‹ Théories complètes du chantChapitre 1 sur 53 · RUE DE RIVOLI · texte numérisé non relu

RUE DE RIVOLI

Quoique le succès de mes Théories complètes du Chant ait dépassé les espérances que j'avais fondées sur cette publication, qui est le fruit de longues études, j'ai retardé la deuxième édition de cet ouvrage, depuis longtemps épuisé et demandé dans le commerce de la musique comme dans celui de la librairie.

Je voulais, avant de consacrer ainsi le résultat définitif de mes propres observations, profiter des conseils que pourraient me donner le temps ( un grand maître), la pratique de mes renseignements écrils et la critique musicale, dont j'étais tout prêt à peser soigneusement les avis.

Je n'ai reçu d'elle que les plus flatteuses approbations. Ma modestie ne m'a point permis de les imprimer à cette place; mais si le lecteur est curieux de connaître l'opinion de la presse tout entière et celle des grands dignitaires de notre profession, il la trouvera en manière de post-scriptum à la fin de cet ouvrage. Ce sont mes parchemins, et j'ai le droit de les montrer.

En fait de publications scientifiques, un retard de cinq ou six ans n'est rien à mes yeux. Mes Éludes pratiques de Style , dont j'ai extrait la leçon écrite sur un air du Freyschutz, qui a produit (je crois que je puis me permettre de le dire), une grande sensation, l'année dernière, dans le monde artislique, sont terminées depuis trois ans. Je les laisse mûrir en portefeuille, afin de pouvoir les juger à tête reposée, avant de les livrer au redoutable examen du public.

Cet ouvrage sera la conséquence et le complément de mes Théories complètes du Chant. Je suis loin de supposer qu'il puisse être le dernier mot de la science; mais ce sera le mien. — Que d'autres fassent ensuite plus et mieux , c'est mon vœu le plus cher; car mon amour pour l'art auquel j'ai voué mon existence n'a rien d'égoïste, ni d'intéressé ; son progrès et sa popularisation ont été mon unique but, et le bonheur d'avoir pu y contribuer, pour si peu que ce soit, est la seule récompense que j'aie jamais ambitionnée.

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