MÉLANGE DU VERT AVEC LES AUTRES COULEURS
L’effet du mélange dans tous ces cas a été de produire des couleurs ! qui étaient, suivant toutes les apparences, aussi pures que les couj leurs correspondantes du spectre lui-même.
En outre, toutes les couleurs du spectre, depuis le violet jusqu’au , vert bleuâtre, donnent des mélanges qui correspondent aux couleurs contenues entre ces limites ; ainsi :
Tableau II.
Le vert bleuâtre et le bleu d’outremer donnent du bleu cyané.
Le vert bleuâtre et le violet donnent du bleu cyané ou du
bleu d’outremer.
Le violet et le bleu cyané donnent du bleu d’outremer.
Dans ces cas aussi, les teintes résultantes ne peuvent se distinguer des couleurs spectrales correspondantes. Jusqu’ici les résultats offrent un caractère simple, et on les retient facilement quand on se rappelle la disposition des couleurs du spectre.
D’un autre côté, le vert, quand on le mélange avec une couleur quelconque du spectre, donne pour résultante une couleur moins saturée ou moins intense, et d’un aspect plus blanchâtre que la teinte spectrale correspondante ; ainsi :
Tableau III.
( Un orangé )
Le vert et le rouge donnent J Un jaune [ un peu blanc.
( Un vert jaunâtre )
Le vert et le jaune donnent Un vert jaunâtre un peu blanc.
Le vert et le bleu cyané donnent. Un vert bleuâtre un peu blanc.
i Un bleu d’outremer \
Le vert et le violet donnent J Un bleu cyané > blanchâtre.
( Un vert bleuâtre )
Le vert jaunâtre et le vert bleuâtre donnent Un vert très blanchâtre.
Müller a déterminé avec soin la position occupée dans le spectre par le vert qui diminue le plus la saturation, et qui par conséquent contribue le plus à produire des teintes pâles ou blanchâtres. Ce vert est situé entre les raies fixe b et F, au tiers de la distance entre b et F mesurée à partir de b. Cette couleur est un vert bleuâtre, et peut être imitée en mélangeant du vert émeraude avec une petite quantité de bleu de cobalt. D’après Müller, comme nous l’avons déjà dit, c’est là le vert fondamental; sa longueur d’onde est de 506,3 dixmillionièmes de millimètre.
DU MÉLANGE DES COULEURS
Après avoir considéré les effets que produit le mélange de couleurs du spectre situées du même côté du vert, et aussi les effets que produit le vert lui-même en mélange, il nous reste à examiner les mélanges des couleurs situées à droite et à gauche du vert ; ainsi :
Tableau IY.
Le rouge et le bleu d’outremer donnent. . .
Le rouge et le bleu cyané donnent
L’orangé et le violet donnent.
Le rouge et le violet donnent
L’orangé et l’outremer donnent
Ces résultats peuvent à première vue ne pas sembler aussi simples et aussi naturels que ceux que nous avons indiqués plus haut ; mais, lorsque nous aurons expliqué la disposition du diagramme des couleurs 1, on verra qu’ils sont rigoureusement analogues à ceux qui précèdent.
Le lecteur s’est sans doute aperçu que les couples de couleurs contenus dans les tableaux précédents ne présentent pas toutes les combinaisons possibles des couleurs spectrales. Mais les cas que nous avons négligés donnent non pas de la lumière colorée, mais bien de la lumière blanche ; ainsi :
Tableau V.
Le rouge et le vert bleuâtre 2 donnent. du blanc.
L’orangé et le bleu cyané donnent du blanc.
Le jaune et l’outremer donnent du blanc.
Le jaune verdâtre et le violet donnent du blanc.
Pour cette raison, ces couleurs ont reçu le nom de couleurs complémentaires, et, comme elles sont fort importantes, nous leur consacrerons un chapitre à part. Le vert n’a pas dans le spectre de couleur complémentaire simple ; son complément est un mélange de rouge et de violet, c’est-à-dire la couleur que l’on nomme pourpre.
On le comprendra facilement, ces expériences nous ont fourni un grand nombre de données précieuses, auxquelles nous n’aurions pas pu arriver en étudiant les mélanges de couleurs sur la palette du
b Voyez le chapitre XIV.