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INTENSITÉ DES TROIS COULEURS FONDAMENTALES

ou mélangée soit avec un peu de jaune de chrome, soit avec du bleu de cobalt. Aussi toutes ces nuances de vert ont-elles la teinte la plus puissante, ou, pour parler comme les peintres, la plus écrasante.

La détermination exacte des deux autres couleurs fondamentale^ est une question plus difficile, de sorte que même les partisans de la théorie de Young ne sont pas entièrement d’accord sur ces couleurs : Maxwell prend le bleu d’outremer. Helmholtz et J. -J. Müller prennent le violet pour troisième couleur fondamentale. Ces couleurs fondamentales sont au nombre des plus saturées et des plus intenses que présente le spectre. Auprès d’elles, le bleu du spectre est une teinte faible, à tel point que Rutherfurd dit souvent qu’en comparaison des autres couleurs il paraît d’une teinte araoisée. Le jaune verdâtre aussi est faible; et, comme on le sait, le jaune pur n’existe dans le spectre qu’en très petite quantité et avec une intensité médiocre. Le jaune orangé est aussi beaucoup plus faible que le rouge, et l’orangé ne devient intense qu’en se rapprochant du rouge. De tout cela il résulte très naturellement que, si l’on projette un spectre normal sur une muraille blanche dans une chambre d’où toute lumière n’a pas été soigneusement exclue, on ne distinguera guère que les trois couleurs fondamentales, le rouge, le vert et le violet bleu ; les autres teintes peuvent être discernées avec une certaine difficulté, mais à première vue elles frappent l’observateur qui n’a point de parti pris, comme étant simplement les régions où les trois principales couleurs se mélangent. Parmi les matières colorantes aussi, celles qui représentent les trois couleurs fondamentales sont également celles qui surpassent toutes les autres en intensité et en saturation. Une des couleurs fondamentales, le rouge? est d’un emploi facile pour la peinture et la décoration ; les autres sont plus difficiles â manier, surtout le vert. Cette dernière couleur, même lorsqu’elle est adoucie, est d’un maniement difficile en peinture, et un grand nombre d’artistes l’évitent autant que possible, ou l’admettent dans leurs tableaux seulement à l’état de vert olive de diverses nuances. Lorsque la teinte se rapproche du vert fondamental, et qu’en même temps elle est intense, elle devient à la fois dure et brillante, et tire l’œil d’une manière désagréable.

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