APPAREIL DE ROOD
entouré d’un espace coloré; aussi, pour ne pas être trompé par le contraste, est-il bon, dans ces expériences, de regarder le point qui a reçu les deux lumières à travers une ouverture découpée dans du papier noir, en tenant ce papier de manière à ne voir que le point en question. Nous avons pris cette précaution dans le cas dont il s’agit, ainsi que dans toutes les expériences que nous exposons plus loin. Nous avons alors enlevé le papier d’outremer, et nous l’avons remplacé par un autre que nous avions peint en bleu de Prusse. Le point nous a semblé alors vert brillant, ce qui prouve qu’il s’était produit une action semblable à celle que détermine le mélange de deux cou-
Fig. 62. — La lumière blanche qui vient d’une fenêtre tombe sur un verre de couleur placé en G, et est ensuite concentrée par la lentille sur une feuille de papier blanc située en P.
leurs sur une palette. Voici comment ces faits s’expliquent : Le verre jaune transmet de la lumière jaune, de la lumière verte, de l’orangée et de la rouge; et, comme nous l’avons fait voir dans le chapitre précédent, ces diverses lumières réunies donnent une lumière qui nous semble jaune. La portion de cette lumière jaune composée qui pénètre dans le bleu de Prusse subit une absorption; toutefois l’élément vert n’est pas absorbé, et par conséquent le papier le réfléchit assez abondamment. Mais un peu de la lumière jaune est réfléchi sans altération à la surface externe du papier; cette lumière se mêle avec la lumière bleue (qui est due à l’éclairage par la
DU MÉLANGE DES COULEURS
lumière blanche) et donne du blanc; de sorte que ce que nous avons en définitive, c’est du vert plus ou moins mélangé de blanc. Dans l’expérience où nous nous sommes servi de papier d’outremer, sans doute il y a eu une certaine absorption, mais elle n’a pas été suffisante pour modifier beaucoup le résultat; la lumière bleue et la lumière jaune se sont simplement unies et ont formé de la lumière blanche. Nous donnons plus bas, sous forme de tableaux, une longue série d’expériences que nous avons faites dernièrement ; l’examen de ces tableaux prouve qu’en général la teinte résultante dépend plutôt d’un véritable mélange de lumières colorées, et que l’absorption n’intervient que d’une manière secondaire pour modifier les résultats :
Tableau I.
Une lumière jaune tombant sur un papier teinté de
Carmin,
donne
Vermillon,
Orangé
Jaune de chrome,
Gomme-gutte,
Vert jaunâtre 1 2,
Vert 3,
Vert bleu 4,
Bleu cyané 5,
Bleu de Prusse,
Bleu d’outremer,
Violet 6,
Violet pourpre 7,
Pourpre 8,
Noir 9,
Tableau II.
■Une lumière rouge tombant sur un papier teinté de
Carmin, donne Du rouge.
Vermillon, » Du rouge brillant.