‹ Théorie sociétaireChapitre 36 sur 39 · instinctuel · texte numérisé non relu

instinctuel

"Z I 5. Mécanique industrielle *.

Accords distributifs. 1 1 ! 6. — administrative.

^ 2 I 7. — domestique.

Pivot. Unité dnivrrsblle.

f Le génie civilisé ne s*est exercé que sur trois branches ou touches de cette gamme. Il a réussi sur deux , les f^ et 5^. Il a échoué sur la 6*" , et n'a pas touché aux quatre autres , encore moins à la théorie du Pivot , ou Unité.

t Nous avons pleinement réussi sur le n" i : nos géomètres , Kepler, Newton, expliquent magnifiquement les lois du mouvement matériel.

n Même louange sur la 5^ étude., la mécanique industrielle : nous sommes des colosses de perfection ; quand on voit une montre à répétition , un vaisseau de haut bord , une filature à coton et à drap , on ne saurait nier nos succès gigantesques.

« Mais que nous sommes pygmées sur tout le reste de la fâche ! Nos succès ne s'étendent sur les 7 touches qu'aux 2 matérielles. Nous avons essayé force calculs sur la 6^ , force chartes , équilibres et contre-poids de pouvoirs. Nos théoriciens ont même eu quelque idée confuse du principe des trois unités en administration ; mais ils n'ont abouti qu'à une caricature politique , Tindigence, la fourberie, l'oppression et le carnage. Leur tort est d'avoir pris pour boussole le régime du mensonge , le libre exercice du commerce , la concurrence anarchique ou mensongi^re. Ils n'ont pas vu que le commerce est le tronc de l'arbre administratif, et qu'en le faussant on fausse tout le système. Ils ont isolé le commerce de l'administration : croyant assurer la liberté, ils

* liO mot industriel est ici employé dans un sens plus restreint que celai dans lequel Fourier l'a employé depuis et qu'on donne eu général . dans le langage de l'Krole sociétaire, au mol industrie et à ses composés.

en ont sapé la base ; elle ne peut régner que par la vérité des relations industrielles. Ils ont manqué le secret de garantie de cette vérîté commerciale. C'est le, détail le plus intéressant de la 6^ période ou Garantisme. Son introduction double le revenu relatif et neutralise Timpôt. C'est-à-dire que si la France perçoit en temps ordinaire 800 millions d'impôt ^ , la concurrence véridique en rendra 400 de plus, en épargnera 200, et réduira par conséquent les charges à 600 pour 1,200 millions de rentrées. En outre , elle rendra à l'agriculture ladite somme de 1,200 millions en sus du produit actuel, ce qui neutralisera l'impôt.

» Faute d'avoir fait cette invention ( la concurrence véridique et réductive) , nos politiques sont tombés administrativement dans la duplicité méthodique par l'isolement du conimerce et du gouvernement, qui sont deux rouages associés , deux éléments inséparables en mécanisme véridique. Ce sera une théorie trèscurieuse et très-agréable aux gouvernements civilisés, qui verront que tous les énormes bénéfices des banquiers et agioteurs doivent retourner au fisc par l'établissement du régime de vérité garantie , hors duquel on tombe dans le monopole ou dans l'anar^ chie mercantile et meYisongère.

» J'ai rendu justice aux Civilisés sur les deux études 1 et 5. Je viens de leur montrer le secret de l'étude n° 6 , où ils échouent depuis vingt-cinq siècles. Voici une autre bévue sur le même sujet.

it Le mouvement passionnel ne peut s'équilibrer sans ses trois supports 5, 6: 7. Il fallait donc réussir sur la découverte du mécanisme administratif n" 6 , et de plus sur celle du mécanisme domestique n" 7, qui est l'association , dont on n'a jamais daigné s'occuper. Sans s'élever aux dispositions transcendantes de l'Harmonie, on aurait pu former des liens de moindre étendue. On n'a rien découvert sur ce sujet. Le système domestique reste borné à des familles de 5 à 6 personnes. Ainsi des trois branches de la mécanique passionnelle, une a réussi, une a avorté, une est oubliée. Toutes trois pourtant sont également nécessaires à l'équilibre, et quand nos politiques veulent établir l'équilibre sur deux mécanismes , l'industriel et l'administratif, ils ressemblent à des

' Qu'où n'oublie pas que Fourier écrivait ceci en 1818. Od en eat bien, il egt vrai, aujourd'hui aux budgels de 1,200 millions et plus, mais sans les compensations que procurerait le réc^imc social dit Garantisme.

