RÉFORMATEURS SOCIALISTES
L'Académie des sciences morales et politiques avait proposé pour sujet de prix, en 1836, la question suivante : Quels sont les éléments dont se compose^ dans toute grande ville, cette partie de la population qui forme une clause dangereuse par ses vices, son ignorance et sa misère? indiquer les moyens à employer pour améliorer cette classe dépravée et malheureuse.
Fourier faisait alors imprimer la Fausse Industrie. Il inséra dans cet ouvrage quelques réflexions à propos de la question mise au concours.
c Nul autre que moi n'osera aborder de franc jeu , disait-il , la question du remède à l'indigence , traiter des moyens de la PREVENIR : ce serait s'engager à découvrir un mécanisme social plus élevé que la Civilisation qui est inséparable de l'indigence ; or la découverte étant faite, celui qui l'invoquerait avouerait implicitement que c'est moi qui al gagné le prix. Mais celui qui prétendra extirper l'indigence en restant dans la civilisation , dans l'industrie morcelée par familles, sera un effronté, charlatan.
s On ne saurait trop désabuser les hommes vraiment philanthropes qui fondent, comme MM. de Beaujour et Montyon, des prix académiques.
« Ces prix sont alloués aux compères qui ont l'oreille derjnges, et je pourrais donner là-dessus des détails plaisants an sujet d'un
nt NOTES.
Ce même M. Reybaad,- qui est an avocat |Nu*fdis très-compro* mettant pionr les causes qu'il prétend défendre, allègue encore ce qui suit, dans rintérét des idées vulgaires sur la moralité : c A f part quelques grands sentiments dont Yinnéité est frappante, f la mesure des actes humains varie de peuple à peuple, de zone « à zone ( Pascal Tavait remarqué ). t
Oui sans doute, Pascal l'avait remarqué, mais dans une intention tout autre que celle qui est affichée ici par If. Reybaud. Pascal avait trop de sens et de logique pour voir dans cette variation, suivent les lieux et les temps, des règles du vrai et dn faux, du juste et de l'injuste, .un argument en faveur de ces mêmes règles.
M. Reybaud, toujours dans la citation présentée avec éloge à l'Académie par M. Jay, s'élève en vrai puritain contre l'idée d'arriver au bonheur par la satisfaction des passions.
K Quant au bonheur, s'écrie-t-il, quoi de plus relatif? on parle 1 de le fonder par une satisfaction illimité^ : mais chaque jour « cette expérience se fait en détail, et tout homme peut dit e si f la passion pleinement assouvie est le bouheur, si la privation « même, la privation réfléchie et volontaire, ne renferme pas plus « de joies réelles qu'une satisfaction sans bornes. Le bonheur sur « la terre aurait un autre écueil, celui de supprimer toute aspi- « ration vers un état meilleur, et d'entourer notre départ de cette « vie des conditions les plus douloureuses, t .
Sans doute ce qu*on appelle bonheur varie suivant les goàts, suivant les dispositions des individus ; mais se fonder là-dessus pour embrouiller la question, pour chercher à persuader qu'il n'y a aucune condition générale, sine quâ noHs du bonheur, c'est le procédé d'un sophiste, non d'un ami sincère de la vérité. Quel bonheur est possible à qui n'a pas de quoi satisfaire ses. premiers besoins ?
Quant à cette expérience qui, selon M. Reyband, se ferait en détail chaque jour, on peut lui répliquer qu'elle ne se fuit jamais au contraire. Tel individu pourra très-bien, sans doute, pour em* ployer l'expression de M. Reybaud, assouvir quelquefois une de ses passions. Mais est-ce donc là la satisfaction passionnelle inié^ graUy équilibrée, eorame l'entend Fourier? On pe«t parlera H. Reybaud le langage de la Théorie sociétaire, piiisi|n*U s'est' donné pour l'interprète de cette Tliéorie. Eh bîeni où «roatei*-
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t-il, je le lui demande, dans les conditions sociales actuelles, où trouvera-t-il remploi, la satisfaction des trois passions distribu-' Unes, qui sont incompatibles avec le mécanisme civilisé ?
