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MÉLANGE PAR ROTATION ET SUR LA PALETTE

On remarquera que dans un seul cas les résultats des deux méthodes sont les mêmes ; dans tous les autres, les teintes de la palette sont non seulement beaucoup plus foncées, mais encore différentes. Nous avons ensuite réduit les huit cas ci-dessus en équations de couleurs, en suivant exactement la méthode que nous venons d’indiquer pour le vermillon et le bleu d’outremer ; et comme ces équations présentent les faits d’une manière exacte en montrant combien de noir il a fallu ajouter, et dans quelle mesure il a fallu faire varier les proportions des deux couleurs composantes, nous les donnons ici :

Mélange sur la palette. Mélange par rotation.

50 violet + 50 vert de Hooker....

50 violet + 50 gomme-gutte

50 violet + 50 vert.

50 violet + 50 bleu de Prusse

50 violet + 50 carmin

50 gomme-gutte + 50 bleu de Prusse

50 vermillon + 50 outremer

50 vert de Hooker + 50 carmin..

50 carmin + 50 vert..

j 21 violet + 22,5 vert de Hooker ( 4- 4 vermillon + 52,5 noir.

54 violet + 20 gomme-gutte + 26 noir.

= 50 violet +18 vert + 32 noir.

( 47 violet + 49 bleu de Prusse

/ +4 noir.

36 violet + 37 carmin + 8 outremer + 19 noir.

12 jaune (gomme-gutte) +42 bleu de Prusse + 41 vert + 4 noir.

| 21 vermillon + 20 outremer

j +51 noir + 9 blanc.

(23,5 vert jaune (vert de Hooker) + 8 carmin + 52 vermillon + 16 noir.

= 50 carmin + 24 vert + 26 noir.

On remarquera que la quantité de noir qu’il a fallu introduire, afin d’assombrir le véritable mélange des couleurs pour le rendre pareil au mélange des matières colorantes , est très variable, puisqu’elle va de quatre à cinquante-deux pour cent. C’est pour cela que les peintres font tant attention au choix des matières colorantes quand ils veulent produire des tons bien définis, surtout si ces tons doivent être lumineux. Dans quatre de ces expériences, nous n’avons pu arriver à l’égalité qu’en ajoutant une troisième couleur aux deux éléments primitifs; dans un cas, il a fallu ajouter du blanc; ainsi, dans plus de la moitié des cas étudiés, les couleurs primitives n’ont pu reproduire par un vrai mélange la teinte obtenue sur la palette, sans faire intervenir un élément étranger. Ces expériences servent donc à prouver que nous ne devons pas compter sur les résultats fournis par la palette pour nous guider dans l’interprétation ou dans

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l’étude des effets naturels qui dépendent du mélange de lumières colorées.

Nous allons maintenant considérer les résultats que l’on obtient en exposant une surface colorée à l’action simultanée de lumière colorée et de lumière blanche. Les effets de ce genre ne sont pas rares dans la nature, et les peintres les choisissent souvent tout exprès pour sujets de tableaux; à un degré moins marqué, ils existent toujours dans une certaine mesure, même lorsque nous cherchons à les éviter. Avec ce que nous savons maintenant, nous pouvons reconnaître que dans les cas de ce genre la teinte résultante de la surface dépendra de trois circonstances : d’abord, de la couleur que prend la surface sous Faction de la lumière blanche, c’est-à-dire de sa couleur naturelle ou « locale », pour parler le langage des peintres; en second lieu, de la couleur qui lui est communiquée par la portion de la lumière colorée qui se réfléchit sans altération sur la surface ; enfin, en troisième lieu, il faut tenir compte des effets produits par la lumière colorée qui pénètre plus loin que la surface, et qui est réfléchie après avoir subi un certain degré d’absorption. Il est as^ez facile de faire sur ce point des expériences satisfaisantes à l’aide d’un appareil fort simple que nous avons imaginé. A environ trois mètres d’une fenêtre, on place sur une table une lentille dont la distance focale est d’à peu près 126 millimètres, de façon qu’elle concentre la lumière blanche qui vient de la fenêtre. Devant la lentille on tient une plaque de verre coloré, et il en résulte que l’on obtient un rayon brillant de lumière colorée, que l’on peut projeter sur une surface colorée quelconque, un papier colorié, par exemple (fig. 62). Si les murs de la chambre sont blancs, le papier sera en même temps exposé à l’action de la lumière blanche; et, en le détournant ou en l’éloignant de la lentille, on pourra faire varier à son gré les proportions des deux lumières. Nous allons donner les détails de deux expériences que nous avons faites avec cet appareil. Nous nous sommes procuré de la lumière jaune au moyen d’une plaque de verre qui donnait par transmission une lumière d’une teinte jaune pure, sans aucune tendance au jaune orangé ou au jaune verdâtre. A ce rayon de lumière nous avons exposé un morceau de papier coloré en bleu foncé intense au moyen d’outremer artificiel. La partie éclairée par la lumière jaune a paru presque blanche , ce qui montre qu’un véritable mélange des couleurs avait eu lieu. Tout le monde sait qu’il est difficile de déterminer la couleur véritable d’un point qui est

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