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enfaats qui voudraiont faire teair debout une marmite privée d'ea de ses trois pieds ; ils la relèveraient mille fois, et mille fois elfe retomberait. Tel est le sort de nos sociétés, (fui privées de l'un des trois pivots , l'association domestique , retombent sans cesse conome une marmite à deux pieds, et n'arrivent , sous toutes les constitutions, qu'aux sept résultats subversifs, t

(Note 8, page 156.) Sur la Solidarité.

Cette considération si puissante et si religieuse de la SOLI- DARITÉ HUMAINE a été développée par l'auteur dans un discours prononcé le 7 avrd 1842 :

«Solidarité!... c est la loi de nature. Qu'elle devienne aussi la règle des rapports sociaux ! C'est ce que Fourier a voulu ; c'est ce qu'il a donné les moyens de réaliser sur notre Globe, pour le bonheur de l'Humanité entière.

» Solidarité entre tous les individus, entre toutes les classes , entre tons les peuples ! Solidarité même entre les générations qui se succèdent sur la terre! voilà, en effet, le grand principe sur lequel s'appuie la Théorie de Fourier, et qui reçoit à son tour de cette Théorie l'évidence d'un axiome.

f Oui, les hommes , en réalité, sont et demeurent , quoi qu'ib fassent , solidaires pour les biens et pour l'es maux ici-bas. C'est là one haute vérité morale, qui ressort éclatante à la vive lumière répandue sur les destinées humaines par le génie de notre Maître, vérité dont, grâce à lui, nous apercevons partout la preuve, aussi bien dans les faits journaliers de la vie que dans tes solennels enseignements de l'histoire. Vainement l'esprit d'égoïsme, en isolant les divers groupes sociaux, en séparant l'intérêt de l'individu de l'intérêt de la masse, a prétendu rompre, à son profit, la chaîne de la solidarité sociale : la Nature, de sa main puissante, la rétablit toujours. Le feu des révolutions, les miasmes meurtriers de l'épidémie, tels sont ses agents mystérieux et terribles. S'élançant du fond des sombres demeures où le pauvre est entassé, le fléau destructeur (épidémie ou révolution, peu importe) va s'abattre sur les palais et frapper à leur tour ces riches, ces grands, jusque-là ii|$ep8i))les aux souffrances de leurs frères ^.

* Quelques lignes de Boiiiiet, qai viennent d'être cit^s dans la PhtUam^é (nn-

1 Sans évoquer le souvenir de des grandes catastrophes, nous pourrions, dans la sphère même des évënemetits de chaquejonr, et par l'exemple de ce qui se passe incessamment sous nos yeux, montrer comment toute domination oppressive, tout déni de justice, tout lâche abandon envers une portion quelconque de la Société, porte avec soi sa peine. Vous délaissez l'indigence, vous ne lui assurez ni l'éducation ni le travail ; l'indigence, ne prenant conseil que du désespoir où Taréduite votre coupable indifférence, s'arme contre vous et devient le crime... Point de jouissances paisibles pour les Uns , tant que les autres , tant que le grand nombre reste voué au dénûment et aux privatfdns : ainsi le veut la Solidarité.

V Si maintenant nos regards se tournent vers l'atelier industriel, ou s'ils pénètrent jusque dans le sanctuaire de la famille, partout nous verrons la contrainte, cette raison dernière et pour ainsi dire unique, ce ressort général du mécanisme civilisé ; partout nous verrons la contrainte engendrer la désaffection , la duplicité , la révolte secrète ou patente. C'est ainsi que partout, dans tous ses modes, à tous ses degrés, la tyrannie, de quelque nom qu'elle se décore, se trouve dupe et victime d'elle-même.