Malgré ce que dit M. Reybaud des joies de la privation réfléchie et volontaire (qualité que n'ont point, en général, les pri-» vations des Civilisés, qui sont des privations ybrc<7e<r et point du tout libres) j nous doutons fort que cet écrivain, même avec Faide de la réflexion et d'un peu de bonne volonté, se fût senti tout aussi joyeux d'être privé du prix Montyon que de le recevoir.
Pour ce qui est de la sollicitude que témoigne M. Reybaud , au sujet du regret que nous aurions de quitter cette vie si l'on trouvait moyen de nous la faire un peu meilleure , si nous parvenions à y être passablement heureux , une telle sollicitude est tout à fait gratuite , du moins pour ceux qui admettent l'ensemble de la conception de Fourier. L'auteur du Traité de l'Association^ en effet, dans un des passages que rapporte M. Reybaud lui-même, à la fin de son volume, ne dit-il pas, après avoir exposé ses vues sur la vie future : « C'est à présent que l'homme pourra quitter la vie
> sans regret, puisqu'il aura la certitude de l'immortalité de l'âme, 9 dont on ne pouvait s'assurer que par l'invention des lois du mou- 1 vement social ? « Et puis cette sorte d'appréhension qu'il ne se rencontre un jour trop de bonheur sur la terre, n'est-elle pas un souci bien prématuré, une précaution superflue, dérisoire, une plaisanterie ironique et tout à fait déplacée, en égard au sort actuel du peuple ?
Après avoir loué, comme il convenait, le candidat au prix Montyon de ses protestations en faveur des bo7is principes^ M. Jay continue ainsi :
c En considérant ces trois sectaires dont M. Louis Reybaud a 1 exposé les systèmes, on est frappé d'un trait qui leur est com- 9 mun : c'est une obstination invincible, une opiniâtreté d'apo- « stolat, un dévouement à leurs principes qui résiste à toutes les « épreuves, même à celles du dénûment et de la pauvreté, qui t accepte tous les sacrifices et ne s'éteint qu'avec la dernière 1 étincelle de vie. Cette existence de lutte perpétuelle, cette ab- 1 négation de soi-même au profit de convictions qui paraissent « sincères, éveilleront toujours dans les âmes généreuses de
> réelles sympathies. >
Oui sans doute; mais non pas, il paraît, dans les âmes d
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mf. les académicieuf , car ceaz-ci , bien évidieiiiaitfûl , âe lenr aveu même, ont en pour but de récompeuser, en conromianf feê Études sur les Réformateurs contemporains, non pas «ne appréciation éclairée de ces hommes au dévouement sr étrange, mais la dénigrement de leur œavre, mais la négation de taoie rafeor pratique quon pourrait être lente cTattribuer à leurs théories de réforme sociale. On veut bien accorder quelques mots d'éloge i ces individualités si nobles qui ne sont plus là pour en jbmir; mais ce qui reste d'eux, leurs dactrines, voilà ce qui se trouvera ni grâce ni justice à fAcadémie, voilà ce qu'il fant arrêter, étouiïer, flétrir à tout prii. Les fondations phihtnthropîqtres dfei Mbntyon et autres peuvent-elles recevoir mie destination phis conforme aux vues des généreux testatisurs?...
Sachons gré toutefois à M. Jay d'avoir osé rendre bonmiageâ la conduite de Thomme, en dépit des préventions contre Fandlice de sa pensée.
