‹ Théorie scientifique des couleursChapitre 65 sur 218 · MÉLANGE DES LUMIÈRES COLORÉES · texte numérisé non relu

MÉLANGE DES LUMIÈRES COLORÉES

avec l’œil dans ce nouvel orangé la présence de lumière rouge ou de lumière vert jaunâtre. Ceci est vrai de tous les mélanges lumineux : jamais l’œil ne peut reconnaître la présence des éléments primitifs. A cet égard,

> Rouge.

On objectera peut-être à toutes ces expériences que la lumière dont nous nous servons n’est pas assez pure ; que notre verre jaune transmet, comme on l’a vu au chapitre VII, non seulement de la lumière jaune, A mais encore de la lumière rouge, de c la lumière orangée et de la lumière E verte, et que les autres verres colorés c ne sont guère mieux partagés sous ce rapport. Aussi, pour obvier à toutes ces objections, les physiciens ont-ils été d contraints de se servir pour leurs expériences des rayons colorés du spectre. Les difficultés que présente l’emploi de cette méthode sont beaucoup plus grandes, mais les résultats ainsi E obtenus sont bien plus précieux.

MM. Helmholtz, Maxwell et J. -J. Millier ont fait de très belles recherches sur cette question. Les résultats aux- F quels ils sont arrivés peuvent se résumer à peu près ainsi : en mélangeant ensemble deux espèces de lumière colorée pure, ils ont généralement obtenu une lumière d’une couleur différente de celles des deux éléments primitifs ; par exemple , le rouge et le vert jaunâtre donnent une teinte g orangée qui ressemble à tous égards à l’orangé pur du spectre ; il est également impossible de découvrir

Orangé rouge.

Orangé.

Jaune orangé.

Jaune.

Jaune vert et Vert jaune.

Vert et Vert bleu

Bleu cyané.

Bleu et Violet bleu.

Violet.

l’œil

pas comme l’oreille; en

Fig. 46. — Raies fixes et espaces colorés du spectre donné par le prisme.

effet , on peut avec de la pratique et sans l’aide d’un instrument décomposer par l’oreille les combinaisons de sons en leurs éléments

DU MÉLANGE DES COULEURS

primitifs, du moins dans une certaine mesure. Les mêmes physiciens ont constaté qu’on peut obtenir la même couleur de plusieurs manières différentes, c’est-à-dire par la combinaison de différents couples de couleurs spectrales. Ainsi le violet et le bleu cyané donnent une teinte d’outremer, mais le violet donne la même couleur quand on le mélange avec du vert bleuâtre ou même avec du vert; dans ce dernier cas, la teinte obtenue est un peu blanchâtre. En mélangeant ensemble certaines couleurs du spectre, on a reconnu qu’on pouvait produire une nouvelle couleur ou sensation de couleur qui n’est pas fournie par le spectre pur lui-même : nous voulons parler du pourpre, ou plutôt de toute la classe des pourpres, qui vont du pourpre violet au pourpre rouge. Ceux-ci résultent du mélange des deux couleurs extrêmes du spectre, le rouge et le violet, en diverses proportions. En outre, le mélange de certaines couleurs du spectre donne de la lumière blanche; c’est ce qui arrive, par exemple, pour le rouge et le vert bleuâtre, et aussi pour le jaune et le bleu d’outremer. Dans ces deux cas, bien que le blanc provienne de sources si différentes, il présente exactement la même apparence à l’œil. Enfin le mélange de trois couleurs du spectre, ou d’un plus grand nombre encore, ne produit pas de nouvelles teintes, mais donne simplement des variétés de celles que l’on peut obtenir avec deux couleurs.

Tel est le caractère général des résultats que l’on obtient en mélangeant ensemble des faisceaux de lumière colorée pure; il nous reste maintenant à donner un peu plus de détails sur cette question si intéressante, et à examiner les lois qui président à la production des teintes résultantes.

Müller, qui travaillait sous la direction de Helmholtz, a constaté que toutes les couleurs du spectre (fig. 46), depuis le rouge jusqu’au vert jaunâtre, donnent par leur mélange des teintes résultantes qui sont toujours identiques à quelques-unes des couleurs situées entre le rouge et le vert jaunâtre ; ainsi :

Tableau ï.

Le rouge et le vert jaunâtre donnent.... de l'orangé ou du jaune U

Le rouge et le jaune donnent de l’orangé.

L’orangé et le vert jaunâtre donnent.... du jaune.

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