« Et c'est justice !... car Dieu a fait l'Humanité pour être libre. En lui donnant les attractions qui la caractérisent , il a entends qu'elle marcherait, dégagée d'entraves , dans les voies mesurées où ces attractions l'appellent, puisque c'était la condition pourréa-

méro du 26 mars 1 843 } , expriment , avec une admirable énergie, cette même pensëo de la solidarité de toutes les classes :

u Toute cette multitude qui souffre, ce sont, comme on parle, des gens de néant " Aiusi chaque riche ne compte que soi, et, tenant tout le reste dans l'indiffé-» « rence , on tâche do vivre à son aise , dans une souveraine tranquillité des 3 fléaux qui affligent le genre humain. Cependant , riches impitoyables , vous » pourrez y venir, aux jours de besoin et d'angoisse. »

L'anteur de l'article dans lequel se trouve cette citation, M. Prudent Forest, ajoute :

u Ce reproche et cette menace adressés par Bossuet aux riches de son époqne, sont restés sans effet sur leurs cœurs endurcis. Aussi, qn'cst-il arrivé? 11 est arrivé, un siècle plus tard, une révolution terrible qui a boalcversé les existences de la plupart de ces grandes familles qui florissaicnt du temps de Bossuet.

a Biches de notre temps , nous pouvons vous le prédire , si vous continnez à rester dans l'indifférence sur le sort des classes souffrantes, si pour venir à leur secours vous n'employei pas d'autre moyen qac l'insuffisant moyen de l'aumàne, tAt on tard il éclatera nne révolution nouvelle plus terrible que la précédente, et vons y viendrei alors , vous ou vos descendants , aux jours de besoin et d'au^ " goisse. »

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liser sur la terre l'ordre conçu de toute éternité dans la pensée du suprême ordonnateur des mondes.

« A ce point de vue élevé, les données de l'Attraction apparaissent identiques à celles de l'Ordre même. — Mais si , d'après la trop commune opinion qui s'est accréditée dans les esprits, au trislé et honteux spectacle de nossociétés subversives, le principe de l'Attraction semblait en lui-même peu susceptible de se concilier avec les exigences de l'Ordre ; si ce principe avait besoin d'un contrepoids , il le trouverait dans le dogme de la Solidarité , tel qu'il résulte de la conception de Fourier sur les destinées humaines. D'après cette conception, en eflet, dans quelque condition de la vie que nous nous trouvions, nous ne pouvons porter aucune atteinte aux droits d'une autre classe, d'un autre sexe, d'un autre âge, sans nous condamner à en recevoir nous-mêmes l'inévitable contrecoup.

> Puisse cette vérité éminemment religieuse pénétrer bientôt dans toutes les convictions! Il n'en est pas de plus, propre à exercer une heureuse et féconde influence sur les efforts de chacun pour améliorer l'état social ! Puisse le sentiment de la Solidarité universelle passer à l'état de conscience intime chez tous nos semblables ! Que, sans cesse présent à nos cceurs, ce sentiment nous anime d'un dévouement sans bornes et toujours actif pour la sainte cause de l'Humanité, qui est, en définitive, la cause de chacun de nous ! A l'œuvre donc, et de toutes nos forces et sans relâche! A l'œuvre aussi, vous tous qui avez en main, soit la puissance du talent, soit celle de la fortune et de la position sociale ! A l'œuvre tous ensemble, sous l'inspiration généreuse de cette pensée : Solidarité! (Extrait de la Phalange, n» du 8 avril 1842. )

L'une des idées qui se trouvent ici émises fait allusion à la Vie future , telle que la Théorie de l'Unité universelle nous la fait concevoir. C'est en vue du retour de l'homme à l'existence actuelle qu'on peut avancer cette proposition, que nous ne saurions porter aucune atteinte aux droits dune clause, dun sexe, dun âge quelconque, sans nous exposer, sans nous condamner, quipius eH, à en recevoir inévitablement nous-mêmes le contre^comp, lliiis le système de Fourier, en efTet, sur la psychologie et la cosmogonie composées ( note 4), la mort n'est pas le terme définitif de nos rapports avec cette terre : tout ne s'arrête pAs \k entre la Mère

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