• Fourier, dit-il, d'one vertu austère, d*nn caractère moral y pfus élevé que Saint-Simon, dont h cynisme n'était pscs seiiff^ f ment une théorie, Fourier a lutté sans dégradation persounellè « contre la mauvaise fortune ; mais il y avait pour lui une soorce » intarissable de bonheur, et les illusions de l'orgueil cbarmaient > cette existence livrée à elle-même. — Il se promenait gtoriem^ « dit M. L. Reybaud, au milieu de populations libres et entftoar- 1 siastes qui le saluaient comme nu bienfaiteur. >
Ce qui fait conclure à M. Jay qu il y a là, outre YfmnnciNè opiniâtreté qu'il a déjà signalée, un amour-propre exaUé-juS" qu'au délire, c Ce n'est pas, ajoute-t-îl, avec de telles divposf- « tions qu'on travaille efûcacement au bonheur de Hmmaarté. y
Proposition souverainement fausse. IFn^y a pas nne.dles grandes inventions du génie qui n'ait été accompagnée, pfus on moins, dé ce même sentiment d'enthousiasme, de cette ivresse quasi divfne que produit la conscience d^une haute découverte. Dispositfba infiniment heureuse, car sans elle où trouveraient-ils k force, ces hommes de glorieuse exception, où puiseraient-ils la force nécesaaire pour féconder leur îdée^ pour accomplir jusqu'au bout feur lâche sainte, malgré tout ce qui s'y joint pour eux de dîtfg ud t s , d'avanies, de soufTrances de toute sorte à essuyer? Quoîf vous prétendez interdire aux Gutenberg, aux Watt, aox Fulibn, dh se complaire dans la penpective des immenses avantagea cfont
Iflir déoMMwrte oiNmIkMnièn à VHiiniMiif^l! liai» Yenféviemce pnnve qa'à» moi: rsiléft daw leurs p^évisianiv tMM ces <|raadl ■nreaisiim ^ bim a» de^ da la rédkité déjj^ obteaue Mi^Mird'hiiÂ, £& cette! si^lkne: jovisiaiice du g^nt ,. ieuL dâdttaiiiuigeiiieBt da tout d*Mii0rtimcftH d« c^el droit vMilea«-vfHM la loi esJavar ï Ella ^ uft datt de la Peavidanea ai wam naoRraUe pieasa de ml jjodâcleaae^ sêçgpwte dams. U difiteibation- à&h aUpaatiaB&. — Cest étsa aussi par trop wiaifalMtê, ^lya d*aUef juf^'à vépvoaiev la pliia noble de toutes les jouissances qu'il soit donné à l'homme de connaître, et la plus utile à se;s semblables dans les résultats qu elle engendre !
Il OM tmitB (al (/est la pavlie* k pàis péniU» àet nia Iftafae) à signaler un dernier trait des deux rapports lus à l'Académie françatae sar Faafvage de H. Reybmd : trait vraiment caractéristique et qu'il n'est pas étonnant dès lors de rencontrer, dans l'une et l'autre de ces pièces, formulé, pour ainsi dire, dans les mêmes termes. Je veux parler de la justification de l'emploi du legs IftoBÉyaotea fav^aur da livra sar les; SœialtsteSb
G'e»t surtet eomma iiMX9rMe réfiitmtion dei systèmes ^fà sattk aaoflés j être axpaaéa;,. qae l'cavra^ de 11. Lv Reybasid a éiéi rcaoennandé à F Acadéaiia finm^ae et qa'il a. «diteno las «if* fragaa de FiMmÉre campagaia.
c IL serai! boat, » dit M. iay en parlant de ce Uvre, l que da t pareilles idées passent arriver aux pW hoinblaa iatelligencaa.^ » Elias détvairaiani de Canaslea illasiaaa et ealnaraieBt de vîo- » leat^ désirs ^i tu peuvent jamais étn. aecompiù.
>• C'aat assurénaat de» pradactiana Uttéraive» da ea genre (faa % W «eataenx lAaalyaB avait ea vaa, lorsque, daaa l'intérêt àê 9 la^marala %i àa IfbaaiaiHlé, il instihiaît d'éalatanta» et solan- » neUa» réeaaipanfles. r
Ainsi donc, c'est pour tuer l'espéraBeay e'aat peur étouCEtr dbn» la ccrar des boatMnes audhaaraax l'aspiratiaB vera une destmée meièlanaa y cpie las. aaus- da rbumaaité aaA légué aua aarps savaaéB» la diaf ositio» d^ooe partie de letar bénla^a! Il f a là, j'aee la dloc,. iL y a dans an pareili langea dMa une pAratUa aoKhale, aœ paohnatiaa eA wa paévaaicfiÉwi taal à k faia. UAcadéaMa fimfaiaa awra àemiaadre caaipte vm jaar deaaai kl postérité.
