peu cette expérience sans en changer le résultat ; si nous projetons un spectre solaire sur un écran, comme nous l’avons dit au chapitre II, nous reconnaîtrons, en regardant le spectre à travers le verre rubis, que nous n’en voyons que l’espace rouge, la lumière qui vient des autres espaces colorés ne pouvant pas traverser le verre ; et enfin, en mettant

Fig. 16. — Comparaison entre le spectre de la lumière blanche et celui de la lumière rouge.

notre plaque de verre directement sur les trajets des rayons colorés, nous constaterons qu’elle les arrête tous, sauf ceux qui sont rouges. Ces expériences fondamentales simples prouvent que le verre rubis ne transforme pas la lumière blanche en lumière rouge, mais qu’il arrête certains rayons et les convertit en un genre de force qui ne produit aucun effet sur l’œil ; quant aux rayons qui ne sont pas arrêtés, ils arrivent à l’œil et y produisent la sensation de couleur.

Quand on veut étudier avec plus de soin la lumière colorée que transmet un verre de couleur, il est avantageux de se servir d’un spectroscope à un prisme de flint-glass. Il faut fixer le verre coloré de façon qu’il recouvre la moitié de la fente, et alors nous aurons côte à côte le spectre donné par le verre et celui que donne le prisme, de manière à pouvoir bien les comparer. Dans le second spectre, les raies fixes seront visibles et nous serviront de micromètre naturel

pour dresser un tableau de nos résultats. Toutefois il y a un autre point dont il faut tenir compte. Lorsque nous examinons attentivement le verre rouge au spectroscope, nous reconnaissons non seulement qu’il transmet les rayons rouges d’une manière énergique, mais aussi qu’un peu des rayons orangés, avec des portions encore plus faibles des rayons verts et des rayons bleus, le traversent également. Ainsi nous avons affaire non seulement aux espaces du spectre, mais encore aux intensités relatives des lumières colorées qui remplissent ces espaces. Il est difficile, ou plutôt impossible, de représenter les différentes intensités par des ombres tracées sur le papier ; aussi les physiciens ont-ils adopté une convention qui lève cette difficulté et leur permet d’exprimer les différences de luminosité d’une manière rapide et exacte. II suffit pour cela de tracer une courbe, et de convenir que les distances mesurées de bas en haut en allant vers la

ROUGE JAUNE VERT BLEU VIOLET

Fig. 17. — Spectre indiquant l’étendue et l’intensité de la lumière colorée transmise par le verre rouge. La partie ombrée représente la lumière transmise.

courbe représenteront les différents degrés de luminosité. Nous convenons donc que le rectangle AHON (figure 17) représentera un spectre solaire, avec ses différentes couleurs disposées dans l’ordre voulu, chacune avec sa luminosité naturelle ou normale, et dans ce rectangle nous traçons la courbe que nous fournit le verre rouge (fig. 17). Nous voyons que c’est dans l’espace rouge que cette courbe atteint sa plus grande hauteur ; mais, même dans cet espace, elle ne dépasse guère la moitié de la hauteur du rectangle, ce qui signifie que la luminosité de la lumière rouge transmise n’est que la moitié de celle de la même lumière dans le spectre ; dans l’espace orangé, la courbe baisse rapidement et en formant une pente très raide ; ensuite elle s’étend dans le vert et le bleu, et atteint presque le violet, de manière à indiquer que le verre rouge transmet des quantités très petites de ces différentes espèces de lumière colorée. Gomme la lumi-

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