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Universalité de providence

X Unité de système.

A partir de cette base , tous les doutes sur l'immortalité composée vont être levés : démontrons la thèse par application à l'une des trois lois, à V économie de ressorts.

Si Dieu distribue l'Attraction avec éconoaile , il n'en doit donner à chaque être que le nécessaire , en juftes proportions avec les destinées : la justesse exige que la dose d'Attraction soit inférieure aux biens qui nous sont réservés, qu'elle soit en degré d' infra-destin, afin de nous ménager le charme d'une surabondance de biens. L'Attraction en dose de superflu ou suI'RA-dbstin , en excédant de rapport avec les biens à obtenir, serait un tourment pour l'espèce entière ; jugeons-en par comparaison aux animaux. Le renne est destiné à vivre dans les glaces ; Dieu ne lui donne pas attraction pour les prés fleuris et les végétaux de nos climats.. .

Remarquons que Dieu distribue les lumières en même rapport. Un bœuf est condamné à périr dans nos boucheries ; Dieu ne lui donne pas , comme à nous , la faculté de réfléchir sur la mort et les genres de mort. Cet animal serait inquiet toute sa vie, en prévoyant sa triste fîn. La nature en agit de mêmei^ Fégard d'un sauvage destiné à encourir les risques de famine ; elle lui inspire une apathie qui lui cache le péril.

Il est donc évident que le Créateur a réparti les attractions et les lumières avec rconomie et discernement ; qu'il n'en donne à

chaque espèce aucune branche, auéùne ddtf.te p^sêe excéder le nécessaire, ni s'écarter de convenance Mink âeéfhlée essen-> tielle du ^rand nombre ; j'entends par destinée essentielle , le sort qui est réservé à la multitude pendant les ^ de sa carrière. (Les -| sont comptés pour le tout en mouvement; le 8® d'exception confirme la règle.) Ainsi notre destinée essentielle est celle des deux phases d'Harmonie ascendante et descendante, qui comprennent avec l'apogée , au delà des | de la carrière sociale du genfè humain. Les deux phases de subversion ne sont que destinée accessoire et transition.

Selon ce principe, toutes nos impulsions collectives sont oracles de destinée , interprètes du sort que Dieu nous prépare en l'une et l'autre vie ; et selon la règle d^infra-déstin^ nécessaire à l'équilibre général, nous devons espérer plus que les biens dont le désir est universel.

Gela posé, analysons l'impulsion générale sur l'immortalité, et constatons d'abord que cette impulsion est composée ou dualisée, exigeant la garantie de métempsycose avec la garantie de bonheur dans l'autre vie.

Bien qu'on soit parvenu à ridiculiser la métempsycose , elle n'est pas moinr âétir général dont l'expression mal déguisée échappe à chaqn* instant à tous ceux qui sont au déclin de l'âge. Il n'est pas un vieillard qui, jetant un coup d'oeil sur les disgrâces de la'vie, ne vote à mot couvert pour la métempsycose, en disant : « Il faudrait pouvoir renaître avec l'expérience qu'on a acquise , avec notre connaissance des écueils du monde et de' la fausseté des honunes. Si l'on revivait avec ces lumières, combien l'on saurait utiliser la vie , mettre à profit les chances de fortune et de plaisir. *

Ce langage est celui de tous les vieillards ; ils désirent donc la métempsycose , et plus encore , car ils voudraient renaître avec l'expérience du monde. Ils ne souhaitent pas la métempsycose pure et simple , mais composée \ le retour à l'existence , avec la sagesse qui manque aux jeunes civilisés. C'est désirer deux existences , que de souhaiter, outre le retour à la vie , l'expérience , fruit d'une vie entière déjà écoulée.

Or, s'il est certain, selon la première propriété de Dieu, qu'il y a économie dans la distribution de l'Attraction, qu'elle est proportionnelle aux destins de chaque espèce d'êtres ; que loin d'être

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en dose de superflu ou supra-destin ^ elle est toujours en dose Ôl infra-destin , il faut en conclure que nous sommes réservés à la métempsycose composée et non pas simple , c'est-à-dire à la renaissance en corps et en lumières. Si Ton se refusait à cette conclusion^ ce serait inférer que Dieu distribue les Attractions en dose soperfloe et non en dose proportionnelle aux destinées. Dans ce cas, Dieo serait un chef inepte et incapable de diriger le mouvement.

On objecte : nos âmes, en reprenant un corps, y transféreraient donc les lumières qu elles auraient acquises antérieurement ; de sorte qu Hippocrate renaissant serait un habile médecin dès Tàge de quatre ans ! ! !

Ce n est pas ainsi que doit s*entendre la transmigration composée : le vieillard ne prétend pas à des concessions déraisonnables , il souhaiterait seulement qu'en renaissant on eût l'aptitude à goûter les leçons de cette sagesse à laquelle sont rétifs tant de jeunes gens qui pourraient s'y rallier, puisqu'on la voit régner plus ou moins chez un petit nombre d'adultes bien dirigés.