5tt«' NOTES.
Au surplus cette compagnie, en augmentant la pobKcité do livre de M. Reybaud, a servi, sans le vouloir, la cause de la Réforme sociale. Quel est, en eflet, l'homme capable de porter an jugement en semblable matière, qui , après avoir lu l'analyse tout incomplète, et tout inexacte même en plusieurs points, que donne M. Louis Reybaud de la Théorie de Fourier; quel est, disje, l'homme compétent qui ne se prononcera bien plutôt pour le hardi novateur que poiir son cauteleux détracteur ?
UN MOT SUR L'HYPOCRISIE. — L'INFANTICnMS,
L'hypocrisie , soit envers Dieu , euvws lat hommes ou envers la nature , est cause de tous les maux que nous avons.
La Rkinb dx Navarre, nov. 34.
A l'occasion de ce qui s'est passé à l'Académie française au sujet du livre de M. Louis Reybaud, il me revient un regret qne d'autres circonstances avaient aussi fait naître en moi. Ce regret, c'est dans le tableau des vices de la Civilisation, de n'avoir pas assez insisté sur l'un d'eux, qui joue un rôle immense dan» ce mécanisme social, et qui a la plus grande part peut-être aux résultats subversifs qu'il produit. Je veux parler de Y hypocrisie.
Non pas seulement de ce genre d'hypocrisie dont Molière nous a tracé un type hideux dans le Tartufe; mais de cette hypocrisie à l'usage des honnêtes gens, qui consiste à affecter, sur les questions de mœurs, des sentiments et des opinions que Ion n'a pas. C'est là le plus grand obstacle à la manifestation de la vérité en cette matière ; et hors de la vérité, point de justice, point de salut pour le monde social.
Qui me démentira si j'avance qu'il n'y a presque pas de Ch>ilisé qui y comme mari, comme père, comme homme public, magistrat, administrateur, voire académicien, n'ait censuré, condamné, flétri une conduite qu'il avait tenue souvent Ini-même, des actes qu'il avait commis et qu'il serait encore tout disposé à commettre de nouveau , n'était le manque d'occasions et de moyens? Combien de ces Catons d'apparence et par nécessité de
position, qai foot des Faublas au fond do cœur et en intention jusqu'à leur dernier jour ! Mais tous ces <|ens qui font de la morale par politique ressemblent à ces habitants d'une ville d'Italie au xv*' siècle, qui, à ce qu'on rapporte, avaient toujours chei eux deux balances, l'une pour le voisin, l'autre pour eux-mêmes. C'est ainsi que, soit dit sans offenser personne, lorsque l'Académie française décernait un prix de vertu de six mille francs à M. Louis Reybaud, pour avoir fait justice des immoralités de la Théorie de Fourier, l'illustre compagnie était présidée par l'honorable M. de Jouy, de qui sont, si je ne me trompe, certains couplets passablement lestes, intitulés La loge gnllée. Mais où l'Académie irait-elle se recruter, si elle devait fermer ses portes à quiconque aurait sur la conscience quelques peccadilles de cette espèce?
