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LE GRIS PUR EST UN PEU BLEUATRE

lumière, nous disons que c’est du Liane ; nous obscurcissons alors d’une façon notable notre lumière solaire, et nous en faisons le type d’un blanc faible et peu lumineux ; nous lui donnons le nom de blanc obscurci ou de gris pur, et nous trouvons que notre mélange obscurci de bleu et de jaune reproduit encore parfaitement ce gris. Mais, selon Helmholtz, ce gris pur est en réalité un peu bleuâtre, et c’est à cause de cela qu’il peut encore s’appareiller avec le mélange de bleu et de jaune obscurcis, lesquels sont aussi réellement bleuâtres. Quant à nous, nous avons toujours trouvé le gris pur un peu bleuâtre par rapport au blanc pur, et l’expérience suivante semble prouver qu’il en est réellement ainsi : produisons un gris pur à l’aide d’un disque tournant, en mélangeant cinquante parties de blanc avec même quantité de noir ; si nous mettons ce disque composé sur le même axe qu’un

Fig. 78. — Petit disque blanc et noir, arrangé de manière à donner du gris par rotation. Ce gris semble plus bleuâtre que le plus grand disque blanc : on mêle alors à celui-ci 17 pour cent d’un disque indigo.

disque blanc, lorsque l’appareil entrera en rotation, la partie grise semblera légèrement plus bleuâtre que la partie blanche. Pour que le disque blanc prenne la teinte — je ne dis pas la luminosité — du disque gris, il faut combiner avec le premier un disque peint en indigo assez foncé, et disposé comme l’indique la figure 78. Lorsque nous avons fait cette expérience, un aide disposait les disques et mesurait les quantités, tandis que nous disions simplement d’augmenter ou de diminuer la proportion du bleu, jusqu’à ce que le résultat nous parût satisfaisant ; ce n’est qu’à la fin de l’expérience que nous avons connu les résultats numériques. Voici les quantités pour cent de bleu ajoutées dans neuf expériences consécutives : 17, 20, 18, 16, 13, 14, 21, 19, 16; moyenne, 17. Ainsi, d’après ces expériences, il a fallu ajouter au blanc 17 pour 100 d’une forte teinte d’indigo pour obtenir une teinte pareille à celle d’un disque

CBANGEMENT DE LUMINOSITÉ

gris composé de parties égales de blanc et de noir. Remarquons à ce sujet que l’addition du bleu au blanc, tout en en modifiant légèrement la nuance , n’a pas produit d’effet bien appréciable sur sa luminosité ; je veux dire que le blanc s’est seulement trouvé un peu obscurci.

Tous ces phénomènes peuvent s’expliquer par la théorie de Young modifiée par Helmholtz. D’après cette théorie, la sensation du blanc se produit lorsque les groupes nerveux de la rétine qui correspondent au rouge, au vert et au violet, sont stimulés avec à peu près la même énergie ; de plus , pour un faible degré de stimulation des trois groupes de nerfs, l’activité du groupe violet l’emporte sur celle du vert , laquelle l’emporte à son tour sur celle du rouge. Lorsque la stimulation devient énergique, ces conditions se trouvent renversées,

Fig. 79. — Courbes représentant l’action des nerfs du rouge, du vert et du violet, selon qu’ils sont stimulés par une lumière blanche plus ou moins vive.

les nerfs du rouge prennent le dessus, et ceux du vert et du violet ne jouent plus qu’un rôle secondaire. Ces divers changements de l’action des nerfs sont représentés par les trois courbes de la figure 79. La ligne horizontale représente l’accroissement réel de l’intensité de la lumière blanche : par exemple , la longueur AB représente une lumière blanche faible, AG une lumière blanche d’intensité double , etc. La ligne verticale BR est la mesure de l’intensité de la sensation du rouge produite par cette lumière blanche faible ; BVe et BY donnent la force de la sensation pour les nerfs du vert et pour ceux du violet. Nous voyons que la sensation du violet, étant représentée par la ligne la plus longue, l’emporte sur les autres , et que la lumière , au lieu de paraître blanche , offrira le résultat que produirait le mélange en proportions égales des sensations de rouge, de vert et de violet, c’est-à-dire le mélange de la

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