Tel est l'effet de l'ordre sociétaire sur tous les enfants et jeunes -gens : on verra que , dans cet ordre , l'enfant abandonné à luimême dès l'âge de deux ans et demi , fréquentiat et parcourant les groupes de ses semblables dans les ateliers et jardins, s'y conduit avec autant de sagesse que s'il était dirigé par la main de Dieu, et pourtant sans suivre d'autres conseils que ceux de l'Attraction. L'on verra que ce même égide le soutient dans l'adolescence, où, tout en se livrant aveuglément à ses passions, il ne peut commettre aucune faute notable contre sa santé ni ses intérêts,

Dès lors une âme qui renaîtra dans un corps harmonien y revivra avec l'adjonction de la sagesse désirée aujourd'hui par les vieillards : elle aura subi la métempsycose en composé et non en simple ; d'où il suit que ce souhait de nos doyens sociaux est rigoureusement conforme à la destinée ; que cette impulsion est , comme toutes les autres, distribuée judicieusement par le suprême économe , qui ne donne à chaque être qu'une dose d'Attraction proportionnelle aux destinées essentielles.

Précisons, par une comparaison, la différence du destin essentiel à l'accessoire.

Si l'on transporte des abeilles à cent lieues en mer, dans une île déserte, meublée de rochers nus ou de sables arides, elles n'y

trouveront pas une fleur ; elles n'auront pas moins Attruclion pour les fleurs, parce que leur destinée essentielle est de vivre du pollen des fleurs. Ainsi Thomnie a des attractions adaptées à Tétat sociétaire qui est sa destinée essentielle, et non à l'état de ïymbe sociale, qui n'est que transition et voie d'acheminement dans le cadre de la destinée humaine.

Nous obtiendrons, dès l'établissement de l'ordre sociétaire, un bonheur bien supérieur à celui des Grésus anciens et modernes, qui, malgré leurs trésors, doivent être encore tourmentés de désirs, parce qu'ils sont loin des biens que nous garantira l'état de destinée essentielle.

Lorsque nous jouirons de tant de bien-être dès ce monde, à quelles conditions la perspective d'une autre vie pourra-t-elle nous présenter des charmes dès celle-ci ? Elle ne pourra nous amorcer que par l'assurance d'y développer nos douze passions en essor supérieur à celui qu'elles trouveront en ce monde élevé à l'Harmonie.

Loin de se rallier à ce principe, les doctrines civilisées privent les ultra-mondains de l'usage des deux sens recteurs et actifs, noi'T et TACT. Elles ne leur accordent que l'emploi des trois sons passifs en jouissance :

Vue pour admirer la Divinité, les murs et escaliers do diamant des demeures célestes ;

Orne, pour entendre les chœurs des hiérarchies célestes ;

Odorat, pour humer les parfums des cassolettes célestes.

Le goût et le tact ne sont pas de la partie, et peut-être a-t-on bien fait de les en exclure , d'après les considérations alléguôos sur la misère de la populace.

Mais lorsque le genre humain sera parvenu au plein essor des douze passions, l'autre vie ne pourra le tenter que sous la garantie de leur essor plus étendu. Par exemple, quant au sens do la vue : s'il est prouvé que, dans l'autre vie, nous verrons trèsdistinctement ce qui se passe dans les diverses planètes, dans lo soleil intérieur et sur toute la surface de notre globe, mieux que nous ne voyons aujourd'hui, du haut d'un clocher, ce qui so passe aux quatre points cardinaux , ce sera assurément une o\t( tision

d'exercice de la voe ; ce sera vision élevée en degré sopérieur, et attrait visuel pour nous amorcer au sort de Taotre vie.

L'appât devra être le même sur chacune des douze passions radicales. La théorie des destinées trans-mondaines devra noos fournir pleine garantie d'extension de ces douze jouissances.

Est-il d'inconséquence plus choquante que de vouloir , dans l'autre vie, qu'on dépeint supérieure en plaisirs à celle-ci, réduire les chances de plaisir qui nous sont déjà connues, et diminuer le nombre de nos passions ! Gomment les auteurs de ce dogme se concilierout-ils avec leurs propres doctrines ? On nous dit que nous sommes créés à l'image de Dieu : rien n'est plus vrai quant à notre âme; elle est, comme celle de Dieu, formée des douze passions radicales ou octaviennes , qui sont aussi celles des planètes, des univers, binivers, trinivers et des créatures d'échelle harmonique dont l'Homaaie €8t la; plus basse et Dieu le pivot général. Si nous perdions qiidk|Q'iine de ces passions en passant à une autre vie , nous serions donc moins rapprochés de l'essence de la Divinité ; nous ne serions plus en accord intégral, en pleine unité avec elle , et nous rentrerions dans la classe des animaux. Ils sont hors de la chaîne d'harmonie, à titre de moules incomplef s, inhabiles à comporter le clavier intégral des douze passions, leur essor harmonique dont l'exercice exige des octaves complètes, en majeur et mineur, en direct et inverse.

Or , si nous devons , selon la loi des attra4:tions proportionnelles aux destinées, conserver dans l'autre vie l'usage intégral de nos passions , l'on ne peut pas admettre en principe l'exclusion de métempsycose ou retour en cette vie : cette exclusion supposerait l'anéantissement de la onzième passion, dite Papillonne ou Alternante , qui exige les variantes périodiques ^n tous degrés. Pour satisfaire cette onzième , ainsi que la douzième , dite Composite, il n'est d'autre moyen que de renaître périodiquement en cette vie , y fournir pendant la carrière de la planète un grand nombre d'existences qui, en estimation générale et balancée , auront donné environ 17/18«« de bonheur, selon le tableau suivant.

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