Revenons à quelques points plus sérieux du chapitre de l'hypocrisie. Un docteur dont les odieuses maximes, pour avoir été mainte fois anathématisées à <](rand renfort d'indifjnation vertueuse, n'en sont pas moins suivies à la lettre dans la conduite de beaucoup de gens, car elles sont le code de la politique du succès en Civilisation, Machiavel, avertit « qu'il ne faut pas beaucoup se soucier de la vertu pour elle-même, mais seulement de la partie de notre visage qui est tournée vers le public, attendu que, si la réputation d'homme vertueux est utile, la vertu même n'est au fond qu'un obstacle. «
Ne dirait-on pas que cette pensée de l'auteur du livre du Prince est la boussole du monde officiel? Et j'appelle ainsi, non pas seulement la classe des fonctionnaires et des personnages politiques, mais encore tout ce qui est en représentation , les membres d'une académie ou d'un corps municipal, par exemple, tout aussi bien que les ministres et les députes, sans omettre les candidats à ces diverses places ni les aspirants aux prix Montyon, plus intéressés encore ces derniers, vu leur position de candidats, à mettre habilement en pratique le précepte de Machiavel.
Oh ! si l'on voulait avouer jusqu'où s'étend cette spéculation sur les apparences de la vertu?... Mais ou arriverait à constater que tout n'est que fard et mensonge. Omnis homo mendax : voilà le résultat du régime social sous lequel nous vivons. Un
Ch^ië, oonine lit ififiit Fourîer, mft nicriteur pwr qoanâ ce n*nft pu psr cmIciA intëmsë. MaSl^ Irap Ima Iw^ qnll défioUsait la Civith^HoD, le jm. des dupes -et desfripona^ îioB , sans •doute, et II aondl pn ajouter que les ^pes ne le «oilt, la plupart du temps, que faute d^asses Habileté pour Jouer l'ântre rôle ; naSs riiftention de duper aussi ifeitt pas eonmmiiéiiieiil ee qui leur manque.
lUTinslstons pas flavantage sur la peinture d*on état socid 'émà on ne serait que trop Tonde à dire ce qu jiogu^ifi dtsail'ëete société romaine, «•qn'fl n'y avait jamais en là de «oeiété, pcroe que la vraie tustice n*y était pas, et qu'on ne doit point regvrder comme des droits les hviques conventions «des homnifiB^. « ftp* pliquons à cet état social la maxime de Jésus : Jugeons €enire à ses fruits.
11 en est un , celui de tons qui condamne 9e plus baotempent, à mon avis, notre société ; fl en ert un qui crie Tucessaniraeilt vengeance contre un ordre de choses susceptible de donner lieu il une violation si monstrueuse du plus poissant des m^BCts é^ fectueox de la nature 'humaine : je veux parler de l^M^AWTI- GTDE. Qui ne sent pas que, pour qn une mère pùiuve être amenée à étouffer elle-même le fruit de ses entraiMes ; à répondra sm premiers vagissements de son enfant par une sentence mesonliltt de mort ; à donner à ce jeune être formé de -son eang, conç^, développé dans son sein, an lien des caresses «nivrantes de f amour matemd , une étreinte liomicide ; à ne porter les mains sur ce corps frSIe et délicat que pour le déchirer, le briser sent pitié, que pour y arrêter violemment les ressorts de la -vie ; oh! qui ne sent que pour produire un tel renversement du sentiment le plus saint, le plus profond, le plus intime, ilfaut qn'îl y aitfii quelque Fatalité infernale, quelques combinaisons vraiment stftaniques dans la législation des)iommes?N*y eût-Il par siècle qu'im seul infanticide dans l'ensemble des pays civilisés, qu'on -devrait encore se bâter de rechercher les causes d'où peut provenir nn fait tellement contre nature, et de reviser les dispositions socidn ciypables d'en suggérer fidée.
n y avait éhes les Athéniens une coutome Tort sage par rsp^
* Saikt Augustin, Dt ia Cité âe THeu, Tiv. TI, c. 5B1 ; Tîv. TtX, e. îl.
