‹ Théorie scientifique des couleursChapitre 39 sur 218 · VIOLET · texte numérisé non relu

VIOLET

Fig. 18. — La partie ombrée représente la quantité de lumière transmise par un verre orangé.

proportion notable des rayons verts et quelques-uns des rayons bleus. Naturellement, les rayons orangés et jaunes, après leur transmission, composent une teinte jaune orangé, et l’union des rayons verts et des rayons rouges reproduit la même couleur, comme nous le verrons au chapitre X. Par conséquent, la couleur définitive est jaune orangé

ROUGE JAUNE VERT BLEU VIOLET

Fig. 19. — La partie ombrée représente la quantité de lumière transmise par un verre vert.

sans la moindre teinte de rouge ou de vert. Un verre vert nous donne la courbe que représente la figure 19 ; elle indique la transmission d’une grande quantité de lumière verte, ainsi que d’une certaine partie de rouge et de bleu. Un verre bleu montre le bleu cyané affaibli, le bleu d’outremer et le violet très forts ; le vert est très faible, ainsi que le jaune et l’orangé ; le rouge manque presque

entièrement, sauf l’extrême rouge assez faible. Le résultat définitif est naturellement un bleu violet (fig. 20). Un verre pourpre absorbe le milieu du spectre, c’est-à-dire le jaune, le vert et le bleu cyané; le rouge et le violet sont aussi affaiblis, tout en restant bien plus forts que les autres rayons transmis. Nous avons donc pour résultat définitif du rouge, du bleu d’outremer et du violet, qui mélangés donnent du pourpre. Ces expériences démontrent que les couleurs produites par absorption ne sont pas simples comme celles que fournit le prisme, mais sont les résultantes du mélange de plusieurs espèces

ROUGE JAUNE VERT BLEU VIOLET

Fig. 20. — La partie ombrée représente la quantité de lumière transmise par un verre bleu.

différentes de lumière colorée dont l’éclat varie plus ou moins. Pour cette raison, et à cause de la tendance qu’un grand nombre d’espèces de verres colorés ont à absorber en grande partie toutes les sortes de lumières colorées qu’on leur présente, il se trouve que le verre de couleur nous donne une lumière colorée moins pure et moins lumineuse que celle du prisme. Néanmoins ces couleurs sont les plus pures et les plus intenses que nous rencontrions dans la vie ordinaire, et leur éclat et leur saturation les rendent bien supérieures à celles que produisent les matières tinctoriales ou colorantes.

Il faut maintenant dire quelques mots d’une propriété que possèdent probablement toutes les substances qui produisent la couleur par voie d’absorption. Si nous faisons passer de la lumière blanche à travers une seule plaque de verre jaune, les rayons qui arriveront à l’œil seront naturellement colorés en jaune. Ajoutons maintenant une seconde plaque du même verre, et la lumière qui traverse l’ensemble des deux présente une apparence un peu différente : elle est évidemment moins lumineuse, et sa couleur n’est plus tout à fait la même. En employant six ou huit plaques de verre jaune, nous voyons la lumière transmise devenir orangée. Si nous répétons la même

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