VALEUR DES COMPARAISONS PHOTOMÉTRIQUES
sensation du blanc avec un peu de vert et un peu plus de violet. Or , comme nous l’avons déjà vu au chapitre IX , le mélange des sensations de vert et de violet donne celle de bleu, de sorte qu’en définitive nous avons un mélange de la sensation du blanc pur avec celle du bleu, c’est-à-dire un blanc bleuâtre. Si nous examinons de même la ligne DVVeR, nous y trouverons l’inverse des conditions que nous venons de décrire : elle représente la sensation de blanc pur mêlé à un léger excès de vert et à un peu plus de rouge ; comme le mélange du vert et du rouge donne du jaune, le résultat définitif dans ce cas sera du blanc mêlé de jaune , c’est-à-dire un blanc jaunâtre. La même figure représente aussi d’une manière symbolique le fait de la plus grande luminosité des surfaces rouges sous l’action d’une lumière brillante, et des surfaces violettes sous Faction d’une lumière faible. Elle peut servir encore à expliquer les changements que subit une couleur pure quand on la rend très brillante ou très pâle, d’après la méthode indiquée au commencement de ce chapitre.
Nous avons examiné jusqu’ici avec assez de détails les changements relatifs de luminosité que subissent les surfaces colorées selon qu’on les expose à une lumière vive ou à une lumière faible ; mais, avant de quitter cette partie de notre sujet, il n’est pas hors de propos de faire remarquer que toutes les comparaisons entre les luminosités de surfaces de couleurs différentes sont sans valeur en tant qu’expressions de faits objectifs. Un exemple nous fera mieux comprendre. Supposons qu’en comparant avec les yeux deux surfaces blanches ou deux surfaces rouges nous les trouvions également lumineuses ; ce ne sera pas seulement un fait pour ce qui regarde l’œil, ce sera encore un fait réellement objectif, fait également vrai dans un sens mécanique, de sorte que, si nous transformons en chaleur nos deux faisceaux de lumière blanche ou de lumière rouge, nous obtiendrons des quantités de chaleur égales. Mais si nous prenons deux surfaces de couleurs différentes, l’une rouge et l’autre bleue, par exemple, en les rendant également lumineuses, également puissantes au point de vue de leur action sur l’œil , et qu’ensuite nous transformions en chaleur la lumière qu’elles réfléchissent, un appareil thermométrique délicat nous indiquera promptement que dans les deux cas les forces ne sont pas égales. En effet, Melloni a constaté que le maximum d’effet calorifique est produit par les rayons ultra-rouges, qui sont tout à fait invisibles à l’œil ; au point de vue
CHANGEMENT DE LUMINOSITÉ
objectif, c’est là que se trouve la plus grande force, mais avec des ondes trop longues pour produire aucun effet sur l’œil. De là il suit évidemment que l’intensité de nos sensations visuelles dépend à la fois de la force (hauteur ou amplitude) des ondes lumineuses et de leur longueur ; les effets les plus énergiques sont produits par la lumière jaune, qui affecte à la fois les nerfs du rouge et ceux du vert. Mais, bien que les comparaisons photométriques entre les surfaces de couleurs différentes n’aient aucune valeur objective, cependant elles peuvent être souvent très précieuses, ou même réellement indispensables dans nos recherches, si nous voulons leur donner un caractère quantitatif.
Après avoir ainsi considéré les changements que subit une couleur que l’on rend très lumineuse ou très faible, nous allons étudier les effets que l’on obtient en y mêlant du blanc. Le résultat général peut