^pMt è «M Ml ^ pu y li ' » ii o l wi ' w <pk%Ê t f m nUM & mi tmttmomies; «lilûtiée 4e» lure twa ih w ji dlay i e «Hée par ^es toammisnini «MMMte â «et-eRîeC, et 4or9qa*-OD ne poavait parveahr 4 Iw riwoi ller«BtKiA€«« de les >Mii«etlrie mi peuple p«vf^*il «UHuètà iwr 4Sy4 «^ ucl ^W !. chose 4e fine et «de oencvpâaBit Ne eeniit-^ fm 4 ppopM ^«e, p«r rapport à i|'«nenUe des «dnpwitions «t 4ei «pMeas >fai ré^sest W Société, «n imitAt fie ion *em kàm «t-eMD^et fit dom, «i lei brâ île riiiBniM, 4ellei5|«<on lat-m Met, «e traamnent sur qnel^iiee yints ea éémttotmrd gpec lai Ml «e m eMee et ■■Miadiles de la natuve, ne Hrail*il <pn eipé» âisat «t «rgeiit «l'aviser ai» nsoyeas de faine cesser «se m iim ê mie dont il ne peat manquer de résiiller des vîolatioas dépla» râbles, soit des unes, soit des autres de ces lois, et de toutes deux 4 la (sis iiîeB sowenff
l^i -parlé de-tiafontieide fc propos «de rivfpoorisie ; c'est iqa'm «ifét4%ypocrisîe, ou le besoin de panattre oe •qa'iaB «'-est pas, atft «e«q«i AotraeiReB, d'ordinaire, à cet horrible, et >paar ahisi dire, iaeaiioeirable forfait. -Qoaad ce n'est pas 4a >hoifte, -c'est U misèM Xfà pousse à le ooHMneMre. -On -voit donc qa'ici, -oosnine partent, \t seil Moède efficace, c'«st l' ASSOCIATION.
MAUi^AiSE ORmQUE £f BONS ËXElin£&
£î, après avoir exposé k Théorie sociétaire, je devais pasaer «a Tevoe tout •« qa'oa a élevé 'oonére «lie d'ob|eotioDS, qui, la plapart vdo «temps, passeot à cèté saas l'attenidre ; tout «e 4pi'oa t -débile 'à son sujet d'inepties pour anroir voulu ea parler «ans ia «oaaattre, il me fradrait doiibler «t tripier ce •tfalanie. Jeiiesea* vais n'ea^^er dans ane semblaUe tâche.
Voici pouKtaat, comme échaatilkn, une appréciation itoutefiralthe : «Me ^nsane d'ion membre de 4a oonr de -cassation, d'as fca mai e éradit qai a >beauooop d'autorité parmi les <}orisooBsaltes.
31. IVoplong, iëans 4a préface )Ae hmi 'Ovwage «or «les SgciMi cmie «t commereMe , préface iqui fut palliée -par aatioipatîott daas ifaeiques joanuma , «'«eipriaK ainsi «pi'H aoit «or le «aniplK de Foorier «t aïe «a Vhéorie ^
k Charles Foarier a imaginé une théorie sociétaire dont FeCCet aérait de réaliser, au sein du phalanstère, une association inté* grale, qui ferait disparaître la concurrence et les collisions, et unirait les passions, les goûts, les sentiments, les intérêts et les travaux. De pareilles exagérations sont déplorables. L'association est une puissanco considérable, sans doute; mais eUe n'est pas là seule à laquelle l'homme veuille obéir, et ce serait une témé* rite de sa part de chercher à abolir les autres mobiles de l'humanité. Or, l'indépendance individuelle, la personnalité libre, l'aetion isolée de l'individu, sont aussi des besoins qui, dans ane certaine mesure et dans certaines conditions données, ont droit à être respectés et satisfaits. «
Cette critique du savant jurisconsulte a pour objet, à la vérité, les systèmes de Saint-Simon et d*Owen, qu'il vient également de mentionner, aussi bien que la théorie de Fourier elle-même. Mais en tant qu'elle s'adresse à la théorie sociétaire, cette critique, il est aisé de le voir, ne contient pas un seul mot qui ne porte complètement à faux. Car quel est celui des mobiles de rhumanité que l'association phalanstérieone supprime, à part la crainte de mourir de faim , vil ressort qui, dans ce régime, ne sera plus nrcessaire pour faire travailler le peuple? Et ne voit-on pas déjà que les gens qui déploient le plus d'activité , et l'activité la plus productive , ne sont pas du tout ceux-là sur qui pèse une pareille angoisse? Quant à Y indépendance et à la personnalité libre , on oublie qu'il n'y en a pas l'ombre, dans l'état actuel , pour toute l'immense classe des travailleurs qui ne sont pas propriétaires du capital au moyen duquel s'exerce leur industrie. Où y a-t-il aujourd'hui, pour l'homme du peuple laborieux, sous le rapport de ï&faculié dao Hon, des garanties comparables à celles que lui offre l'état sociétaire , qui n'interdit pas même l'action isolée, si l'individu la préfère ; qui la protège au contraire et la dégage de tout ce qui pourrait la gêner, lorsqu'il s'agit de ces œuvres de la méditation pour lesquelles sont nécessaires le recueillement et la solitude?
Mais, au lieu de prolonger une polémique bien inutile, je me hâté d'emprunter à l'ouvrage de M. Troplong une citation pleine d'intérêt sous le point de vue de notre thèse à nous, partisans de r:Association. L auteur parle de ces sociétés que foraiaieiit, au moyen âge , les familles agricoles de mainmorte.
c Tons, vieux on enfants, hommes on femmes, mariés ou céli-* bataîres, restent de père en fils dans ces sociétés patriarcales, et ont part an pain, au sel et à la caisse commune : ceux-ci pour les services qu'ils ont rendus ; ceux-là pour les services qu'ils rendront un joor ; les autres pour les services qu'ils rendent actuellement à la communauté. Le pain est Tembléme de ces sociétés rustiques ; voilà pourquoi les membres en sont appelés compani, c'est-à-dire mangeant leur pain ensemble, ainsi que l'enseigne Pasquier * ; et lenr réunion porte souvent le nom de compagnie dans les textes des coutumes. Aussi, quand ils conçoivent le triste dessein de se séparer , le plus, vieux d'entre eux , conformément à la formule de dissolution consacrée , prend un couteau et partage le grand pain en divers chanteaux.
9 Le régime de ces associations était énergique, le temps, la mort ne les dissolvaient pas. Elles se continuaient de générations en générations , sous la protection du seignenr intéressé à leur conservation. Elles avaient aussi un chef élu, un maître : le chef da chanteau. Ce chef obligeait tous les membres de l'association par ses actes d'administration.... Il contractait, sous une véritable raison sociale : un tel et ses comparsonniers ou personniers.
«'Ces sociétés étaient universelles de gains. Chacun conférait son revenu, son travail, son industrie ; et tons les profits du labenr commun formaient une masse appartenant à l'association. Mais les associés ne confondaient pas la propriété des biens qui leur arrivaient à titre lucratif; et chacun était tenu de supporter sur sa part indivise certaines charges propres et personnelles, comme de doter les filles.
« Quelle peut être l'origine de ces associations , qui , je le répète, couvraient le sol de la France féodale , et procuraient aux gens de mainmorte cette sorte de force que donne l'esprit de famille, cette sorte d'allégement et de bien-être qui est la conséquence du travail commun?...
« L'industrie agricole, sur laquelle reposait presque tout le système financier de la féodalité, demande un grand nombre de bras,
* Dëji nne expression ëquivalente à celle rappelle ici par 11. Troplong. était ont^ ches les Anciens. On lit à ce sujet dans la PoUtÀq^ d'ilristote :
• L'association qoi se forme pour subvenir aux besoins de tous les jours, est la famille, composée de ceux que Gharondas appelle homosipyeni , c'est-à-dire vivant des mêmes provisions. » (De «rut;, armoire où l'on serre le pain.)
13» NQSK&
et ]es seigpcHTs pensèrent que ragricukuve serait bien plus» flofissante^ û la. vie eammuoe et Tassociation héiéditaire des serCi immobilisaient sur leurs domaines ces races inépuisables de traf ailleurs. D'ailleurs, c* était un moyen d'éviter la confusion des redesancesy opérée par le fractionnement des ténementij en pièces et lopins. Ils ejû^èrent donc & leur tour qjie leurs gens de main<* marte vécussent, dans Tétat de société agricole ; et ce n*est qju'à cette condition qu'ils firent le sacrifice de leur droit de réversion. I Ce second peint de vue a été exposé par Coquille, d'une ma^ nière si ingjéoieuse et si pittoresque, ^ue Ton me saura ^ré de citer ses paroles.
• — Selon l'ancien établissement du ménage des cbamps, en ce pays du Nivernais, lequel ménage des champs est le vrai siéqe et origine de bourdelages, plusieurs personnes doivent être assemblées en une famille pour démener le ménage, qui est fort laborieux et consiste en plusieurs (onctions en ce pays, qui, de soi , est de culture malaisée ;. les uns , servant pour labourer et pour toncber les bœu£s, animaux tardifs ; et conomunément faut qn& les charrues soient traînées de six bœufs; les autres ,. pour mener les vaches et les juments aux champs; les autres, pour mener les brebis et les moutpns ; les autres ,. pour conduire les porcs. Ces familles, ainsi composées de plusieurs personnes, qui,, toutes, sont employées chacune selon son âge, sexe et moyens, sont régies par un seul, qui se nomme maître de com* munauté, élu k cette charge pai* les autres, lequel commande à tous les autres, va aux affaires qui se présentent es -villes ou ès-foires et ailleurs, a pouvoir d*obliger ses parsonniers en choses mobiliaires qui concernent le fait de la communauté ; et lui seul est nooamé ès-rôles des tailles et subsides. I Par ces arguments se peut connaître que ces communautés sont vraies familles et collèges, qiii, par considération de rin^ tellect, sont comme un corps composé de plusieurs membres; combien que ces membres sont séparés l'un de l'autre. Mais, par fraternité , amitié et liaison écenQMiQUK, font uu seul corps.
I Em CM coBflMwiiilési, oa ùôk compte des eabota qui ne savent encore rien faire, par respénmce q»'mi a qm*k Tavenir iW i»» ront ; on fait compte de ceux qui soot en vigneur d'^ftg» , pour ce qn'ik ioat; oa (ait compte des lîeux, et pour te conseil^ et
> pour la souvenance quon a qu'ils ont bien fait; et ainsi de
> tons âges et de toutes façons, ils s'entretiennent comme an • corps politiqae, qui, par subrogation, doit durer toujours.
1 (H*, parce que la vraie et certaine ruine de ces maisons de I village est quand elles se partagent et se séparent, par les an-' 1 ciennes lois de ce pays ^ tant es -ménages et familles des gens I serfs, quès-ménages dont les héritages sont tenus en bourde^
• loges, A ÉTÉ CONSTITUÉ POUR LES RETENIR EN COMMUNAUTÉ , qUO
I ceux qui ne seraient en la communauté ne succéderaient aux 1 antres, et on ne leur succéderait pas. s — »
Profitez donc, savants commentateurs des temps passés, profitez de ces lueurs de bon sens que vous offre leur histoire. Prenez modèle sur les sages institutions qu ils avaient ébauchées et dont il reste à peine des vestiges , encore remarquables toutefois par quelques -unes des bienfaisantes propriétés de l'Association.
L'on a beaucoup parlé , il y a quelques années , de la société des Jault, découverte dans le Berry par M. Dupin aîné. Une antre grande société familiale du même genre, celle des Guitard" Sinon^ avait été observée par M. de Chateaubriand dans les environs de Thiers, en 1805. c Elle ressemblait , dit-il, à un ancien clan d'Ecosse, s ( Voyage à Clermont ) — Mais à quoi servent les investigations sur le passé , si nous ne savons en tirer aucun parti pour le règlement du présent et de l'avenir?