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LE LARYNX

Le larynx , véritable instrument de la voix , est un récipient cartilagineux qui ressemble à un cône tronqué dont la base serait tournée en haut et le sommet en bas. Sa position est verticale. 11 est situé à la partie supérieure et antérieure du cou, au-dessus de la trachée-artère que nous décrirons plus loin, à laquelle il est uni par une substance membraneuse. Son entrée est toujours ouverte dans la partie inférieure du pharynx, derrière et au-dessous de la base de la langue. Elle présente une ouverture allongée et oblique du haut en bas et de devant en arrière. Cette ouverture est un espace ovalaire, circonscrit en avant par l'épiglotte ; elle ne contribue, ni aux phénomènes de la voix, ni môme au mouvement de la respiration.

La glotte, trop souvent confondue par les médecins eux-mêmes avec l'ouverture supérieure du larynx, existe à peu près vers le milieu de l'organe; elle a dix à onze lignes de longueur dans un sujet ordinaire; sa largeur est de deux à trois lignes en arrière et se rétrécit antérieurement jusqu'à former un angle trèsaigu. La longueur et la largeur de la glotte varient,

comme le larynx lui-même, suivant les individus. Elles sont un peu plus considérables chez l'homme que chez la femme.

L'ouverture de la glotte contractée et dilatée, suivant la diversité des sons qu'elle est appelée à produire, est, à vrai dire, l'auteur direct du phénomène expiratoire de la voix ; car on peut l'éteindre tout à coup (la voix ) lorsqu'on empêche l'air de traverser la glotte en ouvrant le larynx au dessous d'elle. Mais on ne connaît point encore positivement le mécanisme suivant lequel elle produit la diversité des sons qui la constituent.

La glotte s'ouvre et se ferme avec des mouvements qui semblent déterminés par ceux de la respiration. Lorsque l'air pénètre dans les poumons, elle s'ouvre; pendant qu'il sort, elle se rétrécit; mais, à mesure que l'expiration s'achève, elle se dilate de nouveau, de manière à ce que son ouverture soit parfaitement béante au moment de l'inspiration qui va suivre.

L'épiglotte (dont le nom tend à propager l'erreur qui porte à croire qu'elle couvre immédiatement la glotte, tandis qu'elle est placée beaucoup plus haut), est une lame cartilagineuse située à la partie supérieure du larynx. Sa forme est à peu près celle d'une feuille de pourpier. Elle est souple, élastique, fibreuse même ; elle est percée d'un grand nombre de trous irréguliers, remplis par les prolongements de la substance glanduleuse qui recouvre ses deux faces et qui fournissent une humeur muqueuse et lubréfiante.

Ce cartilage est le plus important des cinq qui composent le larynx , concurremment avec les liga-

ments, les muscles, les vaisseaux, les nerfs, les membranes et les glandes , dont la description n'est pointindispensable ici. L'épiglotte joue le premier rôle dans le fonctionnement du mécanisme curieux qu'emploie la nature pour prévenir la déviation des aliments que la déglutition introduit dans le pharynx.

Pendant que l'action rétroactive de la langue porte la nourriture dans l'isthme du gosier, l'épiglotte, poussée en arrière et en bas par la base de la langue, forme un plan incliné sur lequel les aliments descendent dans le pharynx; elle ferme ainsi hermétiquement l'entrée du larynx qui est porté en avant par l'action des muscles et par l'adhésion de la mâchoire inférieure à la mâchoire supérieure. Quand les aliments sont parvenus à leur destination, les muscles, en cessant de se contracter, permettent au larynx de se porter en arrière et de céder à son propre poids qui le fait descendre. L'épiglotte se relève alors et le passage de l'air, momentanément intercepté, se rétablit.

Ce cartilage concourt à la production de la voix , mais il semble étranger à ses modulations ; le rossignol n'a point d'épiglotte.

L'appareil cartilagineux, élastique et éminemment vibratile du larynx, est mu par neuf petits muscles qui eux-mêmes sont dirigés par quatre branches de nerfs supérieurs et inférieurs appelés laryngés. Les fonctions de ces nerfs sont tellement importantes, que lorsqu'on coupe les inférieurs (autrement dits récurrents), le sujet devient instantanément muet. Ce fait a été prouvé par une expérience publique de Galien. Cependant cette expérience, répétée par des prati-

ciens modernes, n'a pas toujours donné le même résultat : la voix ne s'éteignait pas entièrement. Le célèbre physiologiste Haller prétend que les nerfs laryngés supérieurs peuvent suf fire à la production du son, que la ligature de l'un des nerfs pneumogastriques éteint la moitié de la voix, et que la ligature des deux produit l'aphonie complète.

Après avoir donné la description sommaire du larynx qui se complétera par celle de la trachéeartère, il reste à décrire le fonctionnement de l'organe. Cette portion essentielle de mon travail trouvera sa place dans le chapitre sur la voix ; cette classification semble parfaitement rationnelle, car l'étude des phénomènes qui accompagnent la production des sons est une partie intégrale des théories de la voix.